Î^CYL
Uflre d{4 rojr Henry Jfl ^. seigneur de
Bo{irdeiIle.
Eierite te 16 janvier 1^6.
Monsieur de Bourdeille , je vous ay envoyé la commission nécessaire pour lever le payement des trois compaignies qui sont entretenues en Perigord , par laquelle j'ay aussy ordonné un honneste appoinctement pour celluy que laisserez dedans la ville de Perigueux en vostre absence; si bien que serez maintenant satisfaict pour ce regard.
Je suis bien ayse qu'ayez envoyé à mon CQUsin le duc de Montpencier les sept mille livres qui avoîçnt esté imposées sur le pays par son ordonnance, car il avoit faict estât. Quant à Tentretenement des chevanx-legers que vous avez assemblés, je ne puis donner d'icy d'autre provision , et mesmes sur les deniers de mes tailles, que de vous renvoyer à mon cousin le mareachal de Montluc , pour ce que je luy ay entièrement délaissé lêMlîcts deniers. Vous retirez doncques vers luy, afin qu'il y pourvoye suivant le pouvoir qu'il en a. Â quoy il ne fora refus d'entendre, ayant à présent entendu mon intention sur son gouvernement.
Pour ce qui regarde les frais qui ont esté foicts pour la reprinse des chasteaux de La Gbapelle et de Wcrt , je feray vcoyr dans mon conseil Testât que men avez envoyé , pour après en estre ordonné ce que raison. Quant est da cbasteau d'Aubeterre , j'ay veu ce que Chamberlanne m'en escrit. Il dit avoir augmenté sa garnison dudict cbasteau , d'autant qu'il a cognu qu'il estoit nécessaire de le foire , et demande d'estr» rombfiursé de ce qM'il a niîs nqpr Tentretenement de ladicte augipentation , laquelle, puisqu'il l'a foicte sans mon commandement, ny de mes lieutenans généraux, il me semble raisonnable qu'il en soit dressé. Pour ceste cause, je rwettray i pourveoir à cela quand j'aqray esté mieu^ informé des choses, comme j'espère estre par vous à vostre arrivée. Cependant vous deve^ retirer avecques vous le fils de la visoomtesjfc d'Aubeterre, suivant l'offre que j'ay entçiidu qu'elje vqus en a qpelquesfois Faicle,
quand ce ne serait que pour rinstituer comme
il doit estre.
Je renvoyé le lieutenant de Poictou vers mon cousin le duc de Montpencier , luy ayant donné charge de vous communiquer mon intention sur une lettre que je vous ay escrit par luy, et pour ce je ne vous en Feray répétition par la présente. Pryant Dieu, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa garde.
Escrit à Romains le 16 janvier 1576.
Henrt.
Et plus bas, DE Nevfviuje.
leUre de la reyne mère au sdgneur de
Bourdeille,
Escrite le 16 de janvier 1575.
Monsieur de Bourdeille, pour response à vos- (re dernière depesche, le roy M. mon fils, se remet en partie sur ce qu*il vous a mandé par ses précédentes, espérant que les aurez de présent receues; et par celle qu'il vous escrit présentement, il vous fait si amplement entendre son intention, que je ne vous en feray redicte. Seulement vous^prieray d'embrasser tousjours tout ce qui sera de son service, comme de la charge qu'il vous a donnée, selon que avez acooustumé, et qu'il se promet de vostre affection. Pryant Dieu, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa garde.
Escrit à Romains le 16 janvier 1675.
Gatherinb.
Et plus bas, DE Neupviixe.
xcvin.
Leitrê du seigneur de Bourdeille au roy
Henry II L
Eicrite le 9 de février 1575.
Snut,
J'ay receu la lettre qu^il vous a plu m'escrire , datée du seiziesrae jour de janvier dernièrement passé , et tout incontinent j'ay envoyé devers le sieur mareschal de Montluc ({avoir s'il me vouloit bailler deniers pour l'entretenement de chevaux -légers. Lequel dict
sieur mareschal est allé assiéger leetaasteaa de Madelhian , près Âgen , qui est à M. Tadmi rai; et à ce matin j'ay eu advertissement de deux divers lieux , que Langoyran est sorty de Bergerac avecques toutes ses forces pour s'aller joindre avecques les vicomtes de Gourdon et Lavedan et le sieur d'Oros, qui s'assemblent pour essayer de lever le siège de Madelhian. Ledict sieur mareschal , ayant scen cela , a Faict retirer son artillerie à Agen, et a laissé les gens de pied devant ledict Madelhian qui sont à h sape, et a prins le demeurant de ses forces, et s'en va trouver lesdicts ennemys, pour les combattre s'il peut.
Quant au faict d'Aubeterre, j'espère sçavoir la vérité du tout bientost, et ne ftiuldray de le vous Faire entendre : et pour le regard du fils aisné dudict d'Aubeterre , il a demeuré avecques moy toutes ces guerres , et porté les armes pour vosire service , délibérant rhabiller les Fautes que son père a fiiictes par le moyen du service qu'il vous Faira, comme je i'ay mandé au Feu roy, vostre frère , et l'avois prié de le prendre à son service; ce qu'il m'accorda. Je vous en fis pareille requeste et supplication par une lettre que je vous ay envoyée despuis vostre retour et advenement ; et derescheF je supplie très-humblement Vostre Majesté de le recevoir ; et serait une grande charité de re* mettre sa maison en son entier, qui est une des meilleures maisons de vostre duché d'Angoolesme.
Et quant à ce que me mandez qu'avez commandé au lieutenant de Poictou de communiquer de sa négociation , et de m'apporter des lettres de vous, je n'ay ouy encor aucunes nouvelles de luy, si-non qu'on dît qu'il est avecques M. de Montpencier. Le doyen de Poîctîers est de retour, lequel m'a discouru bien amplementde tout. Incontinent que j'auray sceu des nouvelles dudict lieutenant , je ne fouldray de Faire ce qui se présentera pour vostre service de par deçà fort fidellement.
J'ay entendu que mondict sieorde Montpencier s'en va à vostre sacre. Mais il me semble, sire-, que vous lui debviez manderde suivre sa fortune avecques ses Forces , et venir en ce pays ; vous asseurant que s'il fust venu incontinent à Lusignan , se planter à Cognac ou I Angoulcsme, il eust fort estonné vos conc*
D'ANDKE DE BOURDEILLE.
mys, caria présence de luyseul vaat plus qae dh mille hommes, par la créance que vos bons serviteurs ont en luy , cognoissans la fidélité qu'il a à vostre couronne. Par quoy je vous supplieray très-humblement , sire , de nous le renvoyer le plustost que pourrez, et Ferez beaucoup pour le bien de vostre service , et pour vostre duché de Guyenne, que je vois bien brouillé. Et me semble que ne sçauriez mieux faire que de l'envoyer pour commander et obvier aux jalousies de tant de petits lieutenans de roy, et tant de grands seigneurs de ce pays , qui ne feront point difficulté de luy obeyr. Autrement vous serez tousjours à recommancer.
