‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 98 sur 361 · DOM PHILIPPE II, ROY D'ESPAIGNE · texte numérisé non relu

DOM PHILIPPE II, ROY D'ESPAIGNE

Or maintenant, après avoir parlé du père, qui est l'empereur, il faut parler à présent du fils, qui est ce grand roy d'Rspaigne dom Philippe, roy très catholique ; lequel , encor qu'il n'ait mis le pied tant de fois à l'estrieu et paru a la campaigne , ny monté sur mer, comme l'empereur Charles son pere,si est- il un grand roy et un grand capitaine, puisque plusieurs roys et capitaines ont esté autant loués et esti- ■ roés d'avoir faict de belles conquestes et mené |

de grandes guerres aussi bien assis en la chaire de leurs conseils comme en leurs selles d'armes. Sans m'amuser à l'allégation de plusieurs exemples, je n'allègue que celuy de nostreroy Charles cinquiesme lequel eut le surnom de Sage , et duquel le roy d'Angleterre se plaignoit qu'il luy faisoit une guerre si importune sans bouger de son cabinet.

Dadvantage , comme j'ay ouy dire à de grands capitaines , il est plus difficile de donner remède aux inconveniens qu'on ne void point qu'à ceux qu'on void ; car , comme l'on dict communément, quand Ion void les choses à l'œil , et mesmes de la guerre, l'on y remédie plus aisément. Voylà donc ceux qui conseillent et remédient , non seulement aux maux qu'on void , mais aussi qu'on ne void point , sont fort à estimer, et monstrent avoir un profond jugement et grand sens. Aussi d ici -on qu'il faut faire la guerre à l'œil ; et qui la faict bien les yeux fermés, ou en absence et bien loing, est fort à louer. De plus encor quand tout est dict, ainsy que j'ay ouy dire à plusieurs de bons advis , quand un grand roy ou prince a passé les premiers feus de sa jeunesse à la guerre , ce n'est pas le meilleur ny pour luy ny pour tout son royaume qu'il la fasse lousjoursen personne : les raisons là dessus s'y peuvent apporter belles ; et aussi que c'est trop se faire esclave de Mars et non perâ compaignon à luy. D advantageil y a différence , et y en doit avoir , entre les roys et nous autres gentilshommes qui vivons de cela.

Au surplus, quand un roy faict tant de l'hasardeux et du cheval léger, il n'est pas possible qu'il n'y arrive une fois en sa vie quelque faute ou disgrâce de fuitte ou d'autre erreur ; de laquelle, s'il est une fois tasché tant soit peu, il ne s'en peut jamais bien laver. El de tels mots , quand ou dict : « Il a fallu au roy se retirer plus « viste que le pas, » ou bien , « il a fuy à bon es- «cienl » , quand ce ne serait que cent pas , il ne s'en sçauroit jamais nettoyer, sonnant ce mot si mal à la bouche '. Voylà pourquoy les roys doivent ménager leurs hasards et leurs vies , à la mode que font aucuns avares leurs thresors ; lesquels ils espargnent en choses petites et basses , cl les despendent en choses nobles et de conséquence, quand il est question. De mesmes

» Le manuscrit ajoute : • Ou'a jamais il en put fort vil-

VIKS DES GRANDS CAPITAINES

les roys doivent faire de leurs vies, ne les advantnrcr à lous heurts et occasions légères , mais à d'autres belles et de très grandes , que li le malheur veut qu'ils y meurent , on die d'eux qu'ils sont morts en une belle battaille ou en une honorable rencontre, ou signalé combat , bravement et vaillamment les armes au poing, toutes tainctes de sang, comme plusieurs grands empereurs et roys ont faict, dont le nombre est infiny. S'il faut qu'ils se retirent, que ce soit en valeureuse et honorable relique de battaille, comme 6t ce brave Philippe de Valois après la battaille de Crecy, qui, après avoir combattu tout ce qu'il se pouvoit jusques à la serée , qui le fit retirer au giste en un chasteau et ville , où le gouverneur luy ayant demandé de la muraille son nom, il respondit que c'estoit la fortune restée de la battaille perdue '. S'il faut qu'ils soient pris, que ce soit i la mode du roy Jehan devant Poictiers, et le roy François devant Pavie ; lesquels , plustost que fuyr avec plusieurs autres, furent pris, n'en pouvant plus, tous las du combat; ou bien du tout sortir bravement victorieux, ainsy que fit nostre grand roy Henry IV à la battaille de Coutras et à celle d'Yvry, et comme avant luy avoient faict ses deux illustres prédécesseurs, les roys Charles VIII et Louys XII, aux battailles de Fornovo et d'Agnadel.

