‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 101 sur 119 · LXXIV · texte numérisé non relu

LXXIV

Leltre du roy Henry IIJ au seigneur de

BourdeUie,

Eficrite le 11 d'octobre, et receue le 15 de noyembre 1574.

Monsieur de BourdeiUe , par la lettre que le sieur de Longa m'a escrit , il m'a donné tant d'asseurance de m'estre tousjours bon et obeyssant subject, et de vivre selon mes ordonnances, ne faire chose contraire à mon service, n'y avoir aucune participation , que je luy ay accordé de vous escrire, comme je fais présentement , et en advertis aussy mon cousin le mareschal de Moutluc, de le maintenir et conserver en tout ce que vous pourrez , et luy faire raison de certain excès qu'il se plaint luy avoir esté Faict par un homme de la ville , sergent du capitaine La Place.Ainsy doncques je vous prie luy pourveoir de tout ce que vous pourrez , à la charge, comme dict est , qu'il vive selon mes ordonnances, et non autrement. Pryant Dieu qu'il vous ayt, monsieur de BourdeiUe , en sa saincte et digne garde. Escrit à Lyon ce lloctobre 1574.

Lettre du roy Henry III au s&gneur de

BourdeiUe.

Escrite le 31 d'octobre, et receue le 9 de do« yembre 1574.

Monsieur de BourdeiUe , le sieur de Ghalais a tant donné d'asseurance de m'estre tousjours bon et obeyssant subject , et de vivre selon mes ordonnances, et ne faire chose contraire à mon service, n'y avoir aucune participation, que la reine , ma dame et mère, luy avoil cydevant accordé sauve-garde pour sa personne et biens ; au moyen de quoy il se seroit retiré

LETTRES

dans sa maison de Gliatais, et ycelle remis, par le cominandemeQt du sieur de Biron, es maÎDS et garde du sieur de Belleveue. Mais, d'autant qu'il desireroit grandement conduire sa famille , pour la conduite et nourriture d'ycelle, et aller faire sa demeure en sa maison de Grignaulx, en laquelle auriez mis quelques soldats en garnison, il m*a faict supplyer, et luy accorde, de vous escrire la présente , comme- 3e fais , pour vous prier et ordonner que, après avoir receulaseureié de fidélité, avecques asseurance de corps et biens dudict de Grignauh, qu^il offre bailler et signer de sa main , vous ayez à faire vuider ladicie garnison, y laissant vivre et demeurer en toute seureté et liberté ledict de Gbalais avecques sadicte famille, et ne permettre qu'il soit molesté en façon que ce soit. Et n'estant la présente à autre effect , je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur de Bourdeille, en sa saincte garde.

Escrit à Lyon le 31 octobre 1674.

Lettre de la reyne mère au seigneur de

Bourdeille.

Escrite le 18 d'octobre, et reoeue le 9 de no^ rembre 1574.

Monsieur de Bourdeille , vous voyez ce que le roy, M. mon fils, vous marque , et comme il veut donner la paix à ses subjects, pourveu qu^ils s'en rendent dignes, ne désirant rien tant que de les ouyr et recepvoir en sa bonne gracei

Le lieutenant de Poictou se peut asseurer qu'il ne sçauroit luy fajre service qui luy soit plus agréable que de faire réussir ceste négociation selon que le roy mon fils désire , comme je vous prie de luy dire de ma part, et Tasseurer que jembrasseray tousjours qui luy rendra service avecques autant d'affection qu'il mesera possible , pourveu que ses actions respondent à ce qu'il nous mande.

Au demeurant , il me semble que vous fairez beaucoup pour le service du roy , mondict seigneur et fils, que de venir avecques ceux qu'ils députeront, aussy qu'il vous en prie, ce que je fois aussy autant que je puis. Il a esté baillé douze cens escus au capitaine La Salle, de

sorte qu'il vous rendra les cinquante escoa que vous luy avez advancés , dont le roy « mondict seigneur et fils, vous sçait très-bon gré. Pryant Dieu, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Lyon ce 18 octobre 1674.

Lellre du roy Henry III au seigneur de

Bourdeille,

Escrite le 18 dViobre 1574.

Monsieur de Bourdeille , j'ay ouy parler le capitaine La Salle, et prins en bonne part ce qu'il m'a faict entendre , tant pour le faict de la paix que pour ce qui concerne le lieutenant de Poiciiers , de sorte que luy envoyé le passeport qu'il m'a demandé, afin qu'il se puisse plustost acheminer en Languedoc suivant leur proposition; et vous asseure quil n'y a rien que je désire plus que de faire la paix , comme je feray cognoistre par effect toutes !es fois et quantes que chascun fera de son costé ce qu'il doit.

Ledict La Salle m'adictque les subjects de la nouvelle opinion qui sont par delà députeront quelques uns d'entre eux pour se rendre audict pays de Languedoc, avecques charge de recepvoir ladicte paix et la négocier , et mesmesque le sieur de La Noue seroit pour estre cboisy. Toutesfois, n'en estant bien certain, il me demande un passeport en blanc , au nom de celluy qui seroit député. Sur quoy j'ay pensé de vous adresser ledict passeport, afin que vous le fassiez remplir ainsy qu'il sera de besoing , et qu'il ne soit employé à autre effect. Je desirerois fort que ledit sieur de La Noue en eusl esté chargé , tant pour les grâces especialles qu'il a receues de moy , et dont il m'est parti* culierement obligé , que pour le cognoistre capable de raison et amateur du repos public de ce royaume. Si vous pouvez en cela quelque chose , je vous prie de vous y employer ; car j'auray bpnne espérance de ceste negociatioa pourveu que ledict sieur de La Noue en soit ministre : et, eu ce cas jedesirerois bien aoisy que, pour disposer tousjours mieulx les choses à quelque bon effect , vous puissiez venir avecques ledict sieur de La Noue et autres de«

D^ANDRÉ DE BOURDEILLE

pûtes audict pays de Languedoc, où je m'achemine présentement. Au moyen de quoy je vous prie d'adviser si c'est chose que vous puissiez Faire à me donner ce contentement , et voua me fa iriez bien grand plaisir.

Quanta mes afFaires de par de-là, m'en eslant du tout remis sur le mareschal de Montluc, j'attends de ses nouvelles pour en Faire quelque bonne résolution dont vous serez bientost adverty si vous estes encor au pays. Sur-tout, je vous prie advancer racbeminementdesdicls députés autant qu'il vous sera possible , plustost qu'il se puisse Faire quelque bonne conclusion pour la tranquillité de mon royaume, et soulagement de mes pauvres subjects. Pryant Dieu vous avoir, monsieur de Bourdeille, en sa saincte et digne garde.

Escrit à Lyon le 18 octobre 1674.

Lettre du seigneur de BourdeiUe au roy

Henry IIL

Envoyée par le sieur de La Buntere , le 15 de novembre 1574.

SiRG,

Je vous ay respondu par le sieur de Borie à ladepescbe qu'il vous avoit pieu me Faire par le sieur de Breulh, et entre autres choses je vous mandois que j'ay mis en ceste ville le sieur de La Faux , lequel a esté cy-devant lieutenant de ma compaignie , homme de bien et d'honneur, et vous est fidèle serviteur, bien expérimenté à la guerre , et fort agréable aux babitans de ceste ville et au pays. Je l'ay prié de demeurer îcy , ainsy que m'aviez commandé , en mon absence; ce qu'il a accepté pour le désir qu'il a devons Faire très-humble service, pourveu qu'il vous plaise, sire, luy donner quelque peu de moyens pour s'entretenir eu ladicte ville comme le feu sieur de Borie avolt : et s'il vous plaist qu'il y demeure , je vous prie luy envoyer lettres patentes expresses pour y commander, afin qu'il soit mieux authorisé audict pays, et des lettres à vos oFficiers de la justice de ceste ville et aux habitons d'ycelle pour luy obeyr.

