‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 179 sur 189 · SCÈNE VIIÏ. i · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIÏ. i

ses seroit terriblement pétillant ; et que, si elles jouoient au lansquenet, leurs maris seroient les pre« miers pris.

M^nc JACQUEMARD.

Madame, je suis procureuse, et...

En voyant une sultane d'opéra troquer ses diamants bâtards conjtre des légitimes, j'ai deviné qu elle avoit fait de furieuses exactions sur quelque gros bâcha sous-fermier.

M™« JACQUEMARD

D accord ; mais vous saurez...

COLOMBINE

En voyant deux gascons entrer au cabaret, jai deviné que ce seroit le cabaretier iqui paieroit l'écot.

J'ai deviné qu'à la Saint-Martin, tout homme de robe et tout abbé feroient suspension d'armés; mais qu'au départ des officiers, on verroit écrit, en lettres d'or , sur la porte ' des coquettes : Cédant arma togœ.

M">« JAGQUEMARD.

Il n'est pas question de cela.

i * COLOMBINE.

J^ai deviné que les bals de cette année seroient d^n- «gereux ; et que les hommes seroient si bien masqués^ que mainte femme y prendoit quelque aventurier pour son mari.

J'ai deviné que beaucoup de mères coquettes, voyant chaque jour leur visage meùâcer ruine ,

m LA SUITE DE LA FOIRE.

tâcheroîent cle fiaire recevoir leurs fiUes en Mirri* vance.

M<"^ JâCQUEMARD)

Je D ai que deux mots.

CÔLOMBINB4

J ai deviné qu'il J atiiroit cet ^té aux Tuileries ]pltt8 de nympkes bdcagères que de fàuu^ et de chévred*piedsy et que led Apoiioiii 4e ce pay»-là ne trouveroient point de Daphné assez cruelle ponr se laisser métamorphoser en laurier. En voyant tant de galanteries mercenaires, jai detilié que lamour étoit devenu courtier-de^cbatige, et que les coeurs se négocioient à présent de placé en place.

Mais kissez^^moi dolic palier.

COLOMtlIllB»

J'ai devine , en voyant un milord de la rUe des Bourdonnoifi, qui avoit perdu Son afgiéut contre une jolie femme , qu'il ne seroit pas long^temps à se rac quitter.

J'ai deviné que les carrosses de deux bourgeoises de qualité se rencontreroient télé h tête dabs une petite rue, et qu'après af oir feit repaître leurs personnes et ieurs dieyaoni, ou en feroit une scène lu* crative à rbàtél de Bourgogne *.

M»«lACQU£MAaO.

Vous avez deviné juste ; mais...

\) Voyex la première tcène ajoutée à la fin de la Foire Saiat-Gei-<*

main.

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