MEDICIS, GRAND DUC
qu'il avoit esté blessé; et, aiosy qu'il fut arresté de la luy couper, on luy annonça l'arrest , et qu'il falloit avoir des gens pour le tenir ferme, ' et luy couvrir la face et les yeux. Il leur dit ; • Coupez hardyment, il ne me faut point per- <K sonne pour me tenir; car vingt hommes ne «mepourroient pas tenir quand ils l'auroient «entrepris. Parquoy coupez. » Et luy mesmes prit la bougie, et la tint tant qu'on la luy coupa, le duc de Mantoue estant présent. Et, pensant estre guery , le mal s'empira de pis en pis ; et venant à la mort, il dict seulement : a Et comament faut-il que je meure icy entre des ema piastres? Ce m'est un grand despit » (dict l'histoire espaignolle ). Et se tournant de l'autre costé, il mourut à Mantoue, en l'aage de vingthuict ans, disent les histoires espaignolles aussi , l'an mil cinq cens vingt - six , estant estimé l'un des grands capitaines de toute l'I* talie , et pour tel regretté, et jugé que s'il eust fourni ses ans selon le cours , il n'en fut jamais un tel Italien ; car il avoit toutes les vertus d*un grand capitaine , et sur tout compaignon de tout le monde, et très libéral.