Ayant Faict entendre au sieur mareschal de Montluc Pestât des afFaires de ce pays ^ comme

il vous a pieu me commander , je m'appreslois pour m'en aller vous trouver; mais le capitaine La Salle arriva icy le neufviesme de ce mois, me portant une lettre de vous , datée du huictiesme jour d'octobre, avecques des passeports en blanc, pour mettre les noms des gentilshommes ou autres que ceux de la nouvelle opinion de Poictou voudraient envoyer à leurs confédérés pour conFerer de paix.

Ledict La Salle m'a faict entendre son voyage de Poictou , et comment il a passé par le camp de M. de Montpencier , là où mondict sieur de Montpencier luy commanda de parler avec ceux de Lusignan, comme il fit ; mais il ne put rien Faire avec eux, et m'a dict que M. de Montpensier demeurera beaucoup devant ledict Lusignan avant qu'il le prenne. Et de là il s'en alla trouver le lieutenant de Poictou pour communiquer avecques luy de ce que luy aviez commandé. Incontinent le lieutenant et luy allèrent à La Rochelle , pour parler au sieur de La Noue et aux Rocheîlois : mais lesdicts Rochellois n'ont point voulu qu'ils entrassent dans la ville , ne qu'ils partissent audict sieur de La Noue. Quoy voyant ledict lieutenant , il les pria de le Faire parler à Pardailhan , ce qu'ils n'ont jamais voulu permettre, disans que ledict lieutenant estoit allé trouver mondict sieur de Montpencier sans leur sceu. ToutesFois, il dit que eux-mesmes l avoient prié de y aller pour parler avecques les députés qui alloient devers vous. Si est-ce qu'il fit tant avecques eux, qu'il parla au sieur de Syreul, qui est l'un des depatés qui firent la paix avecques vous devant La Rochelle , et aussy avecques le sieur de Ghampignie, que ledict sieur de la Moue amena avecques luy quand il sortit ladicte ville durant le siège, et lequel est des négociateurs du sieur de La Noue avecques deux autres Rocheîlois. Et tous quatre parlèrent ensemble avecques ledit lieutenant par l'espace de deux ou trois jours à Tadon, et ne purent resouldre autre chose si-non qu*ils attendroient les députés.

Et , après avoir entendu dudict capitaine La Salle tout ce que dessus, j'advisay de m'en aller jusqu'à BourdeiUe , où je manday mou Frère de Branthome de se trouver , ce qu'il fit, et conFerasmes avecques ledict capitaine La Salle du tout : et fusmes d'advis que ledict lieu-

LETTRES

tenant se trouveroît à Archîac et mondict frère aassy, pour communiquer entre eui toutes choses avant que parler audict sieur de La Noue et aux Rochellois.

Sur ce , rhomme que mondict frère avoit envoyé à La Rochelle quérir un passeport arriva avecques iedict passeport , et dit qu^il estoit besoing qu'il s'advançast de les aller trouver , craignant qu'il n^y trouvast point Iedict sieur de La Noue , parce qu'il avoit délibéré de s^en aller en Brouage, et delà encor assiéger Mortagne.

A ce que je puis entendre, lesdicts Rochellois ont quelque soupçon sur Iedict sieur de La Noue , dont incontinent que j'auray sceu des nouvelles d'eux , je ne fauldray de vous en advertir, ou moy-mesnie les vous iray raconter si je ne mené leurs députés en Languedoc , et vous rapporteray les passeports s'ils ne sont employés pour cest errect.

Il vous a pieu aussy m^envoyer par ceste de* pesche vostre dernière déclaration, laquelle j'avois receue il y avoit plus de buict jours par la voie de la poste de Montlieu , laquelle je fis incontinent publier; et aux articles de la religion mesme , les gens de bien Font receue et acceptée , et n'en y a encor un seul de ceux qui m'avoient promis qui ayent bougé , mais désirent tous la paix , hors quelques pillards qui s'enrichissent par la guerre. Et certes , sire , je pense qu'il y a des catholiques qui font de mesmes. Par quoy il est très-nécessaire que la paix se fasse , pour la conservation de vostre Eslat et soulagement de vos subjecls.

Le sieur mareschal de Montluc m'a mandé qu*il y a eu quatre seneschaussés de vostre duché de Guyenne, comme Quercy, Agenois , Bazanois et Limosin, qui le sont venus trouver, lesquels luy ont présenté pour vostre service tous les moyens qu'ils pourront pour la guerre. U m'a mandé si Perigord n'en vouloit point estre , et que j'assemblasse la noblesse à ces Ans; ce que j'ay délibéré faire, et vous asseurer que j'ay tousjours trouvé ce pays , tant la noblesse que les autres estats, si affectionnés au service de Vos Majestés, que je pense qu'ils n'en faironi pas moins les autres.

Il vous pleut, sire, m'escrire dernièrement touchant ma compaignie , de la rellever et remettre , et me honnorer tant de mettre cela à

ma discrétion, dont je vous remercie très-humblement. Mais , voyant que vous estes sur le poinct de faire la paix , je ne me meliray point en despense pour dresser madicte compaignie. Et tant y a que si la paix ne se fait point , sire , je vous diray que je n'estime rien mes biens, ne ma vie, au prix du service que je désire vous faire. Il seroit très -nécessaire qu'il y eust une compaignie d'ordonnance en ce pays pour esviter les pilleries que y font les ennemys journellement, ce que je ne puis empescher sans cavallerie; et quant aux gens de pied , je n'en ay que pour les garnisons ; et si ne donnez moyen en ce pays d'avoyr des forces , je vous asseure que Iedict pays s'en va perdre, comme j'ay souvent mandé au feu roy.

Vous adviserez, sire , ce qu'il vous plaist me commander sur tout ce que dessus, et serez servy fidellement. Sur ce je prieray le Créateur , sire, vouloir maintenir Vostre Grandeur en prospérité, très-longue et heureuse vie. De Perigueux, ce 16 novembee 1674.

Lettre du seigneur de Bourdeitle au roy

Henry IIJ.

Envoyée par le tieor d*Ettoameau, le 23 novembre 1574.

Sire,

Je vous fis une depesche par un gentilhomme qui est à moy , le quinziesme du présent, par laquelle je vous fis entendre bien amplement des affaires de ce pays. Toutesfois, ayant Iroavé le sieur d'Estourneau, présent porteur qui s'en va trouver le roy de Navarre son maistre, et lequel vous est fort fidèle et affectionné serviteur , et qui a esté employé au service du feu roy vostre frère , comme la reyne vostre mere pourra tesmoigner, j'ay bien voulu vous adve^ tir de ce qui a esté passé despuis.

C'est que, dimanche dernier, je fis assemblei une grande partie de la noblesse de ce pays, l'Eglise et le tiers estât, pour leur fiaire entendre à tous comment Vostre Majesté avoit un grand contentement de Tobevssance et servitude qu'ils vous portent, comme il vous a pieu me mander, les pryant , de par vous ^ de le

D'ANDRÉ DE BOURDEILLE

continuer. A quoy tou$ ensemble d^une voix i montdîct et asseuré qu'ils seront toute leur vie vos très-humbles et très-obeyssans serviteurs et subjects jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Vous asseurant que je les ay tousjours trouvés tels, et principallement la noblesse. Et si j'eusse eu une compaignie de gens-d'armes de vos ordonnances icy avecques la noblesse , les enuemys n'eussent pas mangé ni pillé vostre pauvre peuple ainsy comme ils font.