Je vous ay mandé par mon frère de Branthoroe de quelle conséquence est la ville de Ber« gerac. Je vous prie y penser, et mettre ordre en cela de bonne heure, et autres choses qui touchent vostre estât. J'avois envoyé devers messieurs les comte de Veutadour et viscomte de Thurenne, pour sçavoir de leurs nouvelles. Ledict sieur comte me manda que, venant à Brive, ledict sieur viscomte envoya devers luy le prier qu'ils partissent ensemble, comme ils ont faict, et que ledict viscomte luy avoit dict que le bruict qu'on avolt faict courir de luy estoit faux , d'autant que jamais il n'avoi/ eu volonté d'estre autre que vostre très-humble et fidelle subject; et m'en a escrit autant.
Quant à vos pays de Xainctonge et de Angoulmois, on ne bouge rien encor, ny eu ce pays. Le sieur Beauregard fait ce qu'il peut pour rompre les desseins des ennemys en ce pays. Vous ferez bien de luy escrire, et aux autres seigneurs de ce pays qui vous sont bons serviteurs, de ne bouger du pays, afin que Ton y soit plul fort si les ennemys vouloient y entreprendre quelque chose.
Voyià tout ce que je vous puis mander pour le présent. Sur ce je prieray le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité très -longue et très-heureuse vie.
De Perigueux , ce 9 février, 1676.
Lettre du seigneur de Bourdeiiie au roy
Henry IIL
Envoyée par le sieur de Perigord, le 10 de février 1575.
SiRE)
Je vous fis hier matin une depesche par laquelle je vous finis entendre toutes les affaires qui se presenloient en ce pays. Mais, despuis, j'ay entendu que Langoyran , avecques le viscomte de Gourdon, le baron d*Oros,Savailhan, Vivans , et plusieurs autres et leurs forces , sont revenus de lever le siège de M. le mareschal de Montluc de devant Madelhian , d'autant qu'ils esloient beaucoup plus forts que luy ; et sont i Bei^erac, et leurs trouppes logées deçà la rivière de Dordoigne, autour dudict Bergerac; ayant un canon et quelques petites pièces de campaigne, que ledict Langoyran a faict faire en ladicte ville de Bergerac; et avecques cela veulent tenir la campaigne et attaquer quelques petits cbasteaux d'icy autour, comme ils en font courir le bruit. Pour à quoy obvier j'assemble tous mes amysde la noblesse dece pays, lesquels j'ay mandé de me venir trouver icy. J'ay aussy escrit aux sieurs de La Vauguyon et des Gars , et les prie de me amener tous leurs amys, mesmes ledict sieur des Cars qui a sa compaignie toute preste. Quant aux forces ordinaires de ce pays , je n'ay que les six cens hommes ordonnés pour la garde des places fortes d'ycelluy, lesquels ne suffisent encor assez pour les garder, pour autant qu'il y a beaucoup de places et de grande importance. Quant au reste, je n'ay que cinquante chevaux tels quels, desquels j'ay donné la charge au sieur de Pallyé, qui est frère du sieor Aluer , encor ne s^y-je s'ils seront payés.
Quant à moy, je vous supplie très-humblement, sire, vousasseurer que je n'espargneray ny vie ny bien pour faire cognoistre le désir que j'ay à vostre service. Mais, si vous n'envoyez M. de Montpencier incontinent de par deçà , ce pauvre pays de Guyenne aura bien des affaires ; car les ennemys y font de grandes menées^ et le temps s'approche auquel ils se veulent eslever tout à un coup.
|S6 LETTRES
On dit que vous faites force commanderies à vostre sacre pour récompenser vos serviteurs. Vous sçavez , sire , que de long*temps je suis du nombre, et fort fidèle, et despuis que vous m'avez tousjours fiiict cest honneur que de m'ajrmer. Ace coup, (àites-moy cognoistre que les services que je vous ay faicts vous .sont agréables , vous asseurant que cela et mes autres moyens sont desdiés à vostre service. Il vous plair^ f^voir souvenance de c^ui de Rastigniac ; pour lesquels je vous ay escrit cydevant.
Le sieur de Perigord s*enva par delà, lequel vous dira bien amplement et fidellement tout» choses; car il a tousjours esté fort fidèle servU leur à vosUre couronne, ie vous ay plusieurs fois mandé pomment le sieur Puymartin , qui (Bommand^ en mon absence en Sarladois, hit fort bien son devoir ^ et vous responds que e'est un fort homme de bien et d'honneur n'ayant chose en ce monde tant en recomman-» dation que le bieu de vostre service.
En faisant ceste lettre, j'ay esté adveriy que La Noue se veut joindre avecques ledict Langoyran. S'il est aiosy, je croy qn'en brief ceux que sçavez se esleveront s'ils en ont envie » parce que j'ay esté adveriy qu'ils ont un rendez-vous duquel le jour s'approche. Si eest orage Ik tombe en ce pays, je n'ay puissance ny moyen pour le soustenir, parce que mondict sieur de Montpencier a envoyé toutes ses forces au sieur de Ruffec , lequel j'ay adverty de tout cecy. Je ne sçay s'il m'en despartira. Vous sçavez que les gouverneurs des provinces ne se veuleqt desfournir de leurs forces, cralgnans que l'orage advienne sur eux. J'ay mandé à M. le marescbal de Montluc de m'envoyer delà cavallerie; mais je pense qu'il ne m'en envoyra ppjnt , parce que les ennemys sout plus forts que luy. Je vous ay mandé plusieurs fois que je n'ay point de forces pour leur r^ister ; et il y a un an entier que je suis en pesti; facoii icy, et toutijours à mes despcns. S*il vient quelque inconvénient au pays, je vous prie ne vous en prendre à œoy , car, pour mon regard, je ne m'y espargneray en façon quelix>nque. Je vous supplie encor un coup y penser, et sur-tout nous envoyer M. de Montpencier fit par deçà , iiqtremeiit vos ailWres s'y porteront fort mal.
Sur ce je feray fin , priant Dieu , sift , qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toms prospérité très-longue et l)eureuse vie.