Ainsy les roys, qui sont esclairésde toutes parts, doivent mener leurs vies et leurs honneurs; car ils sont tant veus que, s'ils bronchent tant soit peu , ils sont remarqués de tous costés. Si ne sçauroit on reprocher au roy d'Espaigne qu'il n'ait grandement a y me- la guerre de son vray naturel. Des lors que l'empereur son pere luy eut mis tout son estât entre ses mains , il nous alla de premier coup dresser de grosses armées, et nous les jetter si bien sur les bras, qu'il nous fit donner la battaille de Sainct Quantin, qu'on gaigna sur nous, avec de grosses pertes de beaucoup de gens de bien et seigneurs. Et au partir de là alla en personne assiéger la ville de

1 Cette erreur de Brantôme Tient d'une lecture imparfaite d'une phrase de Froissart. On a lu : Ouvrez , c'est la fortune de la France , phrase absurde et dans la situation et dan» le récit; au lieu de : Ouvrez , c'est ' l'infortuné nri de France; mois naturels dans la hou- I cbe du roi Philippe, fuyant et répondant dans l'obscurité au châtelain de U Boye, qui lui detnandoildu haut des Ruer i les : • Qui est la qui heurte 1 cette heure? » ( F oyez Froissart , édii. du Panthéon , 1. 1, pag.240).

SaineiOuantin, la battre furieusement et laprem dre d'assault , gardée aussi bien de feu M. l'admirai de Chaslillon que place de ce temps-là qui ail esté prise. Et puis prit Han et le Castellet ; et s'en contentant ne voulut passer plus outre ny venir à Paris, comme beaucoup le presumoient et en avoient craincte ; ouesmes on dict qu'il le de voit faire, et l'empereur mesmes le dict; mais pourtant il ne voulut passer plus outre. Luy mesmes au champ de Jalon, il ayma mieux faire sa paix que venir à Paris, qu'il avoit autres fois tant menacé; et en estant sur le point d'y venir, il y songea ; non pas mesmes voulut que son armée passast d'Italie en France , par les persuasions de M. de Bourbon , après la perte de la battaille de Pavie ; car c'est un grand faict que d'aller attaquer un royaume de France tout à coup dans son fort.

Le roy d'Espaigne donc y pensa bien aussy, lequel , conduict d'un bon et sage advis , tant de luy que de ses capitaines , s'arresta coy ; dont possible luy eust mal pris s'il eust poussé plus advant; car nostre grand roy Henry s'estoit remis sus bout avec une très bonne armée. Et gaigna mieux de reculer ainsy pour faire après ce qu'il nous fit ; car il nous alla encor livrer une seconde battaille, dont la perle nous fui de fort grande importance, qui fut celle de Gravelines , où M. le mareschal de Termes fut pris, et M. d'Anebautavecques force gentilshommes et seigneurs mon s; desquels en fut feu M. d'Archiac, de la noble maison de Montberon, fort honneste, brave et vaillant jeune homme, et qui monstroil bien d'où il estoit descendu , ne faisant nullement tort à ses nobles ancesires , Eustache, Adrian et François de Montberon; car il fut tué en combattant vaillamment jusques a la dernière vigueur. Ceste perte de battaille, à ce que j'ay ouy dire à des plus grands de la France, nous porta plus de dommage qu'on n'a creu.

