‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 177 sur 267 · RENÉ BASTARD DE SAVOYE · texte numérisé non relu

RENÉ BASTARD DE SAVOYE

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Ce fut un très sage chevallier, et qui a servy très-bien le roy François tousjours où il s'est trouvé, comme à la battaille des Suysses, à La Bicoque , où il ne tint pas à luy que les Suysses ne pressassent tant M. de Lautreq pour venir aux mains , en les priant et usant envers eux de toutes les plus douces et bonnestes paroUes pour faire temporiser, et que le roy les recompenseroit eux et leurs enfans, et qu'ils auroient tous occasion de se contenter à jamais de luy ; mais ils ne le voulurent jamais ; et fallut donner la battaille , qu'ils perdirent : et fallut après s'en retourner en France avecques un nez de honte, car par ce moyen tout Testât de Milan se per« dit , jusqu'à ce que le roy retourna , qui le reprit et ne le garda gnieres , à cause de la battaille de Pavye perdue, où tant de gens de bien moururent, et mesmes ce M. le grand maistre; lequel, ayant payé sa rançon et s'en voulant tourner en France, la fiebvre le prit d'une blessure qu'il avoit receue à la battaille, et en mourut, dont ce fut grand dommage; et fut fort regretté de madame la revente sa sœur, qui faymoit et l'advançoit tout ce qu'elle pouvolt, et luy faisoit tenir grand rang en France.

On le tenoit pour un fort sage et advisé capitaine. J'ay ouy dire à aucuns vieux gensd'armes que la compaignie de cent hommes d'armes qu'il avoit, estoit ta plus belle que l'on vitjamais despuis que l'institution en futfaicte, et le tenoit-on ainsy alors; car, comme un chas< cun court à la grandeur et faveur, tous les jeunes gens des plus grandes maisons s'y enrolloient, et les plus vieux et expérimentés gens-d'armes ; si bien qu'il y avoit une presse extresme à qui en seroit,et^ien heureux estoit le jeune gentilhomme qui pouvoit avoir la place d'archer. Âujourd'huy cela n'est plus; on ne se contente pas de si peu; car, du premier coup que le jeune commence à porter les armes , faut

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