De P^rigueu][ , ce 10 de fovrier . W&,
Leiire du seigneur de BourdeiUe à ta repu
mère.
Envoyée par le i|(;ur 4ç Perlgon). I( 11 de fCTricr 1575.
S*en allant le sieur de Perigord de par d^là, je n'ay voulu faillir d'escrire au roy bien amplement des affaires qui se passent en ce pays. Ledict sieur de Perigord vous en discourra fidellement , et le pourrez ainsy entendre par la lettre que j'escris à Sa Majesté.
Je vous supplieray très-humblement, madame , avoir souvenance des sieurs de Rastigniac , lesquels ont tousjours esté fidèles serviteurs à Vos Majestés. J'ay entendu qae le roy fait force commanderies pour récompenser ses serviteurs: vous sçavez qu'il y a long- temps que je suis du nombre et des plus fidèles. Par quoy je vous supplie très-humblement, madame , estre mon advocate envers Sa Majesté , afin que je ne demeure oublyé. Mais si Sadicte Majesté m'en vouloit croire, il ne feiroit encor lesdictes commanderies; car il en mescontentera deux mille pour en contenter deux ou trois cens , et sans cela il y en a assez de mal contens , et ne sçay pourquoy.
Sur ce je prieray le Créateur, madame, qu'il maintiengne Vostre Grandeur en toute prospérité très-longue et très-heureuse vie.
De Perigueux, ce U de février 1676.
LeUre eu roy Henry iU au seigneur de
Bourdeilh.
Monsieur de BourdeiUe, vous entendrez pal le sieur de La Haye la résolution que j'ay prise pour fticiliter la paix , ayant advisé d'cavoyer devers mon cousin le duc de Montpencier le sieur de Mondreville , pour luy faire entendre mon intention.
D'ANDRE DE BOURDEILLE
Qiiant au nedccio Umoureox duquel m'avez etorit, j'ay mandé au sieur de La Chapelle .iOgieres de le faire délivrer s'il a esté pris poureschange de l'abbé de MontiemeuF. Et, pour le regard du sieur de Bruzelles , j'ay or^ donné qu'il sera remis entre les mains de mon cousin le mareschal de Ifaintluc pour en estre faict ce que de raison , n'entendant qu'il soit contrevenu à mes déclarations. Je prie Dieu , M. de Bourdeille , vous avoir en sa garde. Escpit à Avignon , le 7 de janvier 1575.
Hbrrt.
Et plus bas^ v^ Nbdfviixb»
leiite de k^ tty^û mère au teigtèew de
Bouêd^iHe.
Escritt le t6 de janvier 1576.
Monsieur de Bourdeille, pour response à vostre dernière depesche, le roy, M. mon fils, se remet en partie sur ce qu'il vous a mandé par ses précédentes, espérant que les aurez receues présentement; et parcelle qu'il vous escrit de présent il vous fait si amplement entendre son intention, que je ne vous en feray redicte. Seulement vous prieray d'embrasser tousjours tout ce qui sera de son service , et 4c la charge qu'il vous a donnée, selon qu'avez accoustumé, et qu'il se promet de vostre affection. Pryant Dieu , monsieur de Bourdeille , vous avoir en sa garde.
Escrit à Rouen , le 16 de janvier 1575,
Catherine.
Et plus bas , DE Neufville.
cm.
leiire du mr Mentjr JIJ au seigneur de
BowdeiUe.
Eicrite le 12 de février 1576.
Monsieur de Bourdeille , outre le contenu en vostre lettre du quinaiesme du passé , j'ay veu bien particulièrement , par le mémoire qui Taccompagooity combien vous vous rendez curieux observateur des actions de vos voisins, qui ne vous peut partir que de l'abondance du cœur et affection que vous desirez au bien de mes affaires et aervioe» ee dont il me demeure
un singulier eontentement, et la volunté de vous le tesmoigncr, s'offrant l'occasion.
Ayant pourveu aux advis que vous me donnez, par les moyens qui m'ont paru plus propres, et avecques lesquels je vous prieray y avoir tousjours tacitement et couvertement Toeil , afin que si les choses prenoient de ce costé succès contraire , vous m y puissiez , avecques mes autres l)ons subjects et serviteurs de là, rendre le service que j'en attends, regardant bien neantmoins de ne rien aigrir , ains y procéder dextrement , ainsy que vous cognoi&sez le faict et matière le désirer.
Au demeurant, je ne pense point avoir revo* que ma volonté, et la disposition que vous me mandez avoir faicle de l'abbaye de La Chastre en faveur du sieur de Bastigniac, ains suis en volunté de le recognoisire plus avant , quand la commodité le permettra : m'asseurant aussy qu'il ne se degoustera de me continuer le service qu'il m'a cy-devant faict, ains que de bien en mieux il y voudra persister; à quoy je vous prie le conforter , et faire rendre la lettre que je luy escris à ceste fin. Pryant sur ce le Créateur, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Escrit à Rheims, le 12 de février 1675.
Heurt.
Ei plus bas, FizES.
Lettre du seigneur de Bourdeille au roy
Henry IlL
Envoyée par Thomme de M. de Gri^Diols, le 8 de luars 1575.
SiSUB,
J'ay receu la lettre qu'il a pieu à Vostre Majesté m^escrire le douziesme du passé, et suivant ycelle ne fauldray d'obeyr à vos cornmandemens, et avoir l'œil en tout ce qui concernera vostre service.
Je n'ay failly d'envoyer incontinent au sieur de Bastigniac les lettres que luy escrivez , qui est en sa maison, m ayant asseuré que son principal désir est de se continuer en voslne service , et pense qu'il s'y employera pour l'ad* venir de meilleur cœur que jamais , voyant 1i bonne volunté qu'avez de luy faire du bien.
LETTRES
Quant à eeux qne «cayez, ik ne disent mot. Tout aus5y tost que j*ay entendu qne le sieur de RufFec venoit du costé de Bourdelois avecques des forces, je me suis acheminé jusqu*à Rocbe-Gbalays , qui est hors mon gouvernement , pour aller à luy et luy ofFrir tous mes moyens pour le secours de Farmée, Tayant asseuré que tous ceux de mon gouvernement s'efforceroient de tout ce qu'il leur seroit possible pour luy ayder ; et le trouvis en delibe* ration d'aller assiéger Gastiilon , d'autant que messieurs deBourdeaux luy avoient promis munitions et toutres autres choses requises pour ce faire, veu que ledict Gastiilon est de grande importance à ladicte ville de Bourdeaux et à tout le pays. Si est-ce que je pense qu'il se fera battre.
