SCÈNE IV
M*n<^ JAGQUEMARD.
Tout de bon? Me trouvez-vous de votre goût?
Mon tailleur dit qu'il y a de Fhonneur à m'habiller. Je ne suis pas des plus menues ; mais, si vous y prenez garde, je suis assez bien prise dans ma taille.
ABLEQUIN.
Vous êtes à cbarmer. Fi ! je n aime pas ces grandes tailles de fuseau, qui sont toujours prêtes à rompre. Je veux, morbleu, des tailles épaisses et renforcées, comme la vôtre. J'ai eu autrefois un roussin breton, qui étoit le meilleur animal qui fut jamais : il avoit la côte tournée comme vous. Je. crois que vous avez la jambe d^un beau volume! souffrez que j'en voie un échantillon.
M™« JAGQUEMARD.
Fi donc, arrêtez -vous, petit entreprenant. Sans vanité, je ne Fai pas mal tournée.
( Elle fait Toir an peu sa jambe.) ARLEQUIN.
Le joli petit balustre ! Ah ! madame , votre beauté durera long-temps ; elle est bâtie sur pilotis.
(II yeut lui toucher la jambe.) M°^<^ JAGQUEMARD.
Tout beau, tout beau, monsieur! un peu de modestie.
ARLEQUIN
Oh ! plus que vous ne voudrez. Vos jambes sont les colonnes d'Hercule : c'est pour moi le nçn plus uUrà,
28a LA SUITE DE LA FOIRE.
j^me JACQTJEMARD.
Je VOUS laisse, et vais de ee pas aux momies, eon-^ salter une Égyptienne sur la mort de mon man, et notre futur mariage* Adieu, petit Hercule.
ARLEQUIN
Adieu, charmante colonie qui soutiens Farchitrave de mon amour.