M. DU LUDE
H. DE fomerr ailles.
Monsieur de Fonlerraillcs esloit l'un de ses compaignoos, qui a eu en son temps resputation d'un bon capitaine , et surtout bien commandant aux chevaux légers et les bien menant. Aussy le roy Louys son maistre l'aymoit fort, et luy donna Testât de couronnel gênerai des Albanois qu'il avoit à son service; car de ce temps il ne se parloit point de cavallerie légère françoise , si non de la gendarmerie, qui pour lors surpassoit toutes les autres du monde, je ne veux pas dire seulement de la ebrestienté ; maison s'aydoit desdicts Albanois qui nous ont porté la forme de la cavallerie légère et la méthode de faire la guerre comme eux.
Les Vénitiens appelloient les leurs estradiots , qui nous donnèrent de la fatigue à Foruovo; ils les appelloient aussy corvats, à cause de la nation K Les Espaignols appelloient les leurs genetaires a.
Outre ceste charge qu'a voit M. de Fonterrailles , il avoit une compaignie de cinquante hommes d'armes; et de l'une et de l'autre charge s'acquitta très bien aux guerres du royaume de Naplesct Lombardie. M. de Bayard et lui menoient les coureurs bien souvent ensemble. Il fit bien aussy à ceste defFaicte de la Bastide. Bref, ce bon capitaine gascon a esté fort estimé son temps. Nous autres , qui avons veu de ses enfans, ou pelits-enfans que je ne mente (M. de Montluc en parle en son livre), pouvons juger quel a esté le pere, car ils ont esté très braves et vaillans.
L'aisné est M. de Fontcrrailles qui vist encor aujourd'huy, et est gouverneur de Lectoure. Il eut à la battaille de Coignac une jambe blessée et couppée, qu'il a à dire ; mais pourtant il n'a laissé pour cela à très bien faire en tous les bons lieux où il s'est trouvé.
1 Corruption de Croates, qui s'est perpétuée jusqu'à no« jour».
• Du moi génete, ceaet, peiii obérai de monuujne.
M. DE MONTMAUR
Monsieur de Montmaur estoit son second frère, qui certes estoit un homme de belle façon, et qui monstroit bien ce qu'il estoit, et bon capitaine, et mesmes pour l'infanterie, qui avoit esté sa première profession ; et avoit esté l'un des capitaines de M. deGrandmont, du temps du roy Henry, lorsqu'il commandoit a quatre compagnies. Ce brave capitaines fut tué au massacre de la Saînt-Barthellemy ; mort certes très indigne de luy.