Ayant quitté ledict sieur de RufFec , je m'en revins A Monpaon , qui est un passage sur la rivière de Lisîe, sur le bord de mon gouvernement , pour attendre là que l'armée eust passé la rivière de Lisie pour aller audict Gastiilon. Mais ledict sieur de RufFec me manda qu'il avoit eu advertissement comment La Noue estoit sorty des Pons et s'en allolt passer en Poictou pour assembler tant de forces qu'il pourroit , afin de se venir joindre à Langojrran. Qu'a esté cause que je m'en suis venu en ce lieu , pour advrrtir les sieurs de La Vauguyon , des Gars et de Vantadour, comme estans des principaux de tout ce pays; et les ay prié d'assembler le plus de leurs amys qu'ils pourront, et de se tenir prests pour marcher, si de Fortune ledict de La Noue s'acheroinott en ce pays, afin de l'empescher de se joindre avecques ledict Langoyran.
Quant au sieur mareschal de Montluc , il m'a mandé, sont huict ou dix jours passés, qu'il faisoit assembler à Moussac, au quatriesme jour de ce mois, les seneschaux de Rouergue , Quercy, Âgenois, Perigord et autres pays, pour arregarder les moyens qu'ils peuvent porter pour soudoyer une petite armée qu'il veut dresser, afin de prendre les forts que les ennemys tiennent dans ledict pays. Et me prioit de y aller; ce que je n'ay pu foire, parce que Langoyran, avecques quelques forces, estoit en campaigne: et, d'autre part, j'attendois ' la respoose du lieutenant de Poictou , selon que m'aviez commandé.
J'ay mandé au sieur mareschal la volunté dudict sieur de Ruffec , lequel luy escrit aossy de sa part, et le prie de venir de par deçà. Je ne sçay qu'il fera. Je vous ay escrit plusieurs fois comme il est très-necessaire , pour le bien de vosire service, d'envoyer le seigneur de Montpencier en ce pays , avecques esquipage d'artillerie et munitions nécessaires , pour mettre ce que les ennemys y tiennent en l'obeyssance de Vostre Majesté: vous asseurant, sire, que jamais l'occasion ne se présentera plus propre pour cest effoct que à ceste heure ; car il y a fbrce seigneurs et gentilshommes en ce pays qui accompaigneront ledict seigneur de Montpencier plustosl que d'autres.
Il n'y a autres affaires qui se présentent de par deçà , si n'est que le seigneur de Grigniols m'est venu dire que ledict sieur de Ruffec a mis garnison en sa maison de Ghalays : ce que je trouve bien estrange, veu que ledict sieur de Grigniols n^a jamais porté les armes contre Vostre Majesté : et y a deux ou trois mois qu'il vint en ceste ville faire le serment de vivre ou mourir pour vostre service, et d'ensuivre vos edicts et commandemens, s'estant retiré avecques toute sa famille en une sienne maison qui est en ce pays de Perigord , et y mené la vie la plus paisible qu'il est possible. U m'a supplié très-humblement vous requérir de luy faire rendre sadîcte maison de Ghalays, dequoyje vous fais très-humble requeste.
Sur ce je prieray le Greateur, sîre, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.
De Perigueux, le 8 mars 167(
Leitre du seigneur de BourdeiUe au oj
Henry HL
Eacritelel2deiiianl575.
Sire,
Je vous fis une depesche le huictiesme de ce mois, par laquelle je vous faisois entendre les afl^ires qui se presentoient en ce pays , et comme le seigneur de Ruffec estoit venu du oosté de Bourdelois pour aller assiéger Gastiilon. Mais despuis il a mandé qu'il s'en retoorneroit en Xainctonge pour lever le siège que La Noue i
D'ANDRÉ DE BOURDEILLE
mis devant Mornac. InoontiBeat qu'il a esté liors de ce pays , Langoy ran et Monguyon ont repassé la Dordoigne pour venir en çà avecques leurs forces, qu'on estime k deux mille hommes, lant de cheval que de pied , et veulent attaquer quelques chasteaux qui sont entre icy et Bergerac ; ce que je ne peux empêcher , veu que le peu de forces que j'ay, et priocipallement de cavailerie , n'ayant que cinquante chevaux-légers mal montés et equippés : et y a trois mois que je les ay enlretenus le mieux que j'ay pu , en attendant que M. le mareschal de Motuluc me donnast moyen de leur payer une monstre sur les deniers des tailles que vous luy avez ordonné pour subvenir aux besoings, comme je luy ay escrit, et n'en ay eu encor de response. Je seray contraint de leur bailler congé, car ils m'ont dict résolument que s'ils n'ont de l'argent ils se retireront.
J'ay demandé audict seigneur mareschal une compaignie de gens^d'armes , et en lieu de cgla il m'a envoyé quatre enseignes de gens de pied , qui n'ont esté payés il y a six mois : et y a un mois qu'ils sont en ce pays, mangeant le pauvre peuple sans y servir de rien; tellement que je suis contraint de les renvoyer , voyant que le pauvre peuple est si ruyné qu'il n'en peut plus.
J'av entendu que le comte de Marlinengue s'en vient en ce pays avecques quinze ou vingt enseignes de gens de pied , et qu'il est desjà à SaJDCt-Leonard, près Limoges. C'est assez pour achever de ruyner ce pauvre pays, comme on en a faict de mesmes en Xainctooge, saus mettre rien à effect pour le bien de vostre service : et crains bien que vous aurez assez d'afFaires en to;iie la Guyenne, si vous n*y mettez ordre, pour beaucoup de menées qui s'y brassent , et pour faute d'envoyer un grand pour commander eu ce pays. Mais , pour le plus expédient , je vous supplieray très - humblement , sire, de faire la paix , et avoir pitié de vostre pauvre peuple, qui est au desespoir. On fait courir le bruit que M. le mareschal Damville s'en vient à Montauban. Voylà toutes les affaires qui se présentent pour ceste heure en ce pays.
Quant aux miennes particulières, je supplie très-humblement Vos Majestés ne trouver point mauvais si je vous en parle ; car la nécessité m'y contraint , d'autant qu'il y a un an entier que je suis icy en gi*ands fraix et mises, sans
avoir estât ny demy, ayant despendu tout ce que j'ay pu trouver sur mon bien , tant pour les assemblées que j'ay Faict plusieurs fois de la noblesse de ce pays, que pour les voyages que j'ay dressés devers Vos Majestés. Il y a un office de lieutenant particulier de ceste ville qui s'en va vacquant. Il vous plaira me le donner en payement des frais que j'ay faicts. Je pense bien qu'il y en a qui le vous ont demandé pour don gratuit. Quant à moy, je ne le veux pas en ceste façon, si-non en recompense de ce que j'ay despendu icy pour vostre service , s'il vous plaist de mêle donner. Ce sera tousjours augmenter le bon vouloir que j'ay de despendre le reste du mien pour vous faire très-humble service , que je feray d'aussy bon cœur que je prie le Créateur, sire, qu*il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.
