CATHERINE DE LORRAINE
WCCMÊMÊÊ DB UÊmmMSOM,
Madame sa belle-sceur, madame de Montpensier, de laquelle j'espère parler ailleurs, pleura son mary luctueusement;et,blenquVlle l'eust perdu estant fort jeune, belle et aimable pour beaucoup de perFections en elle de l'ame et du corps, n'a jamais songé de se remaryer , encor que bien tendrette d'âge elle eust espousé son mary quy eust esté son ayeul , et qu'elle eust tasté fort sobrement des Fruits du maryage , desquels n'a voulu regouster ny en reparer les defFauts et arrérages par unes secondes nopces.
ELEONORE DE LONGUEVILLB,
FSnB DR KOITTS I, PEIHCB DB GOlfDi.
J'ay veu plusieurs seigneurs, gentilshommes et dames, s'esmerveiller souvent de madame
QUATRIESME
la princesse de Gondé , la douairière , de la maison de Longueviile , qui ne 6*est jamais Toulu remaryer. Elle estoii Tune des belles dames de la France, et très-desirable , s^estant plue en sa condition vîduale , sans jamais s^estre voulu remaryer , nonobstant qu'elle demeurast veF?e ires-jeune.
U MARQUISE DK ROTHELIN.
Madame la marquise de Rothelin , sa mère , en a fiiict de mesme, qui très-belle qu'elle a esté, est morte vefve. Certes, et la mère et la fille pouvoient embraser tout un royaume de leurs yeux et doux regards, qu'on tenoit i la cour et en France pour estre des plus agréables et des plus attirans. Aussy ne faut-il point doubter qu'ils ne brusiassent plusieurs ; mais de s'en approcher par maryage , il nVn felloit point parler : et toutes deux ont trèsloyaument entretenu la fby donnée à leurs fisus marys, f^ns en espouser de seconds.
Je n'aurois jamais faict si je voulois alléguer toutes ces princesses de la cour de nos roys sur ce subject. Je les remets en un autre endroit pour les louer : par quoy je les laisse , et parle un peu de quelques dames qui , pour n'estre princesses , ont bien la race aussy illustre , et l'ame aussy généreuse qu'elles.
mesprisoit son miroir pour ce subject, car elte estoittrès-belle ; mais , pour un vœu qu^elleavor. feict ft Tombre de son mary, lequel estoit un des parfaicts gentilshommes de la France, pour lequel elle quitta toute mondaineté, jamais ne s*habilla que fort austerement et religieusement avecques son voile, et ne monstrant jamais ses cheveux, et coiffée plustost négligemment, monstrant pourtant avecques son incuriosité une grande beauté. Aussy Feu M. de Guyse , dernier mort, ne Tappelloit jamais que moyne; car elle s'habilloit et estoit bouchonnée comme un religieux : et ce disoit en riant et gaodissant avecques elle ; car il l'aymoit ethonnoroitbeau* coup, comme elle estoit très-affectionnée è son service et à toute sa maison.