Car vous sçavez , sire , que ceste noblesse , qui marche pour son plaisir, ne peut longuement tenir ensemble. Et quand les ennemys voyent que je les ay assemblés , et que je suis presl à me mettre en campaigne , ils se retirent en leurs forts , voyant bien que je n'ay artillerie ny moyens pour les en tirer. Qui est la cause que je n'assemble point si souvent la noblesse , pour estre vostre pauvre peuple assez mangé d'ailleurs. Et si vous eussiez envoyé icy une compaignie de vosdictes ordonnances, elle eust obvié à toutes ces pilleries. Vous asseurant que, samedy dernier, Langoyran , avecques deux cens chevaux , s'en vint à deux lieues d'icy prendre et lever les contributions qu'il a imposées sur les paroisses à huîct lieues autour de Bergerac , et contraint le pauvre peuple de payer , autrement brusle les maisons de ceux qui font refus, et Fait emmener les bœui^ et autres bétails qu'ils peuvent trouver. Tellement qui si Vostre Majesté n'y met ordre , tout ce pays s'en va à leur dévotion, et le tout par faute de n'avoyr mis icy une compaignie. Et certes, sire , Bergerac vous est de plus grande importance que vous ne pensez; et font estât que , bien que la paix se fa.sse , cela leur demeurera.

J'ay aussy remonstré auxdicts eslats comment les autres seneschaussées de la Guyenne se sont présentées pour faire tout ce qu'il plaira au sieur mareschal de Montluc leur commander pour vostre service. Ils m'ont accordé d'en faire de mesmes, comme il plaira à Vostre Majesté veoyr par le procès verbal sur ce faict que je vous envoyé. Aussy la commission des trois enseignes de gens de pied establies pour la garde du pays, qu*il a pieu à la reyne vostre mère m'envoyer pour lever le payement sur le présent pays, sera expirée au dernier du mois prochain. S'il vous plaist continuer ladicte com-

mission, je supplie Vos Majestés m'en envoyer une autre , ou moyen pour les payer d'ailleurs, et y acyouster trois cens livres par mois pour monentretenement, ou de ceiuyqui demeurera en mon lieu durant mon absence. Et , en ce faisant , ledict de La Saux aura moyen de se tenir icy, et de vous y servir fidellement ; car le sieur de Borie l'a eu de mesmes.

Davantage , sire , M. de Montpensier a envoyé une commission aux esleus du présent pays , pour cothiser sur ycelle cinquante mulets et trois cens pionniers pour son armée. J'ay envoyé devers luy pour remonslrer la pauvreté dudict pays ; et il nous a rabaissé le tout à sept mille livres. Mais, voyant que le sieur mareschal de Monlluc a délibéré de se mettre en campaigne en brief pour venir faire la guerre en ce pays , je luy ay escrit et remonstré que ladicte somme de sept mille livres seroit fort nécessaire pour l'entretenement de son armée audict pays, et luy prie d'escrire à M. de Montpensier de ne prendre point ladicte somme, veu que cela luy pouvoit servir , comme je luy en ay aussy escrit de mesmes. Toutesfois , il nous a faict response qu'il estoit nécessaire qu'il eust ladicte somme pour secourir son armée. Et me semble sur cela, sire, qu'il est raisonnable que ces derniers demeurent pour le secours de ce pauvre pays ; car le scindic ne souffrira pas qu'ils soient employés à autres fins qu'au profit et utilité du pays , comme il luy a esté commandé par les estats, si-non qu'il en ayt commandement de vous , ainsy que vous pourrez veoyr par ledict procès verbal.

Et quant à ce qu'il vous a pieu me commander touchant l'affaire du lieutenant de Poitou, je vous mandis par ma dernière ce que mon frère et moy en avions faict. Despuis, ledict lieutenant m'a escrit, et pareillement le sieur Plassac , qu'il estoit très-nécessaire que j'allisse à Archiac , là où nous pourrions amplement discourir de ce faict ensemble; mais j'advisay qu'il valloit mieux d'attendre ce que mon frère aurait faict avecques le sieur de La Moue et les Rochellois, et que Langoyran estoit en campaigne de par deçà, et aussy les Xaintongeois de leur costé: qui fut cause que j'envoyai devers eux le sieur de Montancys , homme d'entende ment , pour sçavoir ce qu'ils ne vouloiem dire, etqu*ils fuisoieul depar de-là. Incontinent

qu'il sera venu , s'il y «i chose à\(çr\e de vous mander , je ne fauldray vous en adverlir.

Les ennemys ne sont point eslevés en ce pays plus que de coustume , encore que le sieur marcschal Dampville soit déclaré. Je ne sçay s'ils attendent sa response après rassemblée qu'il fait à Nismesau vingt-cinquiesme du présent, comme il mande à tous ceui de la religion, lesquels y sont allés.

Aussy, sire, du temps du Feu roy vostre Prere, il avoit cclissé Testât du juge criminel d'avccqnes le civil , pour le donner à un nommé La Borie, lequel estât le juge-mage de ceste ville avoit il y a trente ans , qui est gentilhomme , hommedebienet d'honneur, et bien affectionné à vostre service ; et , le cognoissant tel , je l'ay retenu pour mon conseil aux affaires de vostre dict service, duquel je me suis fort bien trouvé. Lareyne vostre merc luy avoit mandé, etaudict La Borie, de Palier trouver avecques toutes leurs pièces, pour, ycellcs veues, et eux ouys, leur faire justice. Ledict juge-mage y vouloit aller; mais je l'ay retenu jusqu'à ce que je yray avrcques les députés de Languedoc , ou bien je le meneray avecques moy à la cour. Il vous plaira escrire audict La Borie qu'il ne faille point y venir et apporter sesdicles pièces, lesquelles vous verrez pour leur faire raison.

Voylà tout ce qui se passe en ce pays pour le présent. Sur ce je prieray le Créateur, sire, maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité heureuse et très-longue vie.

De Perigueux, ce 23 novembre 1674.

leitre du seigneur de BourdeUie à la reyne

mère.

Madabie,

Eserite le 23 de novendire 1474.

Le sieur d^Estourneau ( que vous cognoissez fort bien , ayant esté en plusieurs lieux par vostre commandement et pour le service du roy , lequel vous avez trouvé fidèle , et le sera tousjours comme je le cognois ) s'en va servir son quartier en la maison du roy de Navarre. Je n'ay voulu faillir d'escrire par luy au roy bien amplement des affaires de ce pays, et aussy à vous, ainsy que pourrez veoyr par la lettre que j'eacris à Sa Majesté.

Madame, il y a quelque temps que je vous escrîvis comment vous aviez eclissé Testât du juge criminel au juge- mage de ceste ville par faux rapports, bien qu'il Feust trente ans y a. Et d'autant que ledict juge-mage est gentilhomme, l'ayant trouvé homme de bien , et fort affectionné au service de Vos Majestés, je l'ay retenu icy pour mon conseil , et me trouve bien fort de luy. Si je vais en Languedoc, je le meneray avecques moy, et aussy à la cour, là où il vous fera entendre bien amplement son faict. Il m'asseure tant de la bonté de Vos Majestés, qu'estant ouy vous luy ferez rendre son estât. Je vous supplyeray très -humblement, madame, que cependant il n'aye point de dommage, et que le temps ne court d'avoir confirmation de sondict estât , selon les edicts que le roy a faicts touchant la confirmation des offices. liC sieur d'Estourneau vous fera entendre plus amplement le faict dudict juge-mage.

