EXÉCUTER
Bon ! ce n'est que pour rire.
TAUQUIN.
Non , la peste m'étouffe : elle tombe, elle expire, Et c'est moi, dieux cruels! qui suis son assassin! C'est moi qui lui plongeai ce poignard dans le sein! Que la t^re irritée^ après tant d'injuatices, S'ouvre pour m'engloutir dans ses creux précipices \ Que la foudre du ciel sur moi tombe en éclats ! Mais, quoi! pour me punir n'^i-je donc pas un bras?
(U prend le poignard dont Lucrèce s'est percée. }
io6 La foire SAiNT-GÉRSiAIN.
Que ce poignatd, encor tout fumant de sagesse^ Immole t en même temps, et Tarquin et Lucrèce. Fl*appons te lâche. cœiir. Qui me retient la main? Perçons... Non, remettons cette affaire à demain; Je sens mollir mon bras; je sens couler mes larmes ^ Et ma main, de foiblesse, abandonne les armes : Je deviens tout perplex*. Viens-t'en me soutenir^
(Il 8*appuie sur son ëcuyer. )
O temps! 6 siècle! o mœurs! Que dira 1 avenir? D'un chimérique honneur le sexe s'infatue!
Plutôt que forligner, une femme se tue!
Ah! Lucrèce^ m amour! vous donnez aujourd'hui Un exemple étonnant, qui sera peu suivi.
L'É'CUYERi
Pleurez, seigneur, pleures l'excès de vos fredaines.'
TARQUÏN.
Ah! toi qui sais pleurer, épargne-m'en les peines^
L'ÉCUYERi
Chantez du moins un air sur son triste tombeau^
TAKQUIN.
C'est bien plutôt à toi d'enfler le chalumeau, i
(II chante.)
Car je t'ai pris pour mon valet ^ A causé de ton flageolet.
{*) On éait perplexe , au masculin comme au féminin : tùsdi le vét4 eÀt ëté urop long.
FIN DtJ SECOND ACTE.