‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 81 sur 361 · MEDICIS, GRAND DUC · texte numérisé non relu

MEDICIS, GRAND DUC

qu'il avoit esté blessé-, et, ainsy qu'il fut arresté de la luy couper, on luy annonça l'arrest , et qu'il falloil avoir des gens pour le tenir ferme, et luy couvrir la face et les yeux. Il leur dit : « Coupez hardyment , il ne me faut point per- « sonne pour me tenir; car vingt hommes ne « me pourraient pas tenir quand ils l'auraient «entrepris. Parquoy coupez. » Et luy mesmes prit la bougie, et la tint tant qu'on la luy coupa , le duc de Mantoue estant présent. Et , pensant estre guery , le mal s'empira de pis en pis ; et venant à la mort , il dict seulement : « El com- «ment faut-il que je meure icy entre des cmu plastrexPCe m'est un grand despil » (dict l'histoire espaignollc ). Et se tournant de l'autre costé, il mourut à Mantoue, en l'aage de vingthuict ans , disent les histoires espaignolles aussi , l'an mil cinq ceus vingt - six , estant estimé l'un des grands capitaines de toute l'Italie , et pour tel regretté, et jugé que s'il eust fourni ses ans selon le cours, il n'en fut jamais un tel Italien ; car il avoit toutes les vertus d'un grand capitaine , et sur tout compaignon de tout le monde , et très libéral.

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