DE FRANCE
Pour dire que, comme j'ay dict, madame Qaude fut fort heureuse en belle lignée de filles comme de fils, elle eut mesdames Charlotte et Louyse, auxquelles la mort par trop s'advançant les empescha de venir à Taage parfaict et au beau fruict que leur jeunesse tendre en raonstroit de belles fleurs; et si elles fussent venues à leur perfection d^années, elles n'eussent rien deuàleurs autres sœurs, ny en esprit ny en bontés , car leur espérance en estoit très-belle. Si bien que madame Louyse avoit esté compromise à l'empereur Charles ; mais elle mourut. Ainsy les beaux boutons de roses bien souvent sont emportés du vent comme les mesmes roses espanouies : aussy les jeunesses ravies ainsy sont plus à regretter cent fois que les vieillesses, qui ont assez paru au monde, et le dommage en est plus grand ; comme il fut quasy de mesmes qu'elles de madame Magdelaine de France leur sœur, laquelle n'eut grand loisir de jouir heureusement de la chose du monde qu'elle avoit le plus affectée , qu'estoit d'estre reyne , tant elle avoit le cœur grand et haut.
Elle fût donc maryée au roy d*Escosse; et, ainsy qu'on l'en vouloit destourner, non certes qu'il ne fiist un beau et brave prince , mais pour estre condamnée à aller faire son habitation en un pays barbare et une gent brutale, luy disoiton, elle respondit : a Pour le moins, tant que je • vi vray je seray reyne , ce que j'ay tousjours dcttsiré. » Mais quand elle fut en Escosse, elle en trouva le pays tout ainsy qu'on luy avoit dict , et bien différent de la douce France. Toutesfois , sans autre semblant de la repentatice , elle ne dtsoit autre chose, si-non ; allelasi j'ay voulu estre reyne ; » couvrant sa tristesse et le feu de son ambition de cendre d'une patience, le mieux
qu'elle pouvoit. M. de Ronsard m'a conté cecy , lequel ai la avec elle en Escosse. sortant hors de page d'avec M. d'Orléans, qui le luy donna pour aller avec elle, et voir son monde.
Elle ne demeura pas long-temps reyne quVlle ne mourut, bien regrettée du roy et de tout le pays, car elle estoit fort bonne, et se faisoit beaucoup aymer, et avoit un fort grand esprit, et estoit fort sage et vertueuse.
MADAME lURGUERlTE DE FRANCE.
Ainsy que nous avons eu madame Marguerite de France , sa sœur , despuis duchesse de Savoye , laquelle a esté si sage, si vertueuse, si parfeicte en sçavoir et sapience, qu'on luy donna le nom de la Minerve ou Pallas de la France pour sa sapience ; aussy pour^ devise elle portoit un rameau d^olive entortillé de deux serpens entrelassés l'un en l'autre, avecquea ces mots :
Rerum SapUntia cuUo$ *.
signifiant que toutes choses sont régies, ou doibvent estre, par sapience, qu'elle avoit beaucoup, et de science aussy, qu'elle enlretenoit tousjours par ses continuelles estudes les après disnées, et ses leçons qu'elle apprenoit des gens sçavans, qu'elle aymoit par dessus toute sorte de gens. Aussy rhonnoroient-ils comme leur déesse et paltone. La grande quantité de beaux livres qu'ils ont faicts pour elle, et qu'ils ont voués à elle , en font lesmoingnage ; et, pour ce, m'empescheront de louer sa science, car ils en ont assez dict. Elle eut le cœur grand et haut. Le roy Henry la voulut une fois maryer à feu M. de Vendosme, premier prince du sang; mais elle fit rcsponsc qu'elle n'espouscroit jamais le subject du roy son frère. Voylà pourquoy elle demeura si long» temps à prendre party, jusqu'à ce que, parla paix faicte entre les deux roys chrestien et catholique, elle fut maryée avecques M. de Savoye, auquel elle aspiroit il y avoit long-temps, dès le roy François, et dès lors que le pape Paul 111 et le roy françois se virent à Nice, que la reyne de Navarre alla voir , par le commandement du roy, feu M. de Savoye le père au chasteaudc Nice, et y mena madame Marguerite sa niepce,
» La safieste etl la conservairicc des choMt.