De Perigueux, ce 12 mars 1676.
Letlre du seigneur de Bourdeille à la rtyne
mère*
Madame
Vous voyrez par la lettre que j'escris au roy en quel estât sont les affaires de par deçà pour son service , qui est la cause que je ne vous feray plus long discours.
Vous sçaurez, madame, qu'il y a plus d'un an que je suis en ceste ville à mes despens, et que j'ay mis beaucoup d'argent extraordinairement , tant pour les assemblées que j'ay souvent faictes de la noblesse de ce pays , que pour autres affaires concernant le service de Vos Majestés , comment je vous feray plus clairement entendre quand j'auray cest honneur d'estre auprès de vous.
Cependant je vous advertis qu'il y a un ofHoe de lieutenant particulier de ceste ville, qui s'en va vacquant par la mort de Merle : vous suppliant très-humblement, madame, de me le faire donner en recompense des frais et mises extraordinaires que j'ay faicts pour le service de Vos Majestés. Et s'il vous plaist de me le faire donner, il sera tousjours desdié avecques le reste de tous mes moyens pour estre employé A vous faire très-humble service. Je crains bien
LETTRES
:|if il y en ait d'autres qui le sont allés deman- Jer, mais je m'asseurequcje Fauray^i vous vou- Irt; et je ne le demande point pour don gratuit. Sur ce je prie le Créateur, madame, vous maintenir Vostre Grandeur en bonne prospérité, irés-longue et heureuse vie.
De Perîgueuz, ce 12 mars 1676.
Lettre du seigneur de Bourdeiile au roy
Henry IIL
Envoyée par La Beylie , le 22 de mars 1575.
SlRE,
Toutes Fois et quautes les occasiom se présentent pour vous faire entendre les affaires qui se passent de par deçà concernant vostre service, je ne veux Faillir de vous en advertir, mesmes par ce présent porteur, lequel j'envoye par devers Vos Majestés en diligence , pour vous Faire sçavoir comment Langoyran , Monguyon Vivans etOros, sont assemblés avecques le plus de forces qu'ils ont pu, et ont passé la rivière de Dordoigne , et leur rendez- vous est aujourd^buy àSaligntac, là où se doivent trouver plusieurs gentilshommes de Limosin et autres pays, et de bieu grands, comme vous sçavez; et font estât d'estre tous ensemble quatre mille hommes, tant de cheval que de pied , dont il y en aura de cinq à six bons chevaui; et font bruit d'aller combattre le comte Martinengue, qui a sept ou huict cens harquebusiers, et sont à deux lieues l'un de l'autre , tellement qu'il a esté contraint de se retirer à Tabbaye de Terusson, qui a un passage sur la Vezere en mon gouvernement, incontinent , j'ay envoyé un gentilhomme devers luy pour luy offrir tous mes moyens.
Quant aux forces, sire, vous sçavez que je n*en ay point. Toutesfois , j'ay envoyé devers messieurs de La YauguyoD , des Gars etdeRuF- Fec , et les prie de amasser leurs forces, et de nous joindre afin d'obvier aux desseins des ennemys. Si est ce que je crains bien , avant que nous soyons assemblés , qu*il advienne quelque desastre audict comte Martinengue. Mais si vous eussiez bien considéré mes advertissemens, ce paurre pays ne seroit pas reduict en l'extrémité que je voys ; vous asseoraDt qu'il est très-néces-
saire que vous y mettiez ordre en brief, et de nous envoyer M. de Montpencier, ou quelque autre prince pour nous commander, n'y voyant remède plus commode pour le bien de vostre service ; car il trouvera force noblesse qui ne désirera autre chose qu'estre employée pour vostre service, lesquels se voyans exposés en si grands dangers , et sans aucuns secours, se refiroidiront et conviendront avecques les ennemys , qui ue peut estre que au grand préjudice de vostredict Estât. Et après avoir donné une venue aux trouppes dudict Martinengue, ilss^en vont trouver le mareschal Damville ; et me semble qu'ils veulent faire de deux choses Tune : c'est quV près avoir assemblé toutes leurs forces ils veulent attaquer quelque place eu ce pays, ou bien s'en aller trouver leurs reistres , car ils s'as^eorent d'en ayoir.
Sire, ladicte commission qu'il vous a pteo m'envoyer pour la solde des six cens hommes establis pour la garnison de ce t^^ys pour le temps et espace de quatre mois, qui expirent à la fin du mois d'avril prochain , il vous plaira de renouveller, ou bien me donner autre moyen sur les deniers qu'on levé en ceste ville; car je vous asseure que le pauvre peuple n'en peut plus; et me trouve bien euipesché quand ce vient à payer lesdictes garnisons. J'avois levé cinquante chevaut-legers qui estoient trèsnécessaires pour la garde du pays, et vous ay souvent mandé de me donner moyen de les entretenir. Sur quoy il vous a pieu me commander de m*adresser au seigneur mareschal de Montluc, parce que luy avez dodné les deniers des tailles de ce pays pour subvenir aux affaires de la guerre : ce que j'ay Faict; mais il ne m'a iaict aucune respon^e. Mais, en lieu de cela, il m'a envoyé quatre enseignes de gens de pied, qui ont demeuré en ce pays six ou sept semaines : tellement que j'ay esté contrainet de les congédier pour n'avoir moyen de les entretenir, et aussy les chevaux-Iegers.'
Lèdict sieur mareschal a envoyé tin contre rolleur des guerres devers Vostre Majesté pour vous iîairë entendre bien amplement sa déclaration, li vous plaira considérer en quelle extrésmité je suis de par deçà , comme j'ay esté il y a un an. fit si de fortune il vient quelque accident en ce pays, je vous supplie très-humblement » sire , ne penser aue ce ffi^
D'ANDRÉ DE BOURDEILLE
en ma faute; car de moy je n'espargneray vie ny biens ^our vous faire cogaoislre le zelle que j*ay à vostre service.