Puis après, ce grand roy dressa une des grandes armées que l'empereur son pere eust faict, et luy mesmes vint en personne, prenant sa rou lté vers Amiens, pour continuer encor quelque bataille ; car il en avoit une fort grande envie, croyant totisjours que la fortune le favo risast comme elle avoit faict. Aussy de son costé l'avoit bien nostre roy Henry , qui n'avoit pas moins belle armée, comme chascun sçait, ny moins d'envie de combatlrcel avoir sa revanche.

PHILIPPE il, ROY D'ESPAIGNE.

Mats Dieu , ayant pitié de la mort de tant de , Diille personnes s'ils en fussent là venus , inspira les deux roys valeureux cl bous pour entendre à une paix; laquelle, après eslre fort desbatlue à Cercamp, fut conclue, arrêtée et liée d'un nœud si bon et si sainct , qu'elle a duré inviolable jusque» icy , encor que les Espagnols ayenl donné de grands subjects pour la desnouer ou rompre du tout. Je m'en rapporte à tant d'entreprises qui se sont faictes sur la France , desquelles je puis bien scavoir quelqu'une, ce tour s'estant tramé du règne du roy Charles IX et du roy Henry III *.

* Surquoy je fèray ce petit conte par forme de digression.

In peu devant les tumultes de Flandres, le comte d'Aiguemont les prévoyant prit la poste, et s'en alla en Espaigne trouver le roy son maistre 1 . Il passa à Paris , où il se tint un conseil eslroict de luy et de deux grands personnages francois que je ne nommeray point, fors un qui esloil huguenot, M. l'Admirai; l'autre n'estoit pas de ceste religion, ce disoil il; mais il les

1 Au lieu de ces dmi dernières phrases modifiées par le réviseur, oo lit dans le manuscrit 877 1 : « Encor qu'il n'ait pas teau à nous qu'on en ait donné de Grands subjecis pour la desnouer ou rompre du lout. Je m'en rapporte i tant d'eotreprises qui se sont faictes sur la Flandres par les moyens du prince d'Oranjje et du comte Ludovic khi frère advant le massacre de la Sainci Barlbellemy, et puis ampres aiun , lorsque fou donna deux cent mille ewus a:j seigneur comte Ludovic de Nansau par la distribution et les mains du mareschal de Ray.t, qui en reliai cinquante mille pour luy pour Taire sa barbe , et n'en donna que cent cinquante mille ; qui fut cause de la n»rt et perte dudict pauvre comie, qui fui i;rand dommage , car c'esloit un vaillant et généreux prince; puis par les baultft menée* et exécution* de fïu M. d'Allançoo. qui pnndrent terriblement fa-u celles la. mai» pourt tant comme un fu u de paille furent aui*i terni évaporées, pour de grandes fautes que j'espere de dire un jour. Quels attentats se sout faicts sur Gennes, il y a dix ans, tor» qu'elle estoit en révolte, et combien y fît de voyages (t de tour* Fregouse. De sorte qu'il ne tint qu'à peu , et non l mauvaise volonté de nous autres , qu'elle ne fusl frjoçoise, non pas Gennes seulement , mais Naples et plu- Murs autres places de l'Italie qui estoient prestes a branler et se révolter, voire la plusparl des potentats, par noMre sollicitation et manigances sourdes. Mais à tout il y ht pourvoi sagement par la grand providence de ce grand roy , lequel pourtant ne s'en esmeut autrement a mu* vouloir faire la guerre , euenr qu'on luy en eunt dwié a**» d'occasions. • J'en peus bien sçaYoir quelques > (lowvnuans venues tant du roy Charles neuFviesmc que • du roy Henry iroisiesroc. •

• Le mauuscrit ajoute : Pour luy annoncer les orages tt umpeste» qu'on toyoil venir.

