ACTE m, SCÈNE Xlî. ûi'J
ARliEQUIMf.
Il n'y a pas là de quoi rire;
L*fTALIEN.
Mais ce qui nie réjouit, c'est que je sois délivré ^ jpar arrêt, de ma première femme. (Il pleure. )
ARLEQUIN
Quel diable d'homme est'-ce là? II rit quand il faut {pleurer^ et il pleure quand il feut rire.
l'italien
La coquine m'a perdii de réputation^ elle m'a ac*> cusé en justice de n'être un mari seulement que poui* la forme ^ et di'a {ait déclarer vieux à là fleur de Inon âge;
AJRLEQIJIN.
J'entends votre affaire ; on vous à mis sur la liste deJHgidù et maleficiatis.
L'itALlEN*
Oui^ mohsieur; mais vous ailes rire. Une gogue-* harde de servante a demandé, en justice, que je fusse obligé de nourrir son enfant , dont elle dit qui^ je suis le père, parce^u il me ressemblé.
ARLEQUIN
S^il falloit adopter tous les enfants qui ressemblent^ et désavouer tous ceux qui ne ressemblent pas ^ oâ terroit un beau brouillamini dans les famiDes.
L'italien.
Ne suis-je pas malheureux? Je tne flâttois c|ue d* ces deux procès, il falliot que j'en gagnasse un.
aa8 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
ARLEQUIN
y en aurois mis ma main au feu*
l'italien.
Je les ai perdus tous les deux.
ARLEQUIN
Tous les deux ! cela n'est pas juste.
l'italien.
Non, assurément ; car ou je suis , ou je ne suis pas ; ma servante dit oui, ma femme dit non : cepen-' dant, le même jour, les mêmes juges ont déclaré que j'étois oui et non tout à- la-fois, et on m'a condamné aux dépens. Ah! ah! ah! (Il lit.)
ARLEQUIN chante.
Après un pareil procès.
Crois-moi, ne plaide jamais.
Dans la même occasion.
Tantôt on dit oui, tantôt on dit non.
Par arrêt, te voilà donc .
Déclaré coq et chapon.
Mais, de ta seconde femme, (ju'en as-tu &it?
l'italien.
Hélas ! monsieur, elle est morte: l'on m'avoit accusé de Favoir tuée ; et sans l'argent et des amis, j'au rois été pendu pour une femme.
ARLEQUIN
Gomment donc ? conte-moi un peu celsi,
l'italien.
Le vrai de la chose est que ma femme est morte