IncoDtinent que j'ay esté adverti des assemblées des ennemys , j'ay adverti MM. de La Vauguyon , des Cars et de Ruf fcc , et les ay prié de nous joindre ensemble , afin de secourir ledict seigneur comte de Martinengue de tout ce qu'il nous sera possible. Et m'asseure tant d'eux , qu'ils n'espargneront rien en ceste affaire.
Sire, je vous ay cy-debvant adverty de la mort du feu lieutenant particulier en ce siège, après laquelle je fis assembler des gens du roy et prestdiaux de ceste villCf ensemble les maire et consuls d'ycelle , et pour la pluspart des voix en y eut trois entre autres nommés , comme est contenu par le procès verbal là dessus faict, que j'ay envoyé à M. vostre cbanceilier , luy donnant par mesme moyen advertissement , comme je fais à Vostre Majesté , combien maistre Guillaume Gravier, advocat ancien andict siège presidial, sont plus de vingt ans, avecques grand honneur et réputation, n*ayt esté nommé par si grand nombre que les autres; toulesfbis, pour sa preudhommie et valeur, je vous responds, sire, que je n'en cognois et sçache un seul plus capable et suffisant pour vous faire service en ceste charge. 11 est fort homme de bien et affeciionné à vostre service, auquel je Tay employé ordinairement. Je vous supplie doncques qu il soit préféré à tout autre, vous asseuraiit de tout ce que je puis de sadicle valeur et intégrité. M. de Neufvie , et auures gentilshommes de ce pays , de vostre suite, vous en rendront certain et pareil tesmoignage.
Le seigneur de La Vauguyoo voté envoyé le seigneur de La Roudaraye me dire qu'il s'en vient , avecques toutes les forces qu'il peut , me trouver; vous asaeurant, sire, qu'il n'est point paresseux à monter à cheval quand quelqu'un hiy mande pour vostre service : et si AL de Ruffee vient, ou vous envoyé de ses forces, vous oyerei dire^ avant qu'il soit longtemps, l|ne nous nous serons bien battus. J'ay pareiUement adverty le seigneur comte de Vantadour, lequel m'a mandé qu'il employera tontes ses forces et moyens pour obvier aux desaeins des ennemys , et que s'il est besoin il
se viendra joindre fl nous. A ce que je puis veoyr et ouyr dire , il a bonne volunté à vosire service; vous asseurant, sire, que les principaux seigneurs de ce pays , tant deçà que delà la Dordoigne, sont fort affectionnés à vostre service, pour lequel il vous plaira me commander, et serez obey d'aussy bon cœur que je prie le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir Vosire Grandeur en toute prospérité , très-longue et très-heureuse vie.
DePerigueux, le 22 màt'S 1676.
cvin.
Lellre du seigneur de Bourdeiiie à la reyne
mère.
Escrite le 22 de mars 1575.
Madame ,
J'envoye ce gentilhomme présent porteur devers Vos Majestés, pour vous faire eutendre les affaires de ce pays, qui vont fort mal, comme vous pourrez veoyr par la leltre que j'escris à Sadicle Majesté; et si n'y mettez ordre de bonne heure, je vois ce pays icy en danger d'estre perdu. Il y a long-temps, madame, que j'sy prétendu tout cecy, vous en ayant adverty sonventes fois , tant du vitant du feu roy que de cestoy-cy. A ceste cause, je vous supplie très-humblement y mettre quelque bon remède. Quant à moy, je ne puis obvier aux desseins des emmemys, veu le peu de forces et moyens que j'ay, ayant demeuré icy un an sans aucune ayde que de mes amys et de mon bien; à quoy je ne puis plus fournir.
Je vous ay cy-devant adverty de la mort du lieutenant de ceste ville. Si vous mettez son estât en finance, je vous supplieray très-humblement en faire pourveoir Guillaume Gravier, qui est advocat en ceste ville il y a vingt ans, homme dé bien et d'honneur, et d'an grand sçavotr, me servant orditiairétnent de sou conseil pour le service de Vos Majestés : vous asseurant ^ madame, que s'il n'estdit point tel Je ne tous le manderois pas.
Vous adviserez ce qu'il vous plaira me commander pour vostre service , et serez obeye de poiuct en poinct fott fldellenient. Sur ce je prieray le Créateur, madame, vous maintenir
Vostre Grandeur en bonne prospérité, très-longue et heureuse.
De Perigueux, ce 22 mars 1675.
LeUre du seigneur de BourdeUie au duc
d'Alançon.
Escrile le 22 de mars 1575.
Monseigneur
Envoyant le gentilhoaime présent porieur, que bien cognoissez , devers le roy, pour des afFaires qui se présentent en ce pays pour son service , comme vous pourrez veoyr par la lettre que j'escris à Sa Majesté, et comme aussy cedict porteur vous dira, pour la suffisance duquel je ne vous feray plus lung discours, sinon que si vous m'eussiez tant aymé comme je vous ayme et honnore, et que mon service vous eust esté agréable auprès de vostre personne , il y a long- temps que vous eussiez pu trouver moyen d'obtenir mon congé, vous asseurant monseigneur, que n'aurez jamais un plus fidelle et affectionné serviteur que moy, ny qui de meilleur cœur sacrifia sa vie pour vostre service. Et, en attendant que je vous le fasse cognoistre par effect quaud j'auray cest honneur d'eslre commandé de vous, je vous supplieray très-bublement de le croire et vous en asseurer. Sur ce je prieray le Créateur , monseigneur, maintenir Vosire Grandeur en bonne prospérité, très-longue et heureuse vie.
De Perigueux, ce 22 mars 1676.
ex.
LeUre du rùy Henry III au seigneur de
BourdeUie.
Eicrite le 7 de mars 1575
Monsieur de Bourdeille,j'ay entendu, tant par les deux lettres que vous m avez escrites des 9 et 11 du passé , que par ce que le sieur de Perigord m'a rapporté de vostre part, tous les advertissemens que vous me donnez, et es desseins et délibérations des rebelles, et dt doubte auquel vous estes que La Noue ne se veuille joindre aveoques Langoyran et autres
qui sont en Perigord , craignant qu'estans tous ensemble , ils ne voullissent surprendre quelque place d'importance de mon pays de delà, comme il est bien aysé et facile à présumer , s'il ne leur estoit par vous, et ceux qui ont pareille volunté, donné empeschement. Mais je m*asseuretant de vostre fidélité et vigillance, avecques le zelle duquel je sçay que tous les gentilshommes de vos quartiers sont poussés en ce qui regarde mon service , que vous assisterez les sieurs de 1^ Vauguyon et des Gars, et encor, quand serait besoing, des compaignies que le sieur de Ruffec a auprès de luy, qu'il ne feut aucunement craindre lesdicts ennemys, lesquels, sentans telles forces près d'eux, ils se garderont bien d'en approcher. Toutesfois, vous sça vez qo*en ce temps icy il est plus de besoing que jamais de se tenir sur ses gardes. A quoy je sçay que vous sçavez très-bien pourveoir, et que vous aurez telle et parfaicte intelligence avecques tous ceux que vous sçaurez mVstre affectionnés, que vous en serez secouru et aydé lorsqu'il en seroit de besoing, et tell^ ment secondé qu'il n'en adviendra aucun inconvénient.
