‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 60 sur 119 · MADAME DE RANDAN · texte numérisé non relu

MADAME DE RANDAN

Madame de Randan, dicte Fui via Mirandola, de la bonne maison de La Mirande , demeura veufve en la fleur de son âge, et très-belle. Ktle fit un si grand deuil de sa perte, que jamais elle n'a daigné se regarder en son miroir, et a desnié son beau visage au blanc cristal qui la desiroit tant veoir; et ne luy pou voit dire comme la dame qui , rompant son miroir, et le dédiant à Venus , luy dit ces vers latins :

JHco tibi Fen^ri spéculum , guia cernere talem Qualit sum nolo , gualis eram nequeo.

«Venus , je te dedîe mon miroyr, car, telle «que je suis , je n^ay plus le cœur ni la patience «de m'y regarder; et, telle que j'ay esté d'au- « tresfois , je ne puis. » Madame de Randan ne

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