LE PRINCE CASIMIR
Il se servoit pour principal instrument du prince de Casimir, son second fiU, jeune, entreprenant , qui , de mesme que le perc , fut accusé d'ingratitude; car il avoit receu nourriture du feu roy Henry , et M. de lorraine et luy estoient quasy nourris ensemble en sa cour. Il estoit jeune homme très ambitieux et courageux.Il vint tousjours très bien accnmpaigné de grandes forces en France . et sur tout la dernière fois que M. le prince deCondé l'emmena; et se joignirent tous deux avec Monsieur, frerc du roy: et eussent bien troublé la France sans la bonté de Monsieur et la prévoyance de la reyne merc qui fil la paix : mais elle cousta bon; car il fallut payer ces reistres , qui montoient à plus dehuict mille, et force lansquenets; puis au prince Casimir il luy fallut donner pensions et appoinctemens excessifs, jusques à luy donner la duché d'Estampes.
' Ce comte Palalin ( Philippe ), qui mourut a Heidelberft, âfjé de quarante-quatre an», ne laissa point d'enfans. Celui que Brantôme rroit éire «on fils, oit Frédéric 111 , électeur Palalin , télé protestant, fils de Jean II , comte Palatin et père de Louis, qui lui succéda, et du prince Casimir.
VIES DES GRAIN DS CAPITAINES
Au partir de làil rentre en Allemagne, et s'y faict faire triumphe, ny plus ny moins qu'à la mode superbe des anciens consuls et capitaines romains ; jusques là encor ( ainsy que je Tay ouy dire) qu'en son triumphe furent menés et conduicts une infinité de bœufs qui avoient esté pris en France , caparaçonnés et accommodés ny plus ny moins qu'estaient ceux dcsdicts Homains, menés tant en leurs triumplies qu'en leurs victimes et sacrifices. Il n'avoit pas eu grand peine à conquérir ces bœufs , car ils estaient en proye à un chascun. Mais quoy! il falloir ainsy conduire ce triumphe: autrement, pensez qu'il fust esté imparfaict et point esgal aux Romains anciens. Rref. toute solcmnité antique des Romains requise en leur triumphe ne fut oubliée en ce triumphe du Casimir, voulant monstrer à tous qu'il avoil triumphé de la France. Si est-ce que ny de luy ny des siens pour ceste fois n'y eut de trop grands coups rués; mais voilà! telle fut son ambition de triumpher, aussi bien à faux que pour le vray. Il pouvoit pourtant dire que les bagues , les joyaux , les buffets , la vaisselle d'argent , les chaisnes , et sur tout les beaux escus au soleil , le pillage et despouille que lui et les siens avoient eu de la France , pouvoient beaucoup servir au subject de son triumphe; et en pourra dire en diverses façons qui voudra. Tant y a que pour ses venues en France il y a bien faict du mal : car il estoil très mauvais aux François, n'estant si zélé à sa religion qu'il ne fust confédéré à la ligue dernière , au commencement de laquelle il se trouva pour un mardy gras à Nancy avecques M. de Lorraine et M. de Guyse, où ils travaillèrent et cousurent force besoigne tous ensemble; et s'il ne fust mort à poinct , il vouloit venir en France contre le roy d'aujourd'huy, qui lavoit bien des fois assisté \ à ce que je tiens de bon lieu. Aussi le roy ne le regretta guieres : je m'en remets à ce qui en est. Parlons d'autre subject.
» U manuscrit ajoute :.En sa religion calviniste. »