Aussy vous me mandez que vous avez donné au capitaine La Salle deux censescus, et que je prenne de là les cinquante que je luy ay prestes ; ce que je n'ay point voulu faire , et ne luy ay point demandé , pour ce que vous avez encor affaire de luy. J'attendray bien encor ceste somme avecques d'autres que j'ây employées pour le service de Vos Majestés , espérant par vostre moyen estre payé.

Sur ce, je pryeray, madame, le Créateur qu'il veuille maintenir vostre authorité et grandeur en toute prospérité , très-heureuse et longue

vie.

De Perigueux, le 23 novembre 1674.

Lettre du seigneur de BourdeUie au rof

Henry IIL

Envoyée par le capitaine La Sallet le 10 décembre 1574.

Sire,

Je vous avois escrit bien amplement par le sieur d'Estourneau de toutes dioses qui se passoient en mon gouvernement , et entre autres de la négociation que m'aviez commandé faire avecques le lieutenant dePoictou.

Après que le sieur de Montaneys fut retourné de Pons, où je Tavois envoyé devers le sieur de

D'ANDRÉ DE BOURDEILLE

Plassac et autres de la religion , estant aussy mon firerc de Branlhome de retour , ayant entendu par eux deux , ce qu^ils avoieot faict de par de-là; sur ces entrefaictes les sieurs deMyrambeau, de Plassac, et lieutenant de Poictou, m'ont escrit et envoyé le capitaine La Salle pour me priet* de m'acheminer jusqu'à Pons, afin de parler à eux , et que je y trouverois le sieur de La Noue. Quoy voyant , j'enlreprins de faire ce voyage : et les ayant trouvés à Pons avecques plusieurs autres gentilshoinmes de leur faction, je leur fis entendre ce qu'il vous avoît pieu me mander par ledict La Salle , et comment vous m'aviez mandé despuis que desiriez la paix le plus du monde, et que jamais vous ne seriez à vostre ayse qu'elle ne fust faicte. Sur quoy ils m'ont respondu qu'ils ne desiroient autre chose que iadicte paix, et vous demeurer très-obeyssans subjects et serviteurs , et m'ont dict beaucoup d^autres choses que je leur ay prié de me donner par escrit, ce qu'ils ont faict, comme je vous envoyé un double. A ce que je puis veoir , ils désirent fort une abstinence de guerre , tant pour Lusignan que pour les autres pays où ledict sieur La Noue commande. Je leur ay respondu que Vostre Majesté faisoit beaucoup pour eux de leur présenter Tabslinence partout , excepté à Lusignan, veu la despense que vous y aviez faicte, et que voslre armée y estoit toute preste.

Ils m'ont aussy dict qu'ils veulent avoir exercice de leur religion ; mais je leur ay respondu que je u*avois point charge de résoudre en rien en cela. Bien, leur ai-je dict, que je m'asseuroîs tant de vostre grande bonté, que s'ils y alloient avec l'obeyssance que tous subjects doivent à un tel et si bon roy , ils cognoislront que vous oublyerez le passé, et que leur donnerez ce que leur aéra nécessaire, et , s'ils me donnoient l'un d'eux pour venir avecques moy devers Vos Majestés, ils trouveroient que ce que je leuray dict scroit véritable. Je tfay pu avoir d'eux autre resolution , si-non ce que je vous envoyé par escrit.

Ayant bien cognu à leur parler qu'ils vouloient que ledict lieutenant de Poictou allist devers Vostre Majesté , pour vous faire entendre bien amplement toutes choses, il m'a semblé que ledict lieutenant estoit suffisant pour ce faire, et que par luy je yous escrirois bien am-

plement leur bonne volonté et le bon recueil que j'ay eu d'eux . d'autant que je vois que ledict lieutenant marche de bon pied , m'asseurant qu'il vous dira bien fidellement toutes choses, et vous asseurera qu'il vous est fidèle serviteur. A ce que je puis cognoistre, sire, ledict sieur de La Noue et luy .s'accordeut bien, et sont bien affectionnés à vostre service , désirant fort la paix à vostre contentement.

J'ay parlé audict sieur de La Noue particulièrement, lequel m'a prié de vous mander que vous le trouveriez tousjours vostre fidèle subject et serviteur, pour l'obligation qu'il a en vous , outre ce que vous estes son roy, et qu'il est bien marry de ce qu'il ne peut vous aller trouver, parce que les autres ne le veulent permettre que premièrement la trefve ne soit faicte : et l'ayant faicte , il vous fatra cognoistre en ceste négociation de paix combien il vous est humble serviteur. Par quoy il me semble qu'il seroit très*>nece8saire que ledict sieur de La Nouefust en ceste négociation de paix avecques ceux de Languedoc, veu qu'il est homme pacifique, désirant le repos de vostre estât , et d'autre part, sire , tous ont une grande créance en luy. Et ne faut pas oublyer que ledict lieutenant soit du party, car il vous y servira beaucoup.

Voilà tout ce qui s'est passé touchant ceste négociation, et ce que j y ay pu faire. Vous avez aussy Pardeilhan qui y estoit , lequel vous est fort fidèle serviteur , et homme de raison. S'il plaist à Vostre Majesté que la trefve se fasse, je vous supplie très-humblement que ce soit bienlost afin qu'on fasse la paix : et, par ce moyen, vous soulagerez grandement vos pauvres subjects.

Les sieurs de Myrambeau , de Plassac , de Montguyon et beaucoup d'autres gentilshommes , m'ont dict qu'il vous a pieu envoyer des lettres patentes par deux fois pour faire sortir le médecin Lamoureux de Xainctes, et qu'on n*a pas voulu obeyr à vos commandemens. I Is vous supplient très-humblement de commander encor un coup qu'il sorte , et je vous en fais trèshumbie requeste en leur faveur.

Je m'en retourne demain en ma seneschaossée, où j'attendray vos commandemens; et, s'il y a chose digne de vous escrire, je ne fauldray vous en advertir. Sur ce, je prieray le Créateur, sire , qu'il veuille maintenir vostre auihoriié et

LETTRES

i;randeur en tonte prospérité, très-longue et heureuse vie.

D'Ârchiac, le 10 décembre 1574.

Lettre du seigneur de Bourdeiiie à ia reyne

mère,

EnToy^ par le capitaine La Salie, le 10 décembre 1574.

Madame,

Vous entendrez bien amplement ce que j'ay pu Faire à la négociation de la paix, par la lettre que j*escris au roy, comme il luy avoit pieu et à vous me commander, avecques le lieutenant de Poictou, vous asseurant que je vois vos subjects de toute part en bonne délibération dey entendre. Par quoy, madame, il me semble que le plustost qu'elle se pourra Faire sera pour le mieux , au profit de vos pauvres subjects et pour le repos de Vos Majestés.

J'ay bien asseuré ceux de la religion que vous sollicitez le roy vostre fils, tant qu'il vous est possible, défaire la paix : et trouve ledict lieutenant fort affectionné à votre service, et roarcbe de bon pied. Il vous fera entendre bien amplement et fidellement ce qui s'est passé entre nous à ladicte négociation.

Je me retire en ma seneschaussée , où j'attendray vos commandemens, auxquels j'obeyray toute ma vie fort fidellement. Sur ce je prieray le Créateur, madame, maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité , très-heureuse et longue vie.

De Perigueux , ce 10 décembre 1674.