VIES DES DAMES ILLUSTRES
qui fut trouvée fort agréable de M. de Savoye , et fort propre pour son fils ; mais cela traisna par le moyen de la guerre jusqu'à ceste grande paix , que ce maryage se fit et se consomma, et cousta bon à la France; car, de tout ce qu'on avoit con» quis et gardé en Piedmont et Savoye l'espace de trente ans, fallut qu'il se rendist en une heure : tant le roy Henry desiroit la paix et ayrooit sa sœur, qu'il ne voulut rien espargner pour la bien coUoquer; mais pourtant la plus grand part de la France et de Piedmont en murmuroient, et disoient que c'estoit un peu trop.
D'autres le trouvoient fort estrange, et d'autres fort incroyable, jusqu'à ce qu'ils l'eussent veu; et mesmes les estrangers s'en mocquoient de nous; et ceux qui aymoient plus la France et son bien en pleuroient, lamentoient, et surtout ceux de Piedmont, qui ne vouloient tourner à leur premier maistre, si les ducs de Savoye se doibvent justement nommer maistres et seigneurs du Piedmont, d'autant que les roys de France le sont esté d'autres fois, et sont encor justes seigneurs, titulaires et maistres, et légitimement leur appartient.
Quant aux soldats et compaignons de guerre , qui estoient jà si long-temps accoustumés aux garnisons, douceurs et belles nourritures de ce pays, ne faut point demander ce qu'ils en disoient , comment ils en crioient et s'en desesperoient, et ce qu'ils en debagouloient. Les uns, tant gascons qu'autres, disoient : aHe ! cap de «Diou ! faut-il que pour une petite pièce de chair «qui est entre les jambes de ceste femme, qu'on a rende tant de belles et grandes pièces de « terre ? » Les autres : « Que maudicl soit le c. qui «tant nous couste!» Les autres : «Faut- il qu'un «vieux et pauvre c. s'enrichisse et se repare de «nos despouilles !» Les autres: «MaugréDieu « d'elle, de quoy elle n'est née sans c! » D'autres : «Vrayment ouy,on nous la debvoit bien tant «dire et tant faire Minerve, déesse de chasteté, « pour venir en Piedmont changer de nom et se «fciiref..... ànosdespens.i)D'autres itfElledeb- « voit bien garder l'espace de quarante cinq ans «sa virginité et son beau pucelage, et le perdre « pour la ruine de France. » Et d'autres : « Âh I «qu'elle doibt avoir lec. grand pour engloutir «tant de villes et chasteaux; et croy que quand « son mary y sera dedans n'aura pas grand goust , «car il n'y f... que des pierres et murailles des
«villes qui sont entrées dedans.» D'autres disoient qu'on le debvoit avoir tondu raz comme un moyne dès l'aage de quinze ans, et l'avoir mis moyne en une religion , bien claustre et renfermé , et qu'il n'eust jamais tasté de chayr ne vea son monde; d'autres disoient pis : qu'on le luy debvoit cerner comme un essarneau. Gelluy là ne vaut rien. Bref, si je voulois debagouler une infinité de telles causeries , je n'aurois jamais faict , car asseurez-vous qu'ils en disoient prou , et deschiffroient bien ce pauvre c. comme gens désespérés.
