‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 69 sur 267 · LE GRAND COSME DE · texte numérisé non relu

LE GRAND COSME DE

JANNIN DE MEDIGIS.

Jannin de Medicis, poar soq commaneement , servit très bien Tempereor , et tint son party. li se fit fort sous le marquis de Pescayre; de sorte qu'il emporta en un rien le pris d'cstre on très bon capitaine, et mesmes pour les gens de pied ; et mourut en Taage de vingtdeui ans, venant aux vingt-trois, estimé et tenu pour tel, ce dict Guichardin; mais les autres le montent à plus hault d'années , comme je diray cy après. Il esloit nepveu du pape Léon ; et après sa mort , pour le regret qu'il en eut , il fit fiaire toutes ses enseignes noires; de sorte que ses troupes n*estoient autrement nommées qoe les bandes noires , et par tout là où elles furent employées, fiiisoient fort parier des bandes noires.

Il quicu après le service de l'empereur, et sen vint tousjours avec ses bandes noires , au service do roy François, qu'il servit très bien tant qu'il vesquit. Toutesfois il fit une graude rcTolie dans Crémone contre M. de l'Escun , pour l'amour de la composition que ledict M. de l'Escon fit sans son sceu ; que s'il ne l'eust apaisé, le roy le perdoit ; et eust bien Faict du mal avec ses troupes, disent les Espaignols , qui ne demandoient pas mieux. Du despuis il servit fort bien le roy en tous les lieux où il se trouva , et mesmes au siège de Pavie, là où il fol fort blessé d'une harquebusade en uue jambe , dont ii bllot qu'il se retirasl pour se faire penser. Il fut trouvé fort à dire à la battaille de Pavie , d'aoïant qu'il sçavoit fort bien Faire combattre rinfemeric, et sçavoit de quelle façon aussi conibaitoitrEspaignol; si bien qu'on luyeust faict mieux teste qu'on ne fit s'il y eust esté. Aussi le roy François le sceut bien dire et re- [ireiicp, et que s'il fast esté là , que l'infanterie e«paignole n'eust ftiict tel eschel qu'elle fit ; combien qu'il se mesconteutast fort de ses capitaines (j'en parle ailleurs) qui lui avoient desrobé tant de payes , que pensant avoir des gens ce jour là de ce coslé, il n'en trouva que peu , tant ils avoient payé les commissaires de passevolans. Au bout de quelque temps , luy estant B««7 et retourné à servir le roy , il eut cncor une grande harquebusade dansla jambe mesmes

Page 1