Lellre du seigneur de Bourdeiiie au duc

dAlançon.

Escrice le 23 de novembre 1574.

MonsBittinEUR,

J'ay receu la lettre qu'il vous à peu m'escrire par le sieur de Breulh , et entendu le bien qu'il vous avoit pieu me faire de revesché d'Avranche s'il fost esté mort. Mon Frère de Branthome m'a confirmé la bonne volunté et

affection que vous me portez, désirant me i^ire du bien, dont je vous remercie très-humblement; vous suppliant de la continuer, et vous asseurant que vous ne ferez jamais bien à serviteur qui le despende de meilleur cœur pour vostre service que moy, et qui mette mieux sa vie en hasard pour obeyr à vos commandemens, espérant ne mourir jamais que premièrement je ne vous fasse un bon service en quelque endroict.

Monseigneur, après que vous eûtes donné une abbaye à M. d'Estrées, il vous pleut me donner une petite abbaye qu'il avoit, dequinze ou seize cens livres de rente, en attendant une meilleure, comme je le maudis à ma sœur et vous en escrivis, vous remerciant très-humblement du bien que vous me faisiez. Mais despuis j'ay entendu que vous me l'aviez ostée pour la donner à Bonney, et dites audict sieur de Breulh que ma sœur vous avoit dict que je n'en voulois point; ce que je n'ay jamais pensé, et ne refuseray de ma vie chose venant d'un si bon maistre que j'ay, estimant beaucoup le bien que me faites en mon absence de ceste façon, puisque le peu de service que je vous fais vous est agréable , me donnant par là à cognoistre combien vous m'aymez et estimez. Par quoy , monseigneur , je vous supplieray très-humblement de )ne laisser ladicte abbaye, et ne favoriser point un joueur de tue plus que moy. En ce faisant , vous ferez cognoistre ce qu'on pense et estime de vous : c'est que vous honorez la vertu , et les gens de bien et de maison. Toutesfois, monseigneur, si vostre volonté est telle, non pas décela seulement, mais du mien propre, vous pouvez disposer comme il vous plaira; car je m'estimeray tousjours très-heureux d'avoir quelque chose qui vous soit agréable , d'autant que je ne suis desdié à autre qu'à vous, espérant le vous dire en bref.

Sur ce je prieray le Créateur, monseigneur, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, heureuse et très-longue vie« De Perigueux, ce 23 novembre 1574.

D'ANDRÉ DE BOURDEILLE

srr

Lettre du seigneur de BourdeiUe au rof

Henrx II L

EnToyée ptr La Buitiere, le 35 de deoen)brel574.

Sire ,

Vou8 aurez entendu par le lieutenant de Poictou ce que j*ay faict à Pons avecques le sieur de La Noue et autres de la religion. Despuis estant de retour, les trois compaignies quicydevant ont esté ordonnées pour la garde de ce pays 9 me sont venues demander de l'argent , a quoy je n'ay pu satisfaire , d'autant que les trois mois portés par la commission sont expirés , et n'ay plus de pouvoir de les entretenir s'il ne plaist à Vostre Majesté la renouveller , et ordonner que lesdicles trois compaignies seront renouvellées et continuées en leurs garnisons, et payées sur le pays, comme elles a voient accoustumé. Pourcest effect, j*envoye ce gentilhomme , présent porteur, pour vous remonstrer ce qui peut concerner Vestat dudict pays; et par ycelluy je vous supplie très-humblement me demander vostre volunté. Car , de laisser les places desnuées de gens, ce sont autant de pays gaignésà vosennemys.

Aussy , sire, je vous ay cy-devant ad vert y comment, ayant assemblé la noblesse pour pouvoir remédier aux courses que les ennemys font journellement , ils adviserent quHt estoit nécessaire de faire cent chevaux-legers, et les payer des sept mille livres qui se trouvoient imposées sur le pays par ordonnance et commandement de M. de Montpencier, pour subvenir à son armée. Mais, d'autant que despuis ledict sieur aenvoyé quérir ce qui reste de ladicte somme, ce moyen nous a defailly, et ne pouvons entretenir lesdicts chevaux-legers; de f^dçonque nous sommes contraincts laisser manger le pauvre peuple à faute de cavallerie, s'il ne plaist à Vostre Majesté ordonner qu'ils seront payés des deniers cy-devant levés sur les villes closes et gros bourgs de ce pays; desquels deniers vous auriez commandé d'estre pris par le sieur de Losse ce que seroit nécessaire pour Teniretenement de ses gens de guerre, dont il n'a encor rien prins; et doivent esire lesdicts deniers entre les mains de

Ganoste» recepvear gênerai. Nous ue voyons autre moyen , s'il ne vous plai.%t le nous donner sur autre nature de deniers. Nous vous supplions très - humblement ue nous plus remettre au mareschal de Montluc, parce qu'il m'a escrit qu'il ne |)Ourvoyerait à rien en ce pays, qu'il n'en eust response des remonsiran« ces qu^il vous a envoyé faire touchant son gouvernement , à raison de ce que luy avez usté le cummandemeni sur M. de La Valette.

Aussy, sire, vos officiers ne veulent plus procéder à aucune cothisaiion des deniers sans expresses lettres patentes de vous, parce que puis naguieres vostre cour de parlement de Bourdeaux leur a inhibé , à peine de privation de leurs offices , pour beaucoup d'abus et fautes qui s'y sont commises , encor qu'ils eussent commissions et coramandemens de vos Iteute* nans généraux.

Quanta inoy, sire, après que j'aurayeu response sur le faict du lieutenant de Poictou , j ay délibéré vous aller trouver, comme il vous a pieu me commander, et despendre le ri^te de mes moyens à vous foire très-humble service près vostre personne, et de Monsieur, vostre frère, mon bon maistre, ne pouvant plus veoyr ruyner ce pauvre pays sans avoir moyen de vous y faire quelque service, comme jay toute ma vie désiré.

Et pour cest effect, vivaut le feu roy vostre frère, les ennemys s'estans .saisis de deux places fortes de ceste ville, nommées les chasteaux de La Chapelle et de Wert , je fis assembler tant degensde guerre que je pus, avecques l'ayde desquels je remis lesdictes places en son obeyssance, où je fis quelque petite despense, que je vous supplie très-humblement faire veoyr à vostre conseil , et m'octroyer commission d>n eslrc payé sur ce pays , veu que ce a esté faict au grand profit et utilité dyceiluy, comme cognoistrez par le procès verbal et estât sur ce faict , lequel je vous envoyé.

J'ay bien voulu aus.sy advertir Vostre Majesté comment le capitaine qui a commandé en vostre ville de Domme, nommé La Roque, ayant sceu que ceux qui teiioient le chasteau de Montfort estoient sortis, les alla attaquer et les desfit tous; et, voyant qu'il n'en estoit resté que bien petit nombre dans ledict Montfort, advertit le sieur de Puymartin qui e^ru-

LETTRES

mande à Sarlac, et tous ensemble ont remis ledîct chasteau en vostre obeyssaucc» et l'ont mis entre les mains de M. de Tharene à qui il ppartient , qui y vint en personne , et a mis dedans un gentilhomme catholique et trente soldats , soubs la promesse qu'il a Faicte audict sieur de Puymartin de garder et conserver ledicl chasteau soubs vostre obeyssance. Je vous asseure que ledict sieur de Puymartin a si bien faict en ce pays sarladois, que les ennemys n'y tiennent plus qu'un petit fort appelé Sainct- Quenlin , de cinq ou six places qu'ils y avoient à leur dévotion. Je souhaiterois bien qu'il continuast sa bonne aFFection. De ma part je la favorise de tous les moyens que je puis , parce que c'est ma seneschaussée.

