ACTE III, SCