FERDINAND I
grand assislence de sa personne , sinon pour ffcouvrcr Padoae, qu'il avoît laissé perdre: et, pour la recouvrer, luy envoya M. de La Pa- Bssc avecqu'une génie armée et bien délibérée; mais luy n'y demeura {juieres , bien que k siège durast deux mois quelques jours , car, estant sur le poinct de donner Tassault et de remporter, il n'y voulut employer que les François ( pensez pour sans desfiaire mieux), et sur ce espargner ses seigneurs et grands gentilshommes allemans. Voyez le roman de M. de Bayard », qui en parle mieux qiie tout autre livre que j'aie vea , et du Jevement de ce siège , et comme ledict empereur usa de son accoustumée libéralité envers M. de La Palisse , lieutenant là pour nostre roy, et envers les principaux capitaines qui y estoient.
Il estoit fort loué de ses libéralités , dict le livre, et qu'il n'estoit possible de trouver un prince plus libéral et bon , selon sa puissance. Un mal , dict-il , avoit-il en luy, c'est qu'il ne se pouvoit fier en personne , et tenoit à part luy ses entreprises si secreltes , que cela luy avoit porté beaucoup de dommage en sa vie. Si est-ce qu'en ce voyage et siège de Padoue , cela luy nuisit par trop, pour s'estre fié en un segnor Constantin. Grec , qui le gouvernoit et le irahissoit , comme mondict sieur de La Palisse le Toulat combattre sur cela.
Or, c'est assez parlé de cet empereur, lequel nous fit bien du mal tant qu'il vesquit, et par sa personne, et par ses menées, et qui Fut cause de l'hasard de la battaille de Ravanne; car il manda â tous les Allemans qui estoient dans nostre camp de se retirer, sur peine de rébellion. Il n'y eut que le bon capitaine Jacob qui tint bon, et fut fort fidel à nostre roy (j'en parle ailleurs ) ; car il estoit aymé et redoublé en son empire, bien qu'il ne fust jamais couronné empereur des trois couronnes.