DOM PEDRO
pa$ pourlBOt avoir si belle monstre que Ton diroit bien. Elle est sur le grand chemin des |)o$(es allant de Medino del Campo cnPorlugaK Âinsy que j'estois à la poste, changeant de dievaui, me vint accoster un grand jeune homme de Taage de trente ans, maigre et esclandre ^ Luy ayant demandé qu'il es(oit,il me respondlt qu'il estoit au duc d'Albe ; et luy demandant dequoy .il le servoil, et s'il estoit Tuo des estaffiers, il me respondit : Non, Seàor^ mas sof su correo à pie^. Quelle gloire! ne voulant proférer qu'il fust son lacquais, ny son valet à pied , ni eslaffler, mais Courier de pied (je ne m'estois jamais desjuné de ce mot); et puis entrant plus advant en propos, il média qu'il estoit Gascon , près d'Agen , me parlant espaignol mieux que s'il fust esté naturel ; et me monstrant ce cbasteau fort eslevé, il me dlct : «Bien que ce chasteau n'aye ■pas la marque comme ces beaux chasteaux de ■France, toutesfois les braves hommes et ca- « pilâmes qui sont sortis de là marquent plus «par leurs beaux faicls et valeurs que tous les «plus beaux marbres et belles pierres que Ton « 7 east sceu mettre. » Il m'en conta prou. Et en fiuquicteeo luy donnant un escu d'or qu'il me douaada Fort privement, pour l'amour de la patrie. Pour fin , ce grand nom et race de Tolède a esté si bien illustrée par les hauts faicts qu'ont mené ceux qui en sont sortis, qu'à ja- Dttîs il en sera mémoire.
Ce dom Pedro laissa après luy dom Garcie de Toledo, grand homme certes , dont je parle ailleurs en soa lieu. Il laissa aussi trois belles et très honnestes dames de filles, Tune ; donne Leonor de Toledo, très habile femme et pleine de Imnnes vertus, il se lit et se dict que ce j^rand Co^me, voulant prétendre d'espouser ntadame Marguerite , veufve d'Alexandre de Medicis, la demanda à l'empereur, qui la luy refusa pour en gratifier le pape Paul III , et la donner à son petit fils Octavio. Puis il demanda indict pape sa petite arrière fille, k signora VicUNÎa , qui la luy refusa , disant que les afbires de Rome et de Toscane ne se pourroient juiais bien accorder. En fin , par une brave et tentille rose florentine, il pria ledict empereur de loy donner une femme de sa main pour avoir
* DècharnS ou efflanqué.
jt fVM ion coureur.