J'ay pareillement esté ad verty comment le gouverneur de Dax et deSainct-Seré ont tué vingtcinq ou trente gentilshommes au pays de Ghalosse , qui portoient les armes contre Vostre

Majesté.

Davantage, sire, j'ay receu vos lettres du onziesme de novembre , avecques vos patentes pour me charger du chasteau d'Aubeterre, et autres lettres pour la décharge du sieur de Chamberlanne, lequel m'a mandé qu'il estprest d'obeyr à vos commandemens , pourveu qu'il soit payé du temps qu'il y a demeuré. Et , entre autres choses, je croy que c'est la principalle difficulté que ledict chasteau ne me soit délivré, comme pourrez cognoistre par les lettres que ledict Ghamberlanne vousescrit. Â ceste cause, il vous plaira m'envoyer commission nécessaire pour imposer, cothiser et lever les deniers, tant pour les arrairages de la garnison audict sieur de Ghamberlanne , que pour le payement et solde de la garnison â advenir , selon les mémoires que j'en ay cy-devant envoyés.

Et s'il plaist à Vostre Majesté de me commander vostre vdlunté sur tout ce que dessus , je meltray tousjours peine de Texecuter fldellement, etd'aussy grande affection que je prie le Greateur, sire, vouloir maintenir Vostre Grandeur et Âuthorité en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.

De Perigueux , le 26 de décembre 1694.

Lettre da seigneur de Bourdeilie à la reyne

mère.

Eflfoyée par le sieur de U Butsière , te 26decembre 1574

Madame,

Estant à Pons, où il avoit pieu à la msjesté du roy me commander d'aller , je trouvay M. le président de Large- Baston, lequel me dit que les occasions qui l'ont contraint d'estre là sont les faux rapports qui vous ont esté faicts de luy. Toulesfois , il se fie tant en vostre bonté , qu'il espère estre receu en ses justifications. Il m'a prié de vous supplier très-humblement, comme je fais , madame , qu'il plaise à Vostre Majesté de l'ouyr , afin qu'il vous fasse cognoistre qu'il est homme de bien. U vous esorit bien amplement, comme vous pourrez veoyr par ses lettres» lesquelles je vous envoyé.

J'escris aussy à Sa Majesté des affiiires de ce pays, et de ce que j'ay appris depuis que je suis revenu de Xainctonge; vous assearant, madame , qu'il est très-nécessaire d'y remédier bientost , autrement les affaires dudîct pays se porteront fort mal. Il vous plaira adviaer ce qu'on y doit faire. Et sur ce je prierai le Créateur , madame , qu'il vous veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, trèslongue et heureuse vie.

De Perigueux , ce 36 dcoeod^re 1674.

Lettre du seigneur de BcurdeilU: au due

d'Alançon*

Envoyée par le sieur de La Boteiere, le 25 dtcembre 1574.

MONSEIGNËtll ,

U avoit pieu au roy vostre frère dé mtf mander d'aller en Xainctonge parler avecques messieurs de La Noue, de Myrambeau, et autres gentilshommes de la religion, touchant la pail, lesquels j'ai li-ouvés à Pons en bonne délibération d'y entendre ; et , s'il vous plaisoit y roettrt la main , je vois qu'elle en seroit plus durable

D'ANPRÉ DE BOURDEILLE

et plustost Faicte : et vous asseure , monseU giieur , que si le roy n'y met ordre bientost , je vois la couronne de France fors basse, et le pauvre peuple fort mangé. Et d'autant que, après le roy vostre frère, vous } avez plus d'interest que tout autre , il me semble qu'il est très-nécessaire que vous y mettiez la main à bon escient. Et si j'avois Thonneur d*e.^tre auprès de vous , je vous dirois des raisons que vous cognoistriez ce que je dis est véritable , et que je vous le dis en fidèle serviteur , tel que je suis et seray toute ma vie; vous suppliant très-humblement, monseigneur, de le croire, et de me pardonner si je parle si librement en vostre endroict. Âussy je vous ay bien voulu escrire comment il y a long-temps que vous avez retenu M. de Perigueux pour un de vos aumosniers, luy promettant de le mettre en vostre estât : et , parce que c'est un homme de bien , d'honneur , bien vivant , ayant les moyens de vous faire service, je vous supplie trèshumblement de Ty mettre; et, en ce faisant, vous nous obligerez tous deux de prier Dieu, monseigneur , de vouloir maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité y très-heureuse et longue vie.

De Perigueux , ce 25 décembre 1574.

Lettre du roy Henry III au ieigneut de

BourdeiUe,

Gscrite le 11 de novembre 1574.

Monsieur de Bourdeille, suivant ce que vii«s m'avez escrit par vostre lettre du trent iesme octobre, je vous envoyé mes lettres patentes pour recepvoir en vos mains lechasteau d'Aubeterre, y commander, et m'en demeurer responsable ; comme aussy j'ay ftûct expédier autres lettres patentes pour la descharge du sieur de Ghamœrlanne , et hiy escris qu'il ne faille d'obeyr à madicte intention , comme je m'asseure il ne fa ira. J'en donne aussy advis, tant au sieor de Ruffec qu'à la viseomtesse d'Aubeterre.

Au demeurant , je vous diray que je suis en-

ierement bien content et satisfaict de vous , et

du bon et grand devoir que vous faites par de-là

pour mon serviee ; vous asseurant bien que am

occasions vous eognoistrei les effects de ma

bonne volunté. Je vous prie continuer d'advertir mon cousin le marescbal de Montluc de ce qui se passera ; et que Nostre-Seigneur voui aye , monsieur de Bourdeille , en sa saincte ei digne garde.

Escrit à I^yon le 11 de novembre 1574.

Herrt.

Et plus bas, de Newoué»

LXXXVllI.

LMre du roy Henry III au seigriewr de

Bourdeille.

Ëscriie le 20 de décembre 1574 , ei receue le 12 de janvier 1576.

Monsieur de Bourdeille , j'ay receu vos lettres des quinziesme et vingt-troisiesme du mois passé , par lesquelles vous me représentez très-bien Testât des affaires du pays , dont j'ay receu grand contentement ; mesmes que je me suis bien apperceu que s*il y a quelque chose de bien , vous y estes quasy le principal aateur et la cause, et que vous posiposez toute autre chose à mon service. Vosdictes lettres sont si amples et particulières, qu'elles me font veoyr cler auxdictes affaires delà, le trouve fort bon qu'ayez adverty de tout mon cousin le mareschai de Montluc, comme je vous avois mandé.

Quant à l'eslection qu'avez faicte du sieur de La Saiix , qui a esté lieutenant de vostre cornpaignie, pour demeurer et commander à Perigueux, durant vostre absence, je veux m'asseurer (puisque m'en rendez si bon tesmoignage , et qu^il est si bon au pays ) qu'il est un homme de bien, et parce suis bien content qu'il fasse oeste charge , suivant une lettre particulière que je luy en escris présentement , et aux ofBciers habltans de ladicte ville qu'ils luy obeyssent, et me semble que madicte lettre suffira sans autre commission.

Je sçay fort bon gré à ceux de la noblesse d^estre si affectionnés ft mon service comme vous me les représentez. Je vous prie les conforter tousjours, et maintenir en ceste bonne volunté, et les ssseurer de la mienne, trèsHlis^ posée et affectionnée à les retognoislre aux occasions.

: J'ay faict renouveller la commission pour le payement des trois compaignies des gens de

LETTRES

|)ied pour quatre mois, et ay faict comprendre vostre entretenement', ou de celuy qui commandera en vostre absence , à raison de deux cens livres par mois, et la vous envoyé présentement. Quant à ces mulets et la partie que demande mon cousin le duc de Montpencier , vous pouvez estimer qu'il a esté à ce forcé par grandes et nécessaires occasions ; car il est besoins que son armée soit pourveue. Toutesfois, je luy mande que s'il s'en pouvoit passer cela serviroit bien ailleurs, ainsy que m'escrivez: et vous asseure que je desirerois bien que mondict cousin fust satisfaict.

Voyià ce que vous puis dire en response de vos lettres. Pryant Dieu qu'il vous ayt, monsieur de Bourdeille, en sa garde saincte. Escrit en Avignon le 30 décembre 1674.

Je désire que vous envoyiez à mondict cousin le duc de Montpencier ladicte partie de sept mille francs, ou bien des mulets; et partant je vous prie qu'ils soient délivrés à celluy qu'il y envoyera pour les prendre , sans qu'il y soit feict aucune difficulté. Henrt.

Et plus bas, DE Nevfville.

Mite de la reyne mère au seigneur de

Bourdeille.

Escrite le 20 de decmbre 1574, ei receue le 12 de janvier 1575.

Monsieur de Bourdeille, j'employeray, pour responses aux lettres escrites , celles du roy , M. mon fils, par lesquelles serez bien amplement instruict de son înleution : et pour mon regard , vous diray seulement que , comme je cognois ledict sieur roy mon fils estre très-disposé d'embrasser et faivoriser ceux qui luy font bon et utile service comme vous, aussy je seray fort ayse de le seconder et assister en ceste sienne bonne volunté, et particulièrement envers vous. Pryant Dieu qu'il vous ayt , monsieur de 'Bourdeille , en sa saincte garde.

Escrit en Avignon le 20 de décembre 1674.

Catherine.

Et plus bas , DE Neufyiixk.

Leiire du seigneur de Bourdeille au roy

Henry IIL

Envoyée par Guillaume, le 15 de janvier 1575.

Su(E,

Le sieur de Rastîgniac me vint trouver il y a buict jours, et me fit entendre le grand contentement et bonne chère qu'il a receus de Vostre Majesté , qu'estoit de le remettre en ses biens , et luy confirmer Tabbaye de La Cliastre, qu'il vous a voit pieu luy faire donner au feu roy vostre frère; et cejourd'huy il m'est venu dire comment il a esté donné un arrest au grand conseil, confirmant ycelluy des grands jours qui est de perdre leurs vies et biens, et aussy que vous avez révoqué ladicte abbaye de La Ghastre , laquelle vous luy aviez confirmée ; estant par ce moyen au desespoir, et le plus fasché du monde : tellement quUl ne fauldroit beaucoup le picquer à luy Faire faire encor le fol , et suivre les autres qui le veulent faire. Je luy ay dict et asseuré de vostre part que vous n^entendiez point de rompre vostre promesse et parolle,et que vous estiez roy véritable, et que je m'asseurois tant de vostre bonté que vous luy tiendriez promesse : et ay tant faict que je l*ay rapaisé , et luy ay promis de vous en advertir incontinent , ce que je lais.

Et d'autant qu'il a tousjours esté boa et fidèle serviteur de vostre couronne • mesmes que, du vivant du feu roy vostre frère, il n'a jamais fiiiilly quand je Tay mandé pour son service me venir trouver, ayant tousjours avecques luy trenie ou quarante bons chevaux , comme j'ay mandé au feu roy, ainsy que ta reyne vosu^ mère vous le tesmoignera; et cognoissant qu'il est homme de service , ayant moyen pour vous en faire , je ne craindray point à vous supplier très-humblement luy vouloir continuer les dons que vous luy avez faîcts. Et ce luy accroistra de plus en plus la bonne volunté et affection qu'il a à vostre service.

J'espère envoyer un de ces jours un gentilhomme devers Vostre Majesté pour vous faire entendre plus amplement son feîct. Cependant il vous plaira de luy esa'ire, et lasseurer que voua vouiez tenir vostre parolie. £t

D'ANDRE DE BOCRDEILLE

5iir ce je prîcrtiy le Créateur, sire, maintenir vostre grandeur en toute prospérité, trèsleureuse et très-longue vie.

De Perigueux , ce 16 janvier 1 576.

Lettre du seigneur de Bonrdeiile à la rejme

mère.

Escrite le 15 janvier 1575.

Madame,

Vous sçavez que , du temps du feu roy vostre Bis , je vous ay escrit plusieurs fois le bon devoir que faisoient les sieurs de Rastigniac au service de Vos Majestés, desquels j'en avois tousjours trente ou quarante chevaux, pour m*y secourir toutes les fois que je leur ay mandé : et aussy en ma faveur luy aviez continué le don de Tabbaye de La Ghastre , qui est une abbaye qui ne vaut pas huict ou neuf cens francs; laquelle despuis le roy luy a confirmée, et ycflle despuis redonnée à un autre, comme vous pourrez veoyr par les lettres que j'escris à Sa Majesté. Et recognoissant qu'il va de si bonne affection au service de Vos Majestés, je vous supplieray très-humblement , madame, luy tenir la main, afin que le roy, en vostre faveur, luy continue le don de ladicte abbaye : et il sera tenu toute sa vie à prier Dieu pour vostre prospérité et santé, comme aussy Je fais d'aussy grande affection que je supplie le Créateur, madame , vouloir maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, trèsheorense et très-Ion gue vie.

De Perigueux, ce 16 janvier 1676.

XGU.

'>ttre du seigneur de Bourdeilie au roy

Henrx III,

EnToyée par Philippe» le 25 janvier 1576.

Sire,

Les maires et consuls de ceste ville de Perigueux nVussent pas tant demeuré à envoyer devers Vostre Majesté , n'eusl esté que je les en aye toujours gardé pour resperanoc quo '

j'avoîs de y aller moy-mesme, et de les y mener de jour à autre, si le temps me Teust pu permettre, pour vous foire entendre la bonne volunté qu'ils ont de demeurer vos très-humbles et trèsobeyssants serviteurs et subjecis : vous asseurant , sire, que je les ay tousjours cognus tels et fort prompts à exécuter ce que je leur ay commandé pour vostre service. Mais, craignant que vous fussiez marry de quoy ils ont tant tardé à faire leur devoir, ils vous envoyent un d'entre eux, pour vous offrir et remonstrer comme de tout temps ils ont esté aux roys vos prédécesseurs, et très- fidèles à la couronne, ce qu'ils veulent continuer; vous suppliant trèshumblement qu'il vous plaise les recepvoir, et leur confirmer les privilèges que vos prédécesseurs leur ont donnés, et leur accorder et octroyer la requeste qu'ils présenteront à Vos Majestés. Et sera de plus en plus augmenter le bon vouloir qu'ils ont à vous foire trës-huroble service. Sur ce je prieray le Créateur, sire, maintenir vostre authorité et grandeur en toute prospérité, très-heureuse et irès-longue vie. De Perigueux , ce 26 janvier 1676.

XGiir.