J'ay trouvé bon que vous ayez retenu auprès de vous le fils du sieur d'Aubeterre, et du tes moignage que vous me rendez de son affection à mon service , lequel je suis d'advis que vous mainteniez en ceste dévotion , et Tasseurer , se présentant Toccasion, j'adviseray de faire pour luy et recognoistray ses services selon que je verray le mériter; comme ensemble j'ay contentement du bon devoir que lient le sieur de Beauregard pour empescher et rompre formellement les desseins de ces rebelles et s*opposfr à toutes leurs malicieuses entreprinses, auquel j'escris présentement afin de le faire continuer, et luy augmenter ceste bonne volunté qu'il a au bien de mes affaires et service.
Et pour vostre particulier vous vous poam asseurer que j'auray telle souvenance de vos services et les vous recognoistray si k propos et de façon, que vous jugerez que j'ay un singulier désir de vous recompenser particuliereoient, pour sçavoir de longue main combieD vostre fidélité mérite. Et à tant je prieray le Créateur, monsieur de BourdetUe, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.
Escrit à Paris le 7 mars 1675.
D'ANDRE DE BOURDEILLE
Monsieur de Bourdeîlle, despuis la présente, f ay receu la vostre du 25 janvier dernier , que vous m'escripvistes en feveur des maire et consuls de ma ville de Perigueux, pour lesquels je Feray tout ce qu'il me sera possible pour les gratifier en leur requeste, en suivant mesme la pjiere que vous me faites particulièrement pour eux. Herkt.
Et plus bas : Fizes.
Lettre du seigneur de Bourdeiite tm rojr
Heniy JIL
Envoyée par le sieur BourBeroy , le Si de mars 1575.
et vous mandis par ma dernière depesche rassemblée que faisolt leviscomtedeThurenne, et comment j'avois mandé les sieurs de La Vauguyon, des Gars et Pompadour pour assembler le plusd'amys qu'ils pourroient afin d'empescher les desseins des ennemys , et nous devons nous assembler en ceste ville le jour de Pasques prochain. Ledict viscomtedeThurenne a avecques luy Langoyran, Monguyon, Ghouppes , Bonneval , Granpré , et leurs forces , qui peuvent estre de trois cens bons chevaux et quinze cens hommes de pied, lesquels pensoient desfaire le comte de Martinengue, qui a passé en ce pays pour aller trouver le sieur de Joyeuse en Languedoc par vostre commandement : mais il se retira à Terrasson ; et voyant qu'il n'y cstoit pas bien asseuré, je le fis venir à Montîgnac en attendant que nos forces fussent assemblées. Et quand ledict comte a veu que nous demeurions si long-temps à nous assembler ( ce qui ne se peut faire sans longueur, pour ce que la pluspart des gentilshommes sont de loing ) , il s'est hasardé de parachever son voyage ; et les ennemys ont roulé quatre ou cinq jours icy autour, voulant temporiser en ce pays pour vivre seulement et ramasser leurs amys et confédérés, et font estât de fiiire, dans le douziesme de ce mois , une armée de quinze ou dix-httict cens chevaux et sept ou huict mille harquebusiers, parce que le viscomte de Gourdon, La Noue, Seviguar, Vivans et autres, se veulent joindre à eux, qui les renforceront de beaucoup : et suis adverty qu'ils ont entre- |
BaAMTOVI. U.
prinse sur les villes et forteresses de ce pays , et taschent à surprendre quelque chose s'ils peuvent; mais, voyant que vos forcés s'approchent, ils se sont retirés devers Bergerac , r% passent delà la Dordoigne pour s'assembler.
Quant au sieur mareschal de Montluc, je l'ay adverty de tout par deux fois , et Fsy supplié de se mettre encampaigne; mais il m'a faict response qu'il n'a point de cavallerie , ayant esté contraint de les congédier , parce qu'il y a deux ans qu'ils n*out receu un seul denier. Je iuy ay encor faict une autre recharge, par laquelle je luy ay mandé comment lesdicts sieurs de La Vauguyon, des Gars, de Pompadour, et moy, avions délibéré de nous joindre, et que s'il vouloit venir il trouveroit en nous toute obeyssance et servitude. J'en ay autant mandé au sieur de Biron, lequel m'a escrit qu'il fait acheminer sa compaigniepour nous venir trouver, et qu'il est nécessaire que tous vos bons serviteurs s'assemblent pour s'opposer aux desseins des ennemys; vous asseurant qu'ils ont de grandes entreprinses. Par quoy je vous supplieray très-humblement, sire, d'y vouloir penser; car je crains bien qu'il nous advienne de grandes affaires, si en brief Vostre Majesté n'y met remède : m'asseurant qu'il y a beaucoup de gens en vostre pays de Guyenne qui callent voyle, voyant le peu de cas que vous iàites de vostre Guyenne. Quant à moy, je dis bien que ce qui cause tant de longueur en cecy, est l'espérance que vous avez de faire une bonne paix.
A ce que je puis entendre, lesdicts ennemys veulent faire comme fit le fou admirai, qui est d'assembler tout ce qu'ils pourront en ce pays, pour s'aller joindre au prince de Gondé sur la fin de may, et cependant veulent ravager ce pays icy , et forcer quelque place s'ils peuvent. Mais, pour obvier à tout cela, il me semble qu'il n'y a meilleur moyen que de nous envoyer un grand seigneur de par deçà , pour nous commander à tous; car vos forces sont assez bastaotes pour les combattre. Ledict sieur de Ruffoc nous envoyé les reistres , avecques le régiment de Brichanteau. Voyià tout ce qui se passe de par deçà pour le présent. Incontinent que nous serons ensemble, je vous feray entendre nostre resolution.
