‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 93 sur 119 · DU MANIEMENT · texte numérisé non relu

DU MANIEMENT

ne font garde de nuict ny de jour, ains sont conservées pour faire les courses et exploicts qui faut qui soyent faicts à Timproviste, saus attendre le commandement d'autres compaîgnies, et qu'il y aye tousjours une trouppe d'ycelies preste à monter à cheval. Aussy lesdictes compaignies 8ont teuuesd'estreenbattaille Tarmée marchant, jusqu'à ce que le camp soit assis et logé, le guet ordonné de jour, mais qu'il soit arrivé ; et, s^ils n'ont de compaignies ou n'en ayent assez , Isen achoysiront, et est très-bon que lesdicts mareschaux de camp mènent , quand ils marchent, les compaignies qui doivent estre de garde de jour ou de nuict , afin qu'ils ayent repeus, et se soyent accommodés pour bien faire leur devoir.

Le marescbal de camp doit adviser la commodité ou incommodité de l'assiette du camp ; car bien souvent il se trouve des lieux qui sont d^un costé bien forts , et d'autres, non, et des incommodités en un temps qui ne sont en l'autre. Et ne se faut arrester au rendez-vous qui aura esté donné; car si Tassie tte n'est assez bonne, il la faut chercher à demy ou h une lieue de là ; et s'il y a changement , en advertir incontinent le chef de l'avant-garde , le grand maistre de l'artillerie, et le gênerai qui mené sa battaille , par homme exprès bien entendu.

Le mareschal de camp doit regarder en l'assiette de l'armée en un lieu advantageux, comme d'estre sur un haut , s'il se peut , avecque la commodité de l'eau. Mais il faut prendre garde que le ruisseau qui se pourroit trouvera vostre teste pour faire le logis fort, ne soit esloigné de vostre costé , et s'approcher tant de l'autre que l'enuemy ne s'y puisse venir loger, et debattre ladicte eau à son advantage; car, en telles choses y il s'en est veu plusieurs inconveniens : et si delà le ruisseau y avoit une place advantageuse, la faut aller gaiguer premier que l'en^» jaemy , et mettre le ruisseau derrière pour la commodité, on à main droite, ou à gauche, et s'en servir comme d'un fort de cesle part.

Ex c^s adv^ant que l'on ne puisse mettre un ruisseau devant, est très-bon de faire une tran* t\kéB à la t^te de l'armée ; car par là vous esviie^ les surprises sur vos gardes, ou des braveries , qui, encor qu'elles ne portent dommage , don-» nent reputai^)n à l'enpemy , et manquement i Twy ?t wx.<îi^E» et cafiitaiQes, priACipallement

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