SECOND OPUSCULE
Commancement du premiet livre de Lucain, poète iaiin^ et cheyalUer romain^ guej'opois acconwnancé; mais Je Vax laissé imparfaicL
Nous chantons icy les armes et les guerres plus que civilles qui furent faictes es champs emathiens de Pharsalle , ensemble une cause et un droict donné et abandonné à tout vice et meschanceté , un peuple aussy très-puissant , qui a tourné sa dextre victorieuse contre ses propres entrailles. Nous chantons pareillement les trouppes entre elles apparentées et trèsalliées , bandées à outrance les unes contre les autres, et contre le malheur de tout un public et de tout Tunivers, enseignes contre enseignes toutes semblables y aigles contre aigles tous pareils, et mesmes armes et dards contre mesmes armes et dards, se menagans et se tuans les uns les autres.
Mais dites , citoyens , quelle rage vous a esmeus d'avoir mis les armes en main de l'estranger et du barbare, pour espandre le sang romain, qui d'ailleurs l'aymoit assez sans l'y a ttyrer davantage, et mesmes ast'heure qu'il fal loil oster et ravyr à la superbe Babylonne les despouilles et les enseignes dont elle triumphc, et que l'umbre vagabonde et Crassus soit sans sépulture et vangeance? Il vous a pieu mainte^ nant faire la guerre , qui ne vous rapportera pas de grands triumphes ny trophées : et combien pouviez-vous , par vos mains et vos espées civilles (qui ont tant espandu et tiré de sang).
conquérir de terres et de mers, fust aux régions d'où vient le soleil , fust en celles où la nuict cache ses estoilles !