‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 111 sur 267 · LE MARRSCHAL DE GIE · texte numérisé non relu

LE MARRSCHAL DE GIE

responce ny despesche; de laquelle ledict pauvre rerercndistime eut tel despit et desplaisir, qoere toaroé à Rome, il en mourut. Où diable ce rojr avoit-il appris ce vers, pour le dire et practiqoer si bien à propos > P

Il ne redootoit gueres ce pape, ni d'autres de son temps : oullre plus, quel humeur luy prit " il là dessus de poincliller sur ce poinct d'honneur et de presseance , qui devoit pourtant excuser ce bon prélat , car il y alloit à la bonne foy, et en prenoit le patron ^ur les cerimonies de Teglise : Quia gai canit magnant missam, vadit ulUmusin processtone, et est major ^.

Sur quoy je laine à discourir à de plus grands personnages qae moy, si ce bonhomme de prélat faillit là, et à qui l'on doibt pluslost adresser sa parolle et son ambassade , au grand ou au petit.

Je n'allègue pour moy que cet exemple judicieux , arrivé de nostre temps , du bon pape Pie V, qui envoya au roy d'Espaigne dom Philippe pluslost son nepveu le cardinal Alexandrin,qu'à nostre grand roy Charles IX, quand il le vint trouver à Bloys, comme je vis, en poste, estant allé en Espaigne premier par mer. A ce compte, le roy Charles se debvoit estomacquer; mais point : car advant luy le pape Paul 111 Farneze avoit envoyé son nepveu Alexandre Farneze au roy François premier qu'à l'empereur. Aucuns diaoieni que c'estoit en son chemin faisant à passer par la France, et plus commode pour aller trouver l'empereur en Flandres , où il estoit pour lors. Je m'en rapporte du tout au dire de plus grands personnages que moy.

Pour retourner encor un peu à nostre petit roy, veux-je dire très grand, Charles VIII, j'allegueray et mettray icy aucuns de ses bons et grands capitaines qui Taccompaignerent en ce voyage et conquesie de Naples.

* Brantôme envoie ce cardinal pour lé^at par Eugène IV, mort lon(;-têmpi avant que Louit fftl roy , et que Charles fût duc de fiour(]^Qe. Mais Branttoie s'inquièle peu de chronologie ni de géographie n pourvu qu'il conie. Si cette histoire a quelque réalité , elle a dû arriver , non MMis Eugène IV, mais sous Sixte 1 V ; et ce sera apparemment le nombre IV qui lui aura fait illusion.

■ Celui qui chante la graud*messe va le dernier à la procession et ext le plus grand

LE MARESCHAL DE GIÉ

Entre les premiers , et qui eut le plus grand crédit , ce fut le mareschal de Gié ^ , qui eut riionneur (bien que le comte de Narbonne et le sieur de Guyse la contestèrent ) de mener Tavant garde à la battaiile de Fornovo , où il fit Fort bien selon aucuns, et selon autres non , d'autant que , cependant que tous les autres faisoient les grands efforts et ruoient les coups, et le roy sur tous , le mareschal s^amusa tousjours à faire son alte et à tenir son ost coy, fai« sant ainsy la mine bonne; mais s'il eust seule* ment marché cent pas, comme dict M. Philippe deCommines, tout l'ost des ennemis se fust mis en fuite. Les uns disent, dict encor Philippe deCommines, qu'il le devoit faire, d'autres disent que non : enquoy je m'estonne de ce dernier mot dudîct M. Commines;car, puis qu'ilen debvoit sortir un si grand profflt dea'avancer, comme il dict, il devoit donc branler.

Surquoy j'ay ouy dire à feu M. de Guyse le Grand , en discourant de ce subjet une fois avecques le bon homme M.de La Brosse et autres capitaines, que, qui veulfaire deces tours il faut que ce soit un très vaillant et prévoyant capitaine , et nullement hypocrite de guerre ; car, en faisant ces bonnes mines , s'il arrivoit et bastoit mal aux vaillans combatlans d'autre part, au lieu de les soubstenir, et secourir cesie belle reserve , fuiroient à bon escient, en s'ex* cusant que , voyant tout en route et desfaicte , il falloit sauver le reste et ne le mettre à la boucherie et à l'abandon ; comme de vray, s'il eust mal basté au roy , ne fout doubtei* que les ennemys victorieux, et aiant doublé leur cœur, qu'ils n'eussent eu bon marché et composition de madame l'advantgarde par après. Pour le moins devoit-il , ce brave mareschal , desbander quelques légères troupes pour renforcer les pauvres oombattans et donner autant de frayeur à Tennemy. Voyià ce qu'en disoit ce grand M. de Guyse : aussy desaprouvoit-il fort cedict secours de reserve , et n'en usa jamais, non plus que ce grand M. l'Admirai , tn tant de baitaiiles qu'il a donné. Nostre grand roy

I Pierre de Rohan.

d'aiijourd'hujr en usa à la battaille dTvry ; mais | chai eust faict ceste (jurande Iraicle de <

ې Alt par Padvis de M. le mareschal de Biron, que j'ay dict , il Teust fiiict en inteDlion que

ni le conduisit luy mesmes.

Les Espaignols firent telles reserves à la battaille de Pavye et à la battaille de Gerizolles , inme j'en parle ailleurs. Aucuns disent que a sert , aucuns disent que non ; comme il ar Iva à ces deux batlailles de TEspaignol : estant Topinion dudici M. deGuyse qu'il faut que tout le monde combatte ce jour solemnel de battaille , et que nul ne le chôme, sans avoir les mains liées.

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