Que si de ce temps ils fussent esté autant des^ réglés, mutins et séditieux, comme despuis on les a veus en nos guerres ci villes, asseurez-vous qu'un chascun en eust pris sa part, et se fussent saisis des places qu'on eust eu bien de la difficulté de les en chasser; aussy qu'ils avoient affaire à un gênerai, qui estoit M. le mareschal de Brissac, qui se sçavoit bien faire craindre et respecter, comme j'ay dict. Si bien qu'il fallut que ces pauvres gens prinssent leur congé en gré , dont les uns pleurans et se lamentans , se retirèrent en France en leurs maisons, que tel possible y avoit-il qui ne Tavoit veue de trente ans; d'autres , comme gens désespérés, s'en allèrent au service du roy d'Espaigne , qui avoit la guerre contre le grand seigneur ; et près de quinze cens qu'ils estoient, tant du reliqua du Piedmont que de la Toscane , furent tous tués en combattant vaillamment en la battaille qui fut donnée aux Gerbes.
J'ay ouy dire à de granas capitaines que si le Piedmont au moins nous fust demeuré, et qu'on eust laissé la Savoye et la Bresse seulement , que le maryage fust esté très-riche et très-beau , et que, par ce moyen, nous estant resté le Piedmont, eust servy d'escolle tousjours et d'amusement aux gens de guerre françois, et s*y fussent tous arrestés, et aiusy ne se fussent adonnés ny affriandés aux guerres civiiles; estant le naturel du François de vacquer tousjours aux œuvres de Mars , et d'hayr l'oysiveté , le repos et la paix. Or, telle estoit la destinée malheureuse pour la France , et par ce moyen falloit-il achepter la paix; et par ainsy madame de Savoye n^en a peu mais , car elle ne désira jamais la ruine de la France : tant s en faut , qu'elle n'aymoit rien tant que ceux de sa nation ; et si elle en a receu du bien elle n'en a point esté ingrate , luy servant
MADAME MARGUERITE DE FRANCE
de tout ce qu'elle a peu , et la secourant : car , tant qu'elle a vescu , elle a tousjours persuadé et gaigné M. de Savoye son mary à bien entretenir la paix et à ne se bander, luy qui estoit Espaignol pour la vie, contre la France, ainsy qu'il fit despuis après qu'elle fut morte , ayant suscité, maintenu et fbrtiffié soubs main M. le mareschal de Bellegarde à faire ce qu'il fit , et se rebeller contre le roy , et s'impatroniser du marquisat de Saluées (j'en parle ailleurs) : en quoy certes son altesse eut grand tort, recognoissant si mal les bienfaicts des roys de France ses proches, et de frais du feu roy Henry 111, qui luy avoit donné si liberallement Pignerol et Savillanau retour de Poulogne.
Force gens bien advisés croyent que si madame de Savoye eust vescu , qu'elle f ust morte plustost ou elle eust engardé ce coup, tant elle se sentoit redevable à la terre de sa naissance. Et j'ay ouy dire à une grande personne -.qu'il pensoit que si madame de Savoye eust vescu , et qu'elle eust veu faire à son fils la surprise du marquisat de Salluces, qu'il a faicte du temps du deFfunctroy, qu'elle l'eust estranglé; mesmes que le feu roy le disoit et le croyoit ainsy : lequel eut si grand despit de ce traict, que le matin que les nouvelles luy en vindrent, pensant faire ses pasques, il les remit et ne les voulut foire, tant il fut animé, colleré et superstitieux par aparence aussy bien que du dedans; et tousjours disoit que si sa tante eust vescu que cela ne fust point arrivé.
