‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 221 sur 361 · M. LE COMTE DE TANDE · texte numérisé non relu

M. LE COMTE DE TANDE

Monsieur le comte de Tande fut un brave et vaillant seigneur et capitaine. Il a eu en son temps plusieurs belles charges. Il fut couronnel I des Suysses au royaume de Naples , comme il i fut ailleurs (comme j'en parle au chapitre des j couronnels) soubsM. deLaulrcq, là où il fît tousjours très-bien , et conserva tousjours très bien ses gens à I obeyssance et à leur debvoir j envers le roy. Il a esté long-temps gouverneur j de Provance avecques beaucoup de réputation , j pour en estre les gens bizarres, fantastiques et I mal-ayscs à ferrer, mais pourtant très-braves et j vaillans; elles a si bien gouvernés, que soubs ; luy on n'a point veu de remuemens et eslevations que l'on a veu despuis soubs les autres gouverneurs. Il est vray qu'aux premières guerres ils le soupçonnèrent un peu de la religion, à cause de sa femme la comtesse de Tande, qui en esloit. Aussy disoient-ils alors en leur langue, que trois choses gastoient la Provance, le vent, la comtesse ef la Durance; car les vents , quand ils s'y mettent , sont terriblement grands et font beaucoup de maux au pays , comme la rivière de Durance , quand elle est grosse et desbordée, elle se fait si furieuse et impétueuse qu'elle fait de grands maux.

Les Provençaux donc , se deftans de M. le comte à cause de ceste religion , car ils sont très-bons catholiques, se déboutèrent un peu dudict comte , et en son lieu s'assurèrent de M. le comte de Sommerivc son fils , lequel ils prindrent en main, et l'aymerent bien fort , parce qu'ils le voyoient ennetny passionné des huguenots , et qu'il leur fil fort bien la guerre

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