J'avois envoyé devers Voslre Ms^jesté demander Testât de lieutenant particulier de ce
LETTRES
siège, en recompense des frais que je fais icy pour vostre service. Je ne sçay si me l'avez donné, si -non je vous asseure que je ty*y puis plus satisfaire. Le c<eur y est fort bon , et ne manquera jamais en chose qui touche vostre sei*vice, mais les moyens s'en sont allés; car, comme vous sçavez très-bien, despuis le oommancement de toutes ces guerres civilles , j'ay tousjours servy à mes despens. Vous supplyant très-humblement y avoir quelque esgard.
Je vous priois aussy que Gravier, qui est advocat audict siège, fust préféré audict estât lieutenant particulier en payant finance ; vous asseurant qu'il est fort homme de bien et de grand sçavoir, comme le sieur de Neuf vie vous tesmoignera. Quant au Faict d'Âubeterre, dont il vous pleut nous escrire dernièrement que je vous portisse ce qui seroit nécessaire pour la garnison dudict lieu, quand j'irois devers Vostre Majesté ; mais, parce que je n'y puis aller si tost que je voudrois bien , je vous envoyé les mémoires bien amples qu'il vous plaira monstrer à voslre conseil, sçavoir s'il est nécessaire que j'aye lettres patentes pour la garde dudict cbasteau et payement de la garnison d'ycelluy ; car, autrement, on ne me le veut donner : et vous sçavez de quelle importance est ledict chasteau , tant pour le bien de vos(re service que du pays.
Lesieur'deRastigniac vous fait response à la lettre qu'il vous a pieu luy escrire, et m'a asseuré qu'il se continuera tousjours en vostre service. Sur ce je prieray le Créateur, sire , qu'il maintienne Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et très-longue vie.
De Perigueux, ce 29 mars 1575.
GXII.
LeUre du seigneur de Bourdeiile au ro/
Henrx i^^-
Envoyée par le sieur de La Sayete, le
SiRR,
Selon radvertissement que j'ay ftilct aui sieurs de La Vauguyon, des Gars et de Pompadour, leur faisant entendre que le viscomte de Thurenne a'eslevoit pour se joindre à Langoyraa
et autres de la religion , comme il a Faict , et les priois d'assembler le plus de leurs amys qu'ils pourroient, pour obvier à leurs desseins; ce qu'ils ont Faict , et me sont venus trouver avccques une belle trouppe de gentilshommes voluntaires : et puis dire que je n'en ay jamais veu une telle, pour estre levée si soudainement; désirant tous ensemble de faire un bon service à Vostre Msyesté.
Le seigneur de Ruffec a envoyé les reistres, le régiment de Brichanteau , et les chevauxlegers au seigneur de La Vauguyon. Noos sommes tous assemblés à Sainct-Astur dès jeudy dernier, et passé la rivière audict lieu, et nous sommes tous mis en battaille près ycelle, et nous sommes trouvés cinq cents bons gentilshommes voluntaires, sans les reistres, et mille ou douze cens harquebusiers ; là où les susdicts sieurs m'ont tant honnoré que de m*eslire pour chef, estant en mon gouvernement. Vos ennemys ayant sceu nostre délibération que c'estoit de les combattre, ont passé à Bergerac la rivière de Dordoigne, et sont à quatre lieues par delà ycelle, où ils attendent d'autres forces. Ils ont le pont à commandement pour passer ladicte rivière de Dordoigne quand ils veulent; et de nous , nous n'en avons point ^ ny moyen d^en pouvoir faire.
J'ay adverty messieurs le mareschal deMontluc et le sieur de Biron pour estre de la partie, comme j'avois faict lorsque j^en baillois l'adveriissement aux susdicts sieurs des Gars, de U Vauguyon et de Pompadour. Nous avons pareillement depesché devers messieurs de la cour de parlement de Bourdeaux et M. de Montferrarit, pour nous ayder de gens de pied, d'artillerie et d'admonition « afin de leur osie? de petits forts qu'ils tiennent, ou les attirer au conibat, pour ce que ceste trouppe ne soit point inutile à vostre service, qui est ayséeà se rompre : car vous sçavez, sire, que telles gens ne demandent pas à demeurer longuement aui champs sans rien faire. Par quoy, il vous plaira, sire, y donner ordre, et nous envoyer un grand pour commander, car, autrement, je vois d pays perdu , parce qu*il y en a beaucoup qvi pensent que vous ne Faîtes plus de compte de vostre Guyenne. Et sans ceste assemblée, je pense bien qu'il y en eust ed plusieurs qui se fiis* sent refroidis et n'eussent dict mot, et d'autres
qui eussent tenu le party dudict yiscomte de Thurenne, lequel eust iaict beaucoup de ravage» Voylà le service que vous peut avoir faict ceste assemblée , qui me semble n'estre pas peu de chose.
Hier ledlct sieur mareschai de Montluc me manda qu'il se mettoit aux champs avecques cinquante ou soixante chevaux de la compaignie du sieur admirai, et celles de son fils et de son gendre , lesquelles ne sont pas encor prestes, et ledict seigneur de Glermont avecques quelques forces qu'il a en Quercy pour nous joindre ensemble. On me mande aussy que je fasse saisir les deniers du taillon de mon gouvernement, ce que j'ay faict, qui ne s'en peut monter pour le quartier passé qu'à mille ou douze cens livres , au lieu qu'on en debvoit pour quartier trois mille quelques livres; mais les deniers ne peuvent estre levés pour la pauvreté du pays. Quant à la taille en ordre, elle a esiée payée en vostre généralité de Bourdeaux.
Je vous peux dire que les sieurs de La Yauguyon et des Gars sont fort affectionnés à vostre service. Nous délibérons tous de trouver moyen de passer la rivière de Dordoigne pour les aller combattre, si messieurs de Bourdeaux et le sieur de Monferraut nous en donnent la commodité; car sans eux nous ne pouvons rien faire.
Voylà les affaires qui se présentent pour ceste heure : et ne se présentera occasion qui mérite de vous escrire que je n'en advertisse Vos Majestés. Et cognoissant l'affection que le sieur de LaSayete, doyen dePoictiers, a à vostre service , je l'ay prié d'aller devers Vostre Majesté pour vous faire entendre bien amplement tous vosdicls affaires. 11 vous plaira, sire, commander qu'il soit payé de son voyage. Quant aux sieurs deRastigniac, ils sont tous trois avecques moy, avecques fort bonne volonté de se continuer en vostre service. Sur ce, je prieray le Créateur, sire, qu'il maintienne Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et très-longue vie.
De Perigueux , ce
D'ANDRË DE BOURDRILLE.
' GXllI.
Lettre du seigneur de Bourdeiile à la reyne
mère.
Envoyée par La Bcylîc, le 31 de mars 1575.