FERDINAND DE GONZAGUE
 ce prince Philibert succéda, et en sa place et charge de ce siège de Florance, par la voix de toute Tarmée, Ferdinand de Gonzague, et en Fut esicu fçener2t\ ; m'estonuant fort que le marquis del Gouast ne le fut plustost que luy, ayant esté en grades et charges beaucoup plus advancé auparadvant que luy, et commandé aux Espaignols de tout temps, qui a voient toute créance en luy dès la mort de son cousin, le marquis de Pescayre , et non si grande en Ferdinand : et ceste paille en passa par le bec dudict marquis, qui ne fut Faict là gênerai , et l'autre le fut; d'autant, disoient-ils,qu*il estoit prudent, bening, magnanime, généreux, libéral fort adroict , gentil , valeureux, et bien proportionné (si estoit bien le marquis). Voilà les qualités qu ils luy donnèrent, et qu'ay veu par leurs escrits. Certes, il estoit cela, et de fort bonne maison , de celle de Mantoue. Il a esté uo très bon et grand capitaine : aussy, s1l ne leust esté on ne Teust honoré de Testât de couroDoel gênerai de la cavallerie légère, soubs M. de Bourbon, à la prise de Rome, sous le prince d^Orange et à Naples et à Florance, et au Toyage de Provance, où il fit fort bien, qui en veut lire les traictés : du premier coup il prit Monte-Jean et Boissy. Par ses mérites, quelque temps après Tempereur le fit son viceroy en Sicile, qu'il gouverna fort sagement , et mesmes contre les soldats espaignols amutinés, qui la ravageoient et la mettoient à sac, sans sa grande prévoyance et valeur, qui en fit de rigoureuses justices, comme j'en parle ailleurs.
Il fut aussy lieutenant gênerai au camp de Landrecy, et après au camp de Sainct-Dizier, et lors que Sadîcte Majesté vint si près de Paris pour remporter, et après tout de mesmes â Milan, où il commança la guerre de Parme : et fat donné par Tempereur au roy son fils en Flandres pour son principal conseil ; duquel il
s'en trouva fort bien en si peu de guerres qu'il fit, mesmes à la battaille deSainct-Quentin,au siège et à la prise, comme nous l'avons veu. Enfin il est mort vieux et cassé, et Fort expérimenté capitaine, tellement qu'on ne luy en peut rien desrober.
Or, comme j'ay dict que ces grands capitaines sont subjects quelquefois de donner à travers de leurs âmes, aussy bien que les plus grands et meilleurs pilotes donnent à travers des bans et des cscueils, cestuy cy fut fort tasché, au sac de Rome, de n'avoir espargné la maison de son oncle, le cardinal de Mantoue, et en avoir eu sa part. De plus, il fut fort accusé par ce malheureux qui empoisonna M. le Dauphin , que c estoit luy qui l'avoit suscité et persuadé de le faire, non pas seulement à Tendroict de M. le Dauphin . mais du roy et de tous Jnessieursses enfants. C estoit un très meschant acte et très pernicieux conseil. Et j'ay ouy dire que le roy disoit souvant que s'il le pouvoit jamais attraper, qu'il ne le Iraicteroit pas en prisonnier de guerre, mais en criminel. Aussy est-ce un très grand et odieux crime d'attenter contre un roy sacré, oing , et tenant la semblaoce et la place de Dieu icy bas. Aucuns Italiens ont dict que ce fut Anthoine de Levé le seul coulpable de cela. Il se peut, car on le tenoil avoir i'ame aussy mnuvaiseque les jambes. Touiesfois, ledict Ferdinand s'en purgea et manifesta son innocence, estant trop généreux pour se marquer de telle tasche.