‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 161 sur 267 · M. LE COMTE DE SANCERRE · texte numérisé non relu

M. LE COMTE DE SANCERRE

voyage que j'y passay, m'ea allant au secours de Malte.

. M. le cardinal de Lorraine leur aulre frère ^ €t le second ou troisiesme , ne fut point homme de guerre comme ses frères ; mais sy a*il eu le cœur aussy noble, aussy généreux, etTaame aussy bonne et sincère que tous. C'a esté en son temps la mesme magnificence et libéralité, voire telle, qu'elle seule a surpassé toutes celles de la cour joinctes ensemble, de son temps. J'en' parle ailleurs.

Bref, ceste race , tant de ceux qui ont esté et qui sont, est très-bonne; et d'elle ne sçauroiton dire, en quelque façon que ce soit, ce qu'on disoit de Jehan Marie Visconte, second duc de Milan, fils de Jehan Galeaz, qui, estant en Taage de quatorze ans, vint à la succession des biens de son perc, mais non de ses vertus; car il vint si cruel et inhumain , qu'il fit tuer une infinité de gens de bien , jusqu'à les faire dévorer aux chiens, et à faire mourir sa mère , qui , le reprenant de tels vices, qu'il estoit fort dissemblable à ses ancestres, il respondit qu'une maison n'est point digne de bonne réputation , qui n'a produict personnages de toutes sortes et de diverses natures et conditions; et pour ce, fit estraugler sa mère en prison. Voylà une meschante opinion d'homme; car il n'y a qu'une race noble, belle, bonne et d'illustre vie, comme celle de Guyse, à qui on ne peut reprocher de faucetcs, perfidies et meschantés, pour bien peser tout.

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