Voylà la bonne opinion que ceste bonne princesse avoit laissée au roy et h tout le monde de sa bonté. Aussy, pour dire vray, comme je le tiens de bon lieu, quand elle fust esté telle et qu'elle eust esté d'autre naturel que du sien bon, jamais le roy ny son conseil ne l'eussent advantagée si grandement, ny faict de si grands biens, que certes elle n'a jamais espargoés ny pour la France ny pour les François. Et ne se peut plaindre aucun François, qui, allant et venant deçà et delà des monts , s'adressant à elle en sa nécessité, qu'elle ne l'ait secouru, assisté du tout, et donné bon argent pour sa passade et pour se conduire eu chemin. Je say que, lorsque nous tournasmes de Malthe, elle fit de grandes gracieusetés et donna beaucoup d'argent à tant de François, qui s'addresserent à elle et luy en demandèrent; mesmes sans luy en de-
mander elle leur en faisoit offrir. Je le peux dire comme sçavant , quant à moy ; car madame la comtesse de Pancalier, sœur de M. deRaix,et fort sa favorite et sa dame d'honneur , un soir, en me baillant à souper en sa chambre, me pre* senta dans une bourse cinq cens escus de la part de madicte dame, d'autant qu'elle ay moit extrêmement madame de Dampierre ma tante , et avoit fort aymé ma mère. Mais je puis jurer avecques vérité et l'asseurer que je n'en pris jamais un seul sol; car j'en avois assez pour me conduire à la cour, et plustost je me fusse conduict à pied que d'estre si effronté et impudent d'importuner telle princesse. J'en cognois beaucoup et ay cognu qui ne firent pas de mesmes; car ils en prindrent très-bien.
J'ay ouy dire à un de ses maistres d'hostel qu'elle mettoit en un coffre tous les ans en reserve le tiers de son revenu , pour donner aux pauvres François passans. Voylà comment elle estoit bonne Françoise ; et ne luy debvoit-on plaindre le bien qu'elle avoit emporté de France, car c'estoit toute sa joye lorsqu'elle oyoit de bonnes nouvelles , et son triste desplaisir quand elle en oyoit de mauvaises.
Quand les premières guerres y nasquirent , elle en prit si grand ennuy qu'elle en cuida mourir; et quand la paix fut faicte et qu'elle vint à Lion voir le roy et la reyne mère, elle ne se peut saouler de s'en conjotir avec eux , et de prier la reyne de l'entretenir bien , et se courroucer à plusieurs huguenots, et en parlant à eux et en leur escrivant , de quoy ils l'a voient esmeue, et les prier de n'y tourner plus; car ils l'honnoroient fort et avoient en elle créance, d'autant qu'à aucuns elle leur avoit faict plaisir,et à grand peine feu M. l'admirai eust joui de ses biens de Savoye sans elle.
Lorsque les guerres civilles arrivèrent en Flandres, elle la première nous en donna advis en tournant de Malthe ; mais asseurez - vous qu'elle n'en fut point marrie : a car, disoit-elle, «les Espaignols se rejouissoient et se moc- «quoient de nous et de nosdiscords : à st'heure a ils en ont leur bonne part , ils ne s'en mocque- «ront plus.»
Elle se fit tellement aymer aux terres et pays de son roary, que, lorsqu'elle mourut, les pleurs et les larmes eurent tel cours parmy tout le peuple, despuis le plus grand jusques au plus petit,
VIES DES DAMES ILLUSTRES
qu'elles ne se peurent jamais asseicher ny prendre fin. Aussy parloit-elle pour tous à son mary, quand ils esloient en nécessité ou adversité, oa m peine ou en faute, et luy requeroil grâce et pardon pour eux , qui bien souvent sans elle ny si's intercessions ne l'eussent en. Aussy Tappel- ) )ient-iis tous leur patronne.
Bref, c'estoit la bonté du monde; au reste, comme j'aydict, charitable, magnifique, libérale, saijc, vertueuse, si accoslable et douce que rien plus , et principallement à ceux de sa nation : car , quand ils luy alloient faire la révérence, elle les recevoit avec tel recueil qu'ils en avoient honte; et les gentilshommes un peu signalés les honnoroit de telle façon, que bien souvent elle ne vouloit parler à eux qu'ils ne fussent couverts. Je sçay en qnoy j'endoibs dire; car, parlant à elle une fois , elle me fit ce mesme honneur, et m*en pressa et commanda de telle façon, que je fus contrainct de luy dire : «Macdame, je croy que ne me tenez pour François, «et que jignore ce que vous estes, et le grade «et le rang que vous tenez, en vous honoorant a comme il m'appartient.» Et jamais ne parloit à eux assise, que debout; et aucuns, moyennement principaux que j'ay veus, elle faiisoit et pressoit asseoir auprès d'elle.
