SCÈNE VlIL a
COLOMBINE
J*ai devine qu'il y auroit cette année bien des filous qui Youdroient changer d'état ; bien des maris qui voudroient porter le deuil de leurs femmes, et encore plus de femmes qui postideroient des em* plois de veuve.
Il»* f ACQUEMARD.
Ah 1 voilà la question, madame.
COLOMBiNfi.
Ciomment? est-ce que vous voudriez que votre mari fut mort?
M»^ JACQUEMARO.
Non, pas tout-à-fait; mais je voudrois savoir si je serai mariée en secondes noces.
COLOMBINB.
Donnez-moi votre main. Diantre ! Voilà une main bien nuptiale. Vous avez bien des soupirants ; entre autres, un certain baron de Grou...
M°><^ JACQUEMARD
Groupignac, n est-ce pas?
GOLOMBINE.
Groupignac, oui ; un échappé des montagnes de rAuvergne. Il vous a terriblement égraiigné le cœur.
M«« JACQUEMARD
Gela est vrai, (à part.) Gomme elle devine cela! (haut. ) Il m'a promis de m'épouser aussitôt que la placé seroit vacante. Mais, vous le saveï, les barons d'àu^ jourd'hui sont si inconstants !
GOLOMfilNEy à part.
Et les madames Jacquemard si laides!
M™« JACQUEMARD
t)ites-inôi un peu ce qu il faudroit faire pour le fixer dans le goût de me tenir un jour sa parole.
GOLOMBINE.
Avez-Yous des bijoux, des diamants, de l'argent comptant?
M"« JACQUEMARD
Oh ! oui : je suis très bien nippée et très riche^
GOLOMBINE.
Eh bien! écoutez la Sibylle : elle va. tous dire ce qu il faudra faire.
LA SIBYLLE chante.
Quand on a passé sa jeunesse, On achète bien cher les fruits de la tendresse^ il ne faut pas qu'une vieille prétende Faire Tamour à communs frais ; Et trop heureuse encor que son argent lui rende Ce que 1 âge sur elle a moissonné d'attraits 1