favorisoil du tout soubs main, ne s'osa ni déclarer manifestement par plusieurs raisons que je dirois bien. Ces trois firenl là un bon symbole, et y taillèrent bien de la besoigne,que l'on a bien secu despuis et veu esclore aucunes , et le tout tendant la plus grand part à rompre 1a paix entre la France et l'Espaigne. Tant y a que le dict d'Aigucmont , après ceste belle consultation, s'en alla en Espaigne, où il fut bien venu et receu de son maistre, auquel il annonça tout ce qui esloit advenu en Flandres et ce qui devoit advenir, comme prophète, ou plustost comme principal conseiller et négociateur de tout. Le roy d'Espaigne trouva ces evenemens fortestranges, et demanda audici comte les remèdes et son advis pour y pourveoir ; qui luy fit responce qu'il n'en sçavoit de plus propre que de faire la guerre en France comme auparadvant, et que jamais il n'y Ml plus beau ny bon, et que desjà il luy promelloit plusieurs villes aux frontières, aussi seures que s'il les tenoit en la main ; car il avoil parlé A ses deux marchands qui luy aydoient à la livraison en partie de la marchandise. Ce qu'enlendant , le roy d'Espaigne le renvoya bien loing, et luy dict : Conde, no me hablays mas d'esto, porque ro quiero mas presto perder la Flamlcs que de quebrantar tan vellacamente la fe dada de mi al reyeresliano, mi querido hermano y tan moço. o Comte, ne me parlez plus de «cela ; car j'aymerois mieux perdre toule la «Flandres que de rompre si villainemenl la foy «que j'ay donnée au roy très thrcslien, mon «bon frere, ci tanl jeune qu'il est. »

Jamais ce grand prince ne refusa marché que celuy là. Cas estrange! En telle responce donc si magnanime du roy d'Espaigne, pouvonsnous recognoistre s'il nous a eslé si cruel ennemy comme l'on a tant crié en France par la bouche et la voix de plusieurs , non de tous. Et si l'on me met au devant pourquoy il a tant entretenu de pensionnaires en France, et donné pensions? je le croy et l'advoue, et en nommerois plusieurs cl des plus haults hupés , si je voulois; mais il les faut blasraer ceux là, car il n'appartient à aucun subject, sans congé du prince, prendre pension d'un est ranger, ftfàis il faut louer le roy d'Espaigne; car ce n'a jamais eslé à mauvaise intention qu'il cntretcooil ces pensionnaires non, uour luy avdcr à

VIES DES GRANDS CAPITAINES

faire la guerre conlre leur maistre, mais pour luy persuader tousjours à ne la faire point et le tenir en ceste bonne humeur de paix. Enquoy certes tels conseillers ont bien faict et sont à louer , si ce n'est qu'ils n'en dévoient tirer d'argent pour si sainct office, et que la loy le deffend comme j'ay dict.

D'aucuns , plus remuans et plus passionnés , pourtant ont tenu qu'il eust mieux valu foire ceste guerre que la nostre ci ville : je m'en rapporte de cela aux meilleurs discoureurs. Possibley eussions nous gaigné, possible non : tesmoing ceste dernière guerre déclarée contre luy, dont on maudist en France les conseillers ; car nous y avions perdu Cambray, Calais, Ardres , Dorlan , Le Castelct, La Cappellect Amiens

Cecy ne faict rien à nostre propos pour à ceste heure: encor que j'aurais grand envie d'en parler , ce sera une autre fois 3.