Bref, on ne sçauroît jamais tant dire de bien de ceste princesse, comme il y en a eu ; et hudroit un plus brave escrivain, qui entreprist ses vertus, et autre que moy. Je me tairay donc jusqu'à une autre fois et me meitray à parler des filles de nostre roy Henry, mesdames Elizabeth et Oaude de France.
BtESDÀMES feLIZÀBETH ET.CLAUDE DE FRANGE
Je commancerai par son aisnée, madame Elizabeth de France, ou plustost la faut appeller la belle Elizabeth du monde , pour ses rares vertus et perfections, laquelle fut reyne d*Espaigne , et bien aymée et honnorée de tout son peuple en son vivant, et après sa mort fort plaincte et regrettée d'iceluy, comme j'ay dict cy devant au discours que sommairement j'ay hki d'elle : par quoy je me contenterai pour le présent de n'en escrire davantage, et parleray de sa sœur , la seconde fille du roy Henry, qui fut madame Claude de France (le nom de son
ayeule) , duchesse de Lorraine , qui a esté belle, sage , vertueuse , bonne et douce princesse. Si bien qu'on la disoit en tout, â la cour, ressembler à la mère et à la tante, et estre leurvraye image. Elle avoit au visage une certaine gayeté qui plaisoit fort à tous ceux qui la regardoîent : en sa beauté elle ressembioit sa mère, et en son sçavolr et bonté elle ressembioit sa tante , que ceux de Lorraine ont tousjours fort esprouvée bonne , tant qu'elle a vescu , comme je l'ay veu moy estant en ces pays là, et après sa mort l'ont trouvée fort à dire. Aussy de sa mort tout le pays en fut comblé de regrets; et M. de Lorraine la plaignoit tellement, qu'encor qu'il a demeuré veuf d'elle, jeune, ne voulut jamais se remaryer, disant qu'il n'en pourroit jamais trouver une pareille, et que s'il la pensoit trouver véritablement il se remaryeroit.
Elle luy laissa une belle race, et mourut après de mal d'enfant, à l'appétit d'une vieille sage-femme et grosse yvrognesse de Paris , en laquelle elle avoit plus de fiance qu'en tout autre.
Les nouvelles de sa mort en vindrent àRheims, au sacre du roy, dont toute la cour en demeura en deuil et tristesse extrême, pour sa bonté qu'elle desmonstroit à tout le moude où elle pouvoit , quand elle y venoit.
La dernière fois qu'elle y vint , le roy son frère luy donna toutes les amendes de la Guyenne ; car ils tiennent que les confiscations n'y ont lieu; mais on y fait les amendes si grandes , que bien souvent elles passent et vallent les confiscations.
Madame de Dsgppierre luy en demanda une, moy présent, un jour, d'un gentilhomme que je sçay. Elle luy fit response : « Madame de Dama pierre , je la vous donne de bon cœur, n'ayant a accepté ce don du roy mon frère , que je n'ay a demandé; mais il me Ta donné de son bon gré «pour ruiner la France, car j'en suis, et ayme «tous ceux qui en sont comme moy : ils auront a de moy plus de courtoisie que d'un autre qui « eust eu le don ; et telle qu'ils la voudront de a moy et me la demanderont, je leur donneray. » Comme de vray, ceux qui eurent affaire avecques elle, n'y trouvèrent que tonte courtoisie , toute douceur et bonté. ,
Bref, elle esloit vraye fille de France , et en cela , et en bon esprit et habilité, qu'elle a tousjours bien monstre en secondant sagement et