Lettre du seigneur de Bourdeilie à la tqme

mère,

Madamb,

Le maire et consuls de Perigueux envoyent devers le roy l'un d'entre eux, pour luyoHrir, et à vous aussy , leurs biens et vies pour le service de Vos Majestés, comme vos bons subjects et fidèles serviteurs. Les ayant tousjours cognus tels, et fort prompts à exécuter vos commandemens , j'en ay escrit à Sa Majesté comme pourrez veoyr, et vous supplie très-humblement , madame, les ayder et favoriser, afin qu'ils obtiennent ce qu'ils demandent par leur requeste, qui est très-raisonnable , et sera tousjours augmenter le vouloir et bon zelle qu'ils ont au service de Vos Majestés. Sur ce je prieray le Créateur, madame, maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité , très-longue et heureuse vie.

De Perigueux , le 26 janvier 1676.

LETTRES

Lettre du seigneur de BourdeiUe au rojr

Henry Ht.

Eor<qr<e par M. d« BruthonM , le 30 jaa?ùr 1575.

Sire,

J'ay reoeu la lettre qu'il vous a pieu m'escrire, dattée du vingt-cinquiesme décembre dsroier , eii3eii^ble la commission que m'avez envoyée pour Teptretenement de six cens hommes de pied , ordopnés à la garde de ce pays pour quatre mois , et aussy pour mon entretenement , ou d^ celuy qui demeurera icy en mon absence 9 qui ser9 le si^ur de La Saux , comme il vous a pieu de le copnpander, lequel j'y laisseray ipcontjnent que j'auray reccu voçtre resppnse sur la depescbe que j'ay envoyée devers Vos Majestés.

Et quant à ce que vous n^e commandeis de tenir la maip pour fiaire payejr les deniers que monseigneur de Montpencier a imposé sur le présent pays , j'en ay veu la mojctié , et on est après à lever le reste ; mais la pauvreté de ce pays est si grande, qu'on ne peut estre payé , tant de l'ordinaire que derextraordinaire, parce qu'il a esté levé sur ledict pays soixante ou quatre vingt mille {ivres despuis le commancement de ceste guerre , outre ce qui a esté pillé et desrobé , et pour ce aussy que les ennemys détiennent et occupent la plus grande et meil* leure partie d'icelluy pays. Mais s'il vous plaisoit le favoriser et ayder d'une compaigqie de vos ordonnances , vous le jetteriez d'une grande partie de toutes ces misères et piileries , et ladicte oompaignie tiendroit la main à Paire payer vos impositions: car vous sçavez, sire, qu'estant desnué de force comme je suis, que je ne puis remcdier à tant d^affalres et inconveniens. 3'en ay ai souvent escrit au Feu roy vostre frère et à vous , que je crains que vous direz que je suis importun. La reyne vous tesmoignera du tout. Mais 1% ne puis moins bire que cela pour le deu de mon estât, duquel il vous a pieu m'honnorer , et lequel j'exerceray fort fldellement et de bon cœur. Â ceste cause , sire , je vous snpplieray très -humblement qu'il vous plaise y penser.

J'ay aussy mandé souventesfois, tant au feu roy qu'A vous , de quelle importance est la ville

de Bergerac , pour estre assise là oii elle est , qu'est à yingt lieues de Montauban , là où les assemblées se font de Languedoc , Provance et Dauphiné : et à la faveur dudict Bergerac ils se peuvent joindre avecques ceux d'Angoulmois , Xainctonge , Poictou , Brelaigne, et autres lieux circonvoisins , veu que kdicte ville n'est qu'à trente lieues de La Hochelle ; qui vous est un grand préjudice pour vostre duché de Guyenne, qui est grande , et ayant force noblesse et gens de pied , desquels vous pourriez plus aysement vous servir si ledict Bergerac estoit en vostre obeyssance : à quoy vous pouvez remédier par le moyen des forces de M. de Moutpeocier, tant de gens de cheval que de pied 9 et l'artillerie toute preste à marcher; ^% pe luy faudroit que qiunition poqr ladicte artillerie, et en œ caresme prochain on la pourroit venir assaillir et prendre, ^^^utant qu'elle n'est eocor fortifiée CQmme jl fauti et fermée de foibles murailles.

On me pourroit dire qu'il seroit nécessaire de nettoyer plustost la Xainctonge de Pons et Pquteville; mais je respondr^y sur ce|a qu'on 9ura aussy (ost pris ledict Bergerac que ceuxlà, qui vous est cent mille fois de plus grande importance ; et , Tayant reipis à vostre devih tion , Pons et Boutteville seront plus aysés à prendre, parce qu'ils ne pourront estre aecour rus et favorisés de ce passage de Bergerac. Vous sç4vez, sire y et avez veu la commodité des

Kays ; et si vous y faites venir le seigneur de lontpçncier et ses forces, vous forei deux choses : car vous prendrez ladicte ville, ensemble tous les autres forts qu'iU tiennent en Perigord, Agenois, Quercy et Bpurdelois; et par ainsf délivrerez tous c^s pays d'une grande captivité, vous asseurant que les ennemys lèvent sur lesdicts pays tous les mois plus de deux cens mille livres , sans les larciqs et piileries qu'Us y font ordinairement : et m*asseure que ces pays-là vous ayderont de ce qu'ils pourront pour secourir vostredicte armée , mesmes ce présent pays de Perigord ; et cognoistrez qu'ils n'espargncront ny vies ny biens pour ce faire; et si l'armée marche de par dc^, les opinions de plusieurs changeront; mais, au contraire^ h vous leur baillez loysir de fortifier ceste ville , ce sera une seconde Rochelle ; de sorte qu'ils font estât que si la paix se feit, ceste ville là leur demeu-

D*ÂNDRE DE BOHRDKILLE.

es», 0t QBt fcitf ftire 4<i cioops ^t d^ loqgaes

Mon frer^ de Braqthome s*en va devers Vos liajest^, lequel vous dira biep amplement tous les aflairef qpi se présentent en ce pajrs , et les parMcQlarités ^ quoy il est temps que vous remédiez. Entre autrç^ choses, il vous discourra du ftiçt du sieur de Bastigniac, duquel je vous escri vis dernièrement, vous suppliant très-humblemept le vouloir contenter et leur donner Tabbaye de La Ghastre , en la fa^on q^ip vqus doonastes c^i^ de Poujlbac contre le comte de Lousun, et donnerez recompeqse à Tautre, et leur augmenterez tonsjours le cœur 4e plus ep plus jk vous faire très-bumble service.

Sur cela je prieray le Créateur, sire, maintenir Vfistre Graod^pr en toute prospérité trè^ beiireus^ , et tr^-loogue vie.

D0 Perigueu^, le 30 de janvier 1$76.

iMft du seignew de BoutrdeUiê à la riffini

mçre,

Eicrite le 30 de janvier 1S75.

Madiaie,

«l'ay receu la lettre qu'il a pieu h Vpstre Majesté ni'escrire, ensemble la lettre du roy, lesquelles j'fxecuteray de poinct ep poioct fort fideliement. J'escris à Sa Majesté bien amplement des affaires qui se présentent en ce pays et qu'il est très-pecessaire de y remédier bientost.

Mon frère de Brantbome s'en va devers Vos Majestés , lequel vops discourra biep au long , tant du gepDral que du particulier. Jf) vous supplieray tr^-taumbleipent, madame, de favoriser Ua sieurs de Rastigniac à obtepir Tabbaye de La Cbastre. qu'il a voit pieu au feu roy lepr dQDoar par vostr^ moyen ; et vous les obligerez gvaiideiiient à vous faire très-humble service, voua asscurant qif'ils en ont bien le moyen; et les y ay trouvés toujours fort affectionnas, ciNarae je vous ay mandé plusieurs fois. Sur cela fa prieray le Créateur, madame, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité trto-hwgoe, et trte^^heureuse vie.

De Pcrigu^Mx, k 30 janvier 157£,

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