1 Le manuscrit ajoute : • Et en eussions bien perdu d'antres sans sa mort et sans la paix. >

> Le manuscrit ajoute : «Mais pour tourner encor aux irritation» que l'on a données au roy d'Espaigne do nous tourmenter et nous persécuter en guerre , quelle charge de coiiM-o ncc ni -ce a la France, après la victoire de ceste tant l.tint une baiiaiHt- de Levante, que le Turc n'en potivoit plus et nebittoit que d'une ai<le,et prest à perdre Consiatitiiinple , aller rompre le cours de ceste victoire par le voyage qui se fit en Flandres , où fut pris Monts et Yalaiicicnnc» par M. le comte Ludovic, M. de La Noue , Genlys , Le Poyet , R mvray et Villandray , avecqurx une infinité d'autre» honneste* et vaillaus bommes ; et puis par nostre embarquement que nous estions prest* a faire de Brouage sans la Sainct Barthélémy, où nous y menions douze ii.illc hommes de guerre des bons de la Fi an- e. Il ne faut doubler, sans ces deux empeschenu-ns ei allant» s, que le Turc n'eust perdu la plus grand part des terres et islesdu Levant. Et pourtant le roy d Kspaigne se tint roy , et ne nous voulut rendre la pareille , car il ne manquoit nullement de moyens. Je ne veux point parler des traverses que nous luy avons faict vers le Portugal, vers la Tercere, Sainct Michel et autres lieux . el de terre et sur mer de par delà ; car , pour eu parler sainement , nous avions tous les droicts du monde de le traverser de ce cosle la , d'autant que ledict ro\aumc de juste droict appartenoît à la reyne mere de nostre roy , dont ailleurs nous en parlerons. En ceste querelle, ce roy s'est si bien deffendu, qu'il nous a battus à la roui te de M. de Strozze , et chassés de ce que nous avions pris en ces parts de delà , et s'est rendu paisible roy de Portugal sans venir nullement sur le nostre. Il est vray qu'on dira qu'a la fin il a fort favorisé la ligue, je le croy ; car ou l'avoit tant pirqué et piccolé , qu'a la fin il fallut bien qu'il ruast , estant si si'iisiblc et généreux qu'il estoit ; rnror ne se désempara il jamais de l'amitié de nostre roy; M. Forget y envoyé (aujourdhuy secrétaire des comiuandeinens et

Despuis la paix faicte en France, ce roy n'a jamais laissé couller une seule année qu'il n'aye faict un armement , soit par mer ou par terre contre les Turcs ctinfidelles, pour faire quelque belle journée, qu'ils appellent Jornada, qui se prend non tant seulement pourquclquc battaille que pour quelque siège, entreprise, ou autre expédition grande et signalée, comme ont esté le voyage et battaille des Gerbes, les guerres d'Oran , le voyage et prise de Bclys et Pignon de Belys, où j'eus cet honneur de m'y trouver, les deux secours de Malte, faicts et arrivés à propos , la guerre contre les Mores en Grenade, et la battaille gaignée, et eux subjugués et chassés du tout , ceste mémorable et incomparable journée de Lepantc, le voyage de la Golette et sa perte, mais ce n'a esté sa faute; bref, force autres arméniens de mer, pour aller en cours et pour nettoyer les mers, où il se faisoit tousjours de fort beaux actes et grandes entreprises et grands services pour la chrestienté;carc'cstoit chose infaillible, qu'à tous les printemps, en Italie et en Espaigne , comme j'ay veu, on y voyoit lousjours battre le tabourin pour y amasser gens, tousjours remuer et embarquer gens de guerre contre le Turc , sinon despuis huict ou neuf ans, que 1 il fut conlraint de faire la trcfve avec le grand seigneur , qui luy couste bon, car il n'y a année qu'il n'en donne de pension à la porte dudict grand seigneur , aux visirs, aux baschas et autres, plus de huict à neuf cents mille escus, comme je tiens de bon lieu5. Et sur tout ceste grande armée qu'il dressa

grand homme d'estat ) le sçail bien , et M. de l'Onglée , agent ver» le roy d'Espaigne pour lors, et s'y lenoit toujours près de luy comme son ambassadeur sur la tin, n'advouant jamais qu'il soustint la ligue contre luy, sinon pour faire la guerre à ceux de la religion , et l'extermiuer pour remettre la catholique romaine en son entier, comme elle avoit esté d'autres (ois ; aussi qu'il est fort dévot et bien zelté a sa religion sans aucune faintise, ne couvrant ses ambitions soubs le voille de religion ou pieté comme faisoit Ferdinand, son bon prédécesseur, roy d'Arragon, comme j'ay dict cy devant ; mats il a tout faict pour l'amour de Dieu. >

1 Le manuscrit ajoute : «Se voyant M. d'AUancon sur ses bras fort rudement. •

1 Le manuscrit ajoute : • Voylà comment, a son très grand regret , il a esté contrainct de composer avec les infiJelles, ayant ceste bonne obligation à toute la ebrrstienté, à ceux de Flandres, vers lesquels il luy a fallu tourner ses armes , qu'il a mené l'espace de vingt cinq ans ou plus , ordinairement et sans rebuefae , desquels long temps a qu'il eu eust eu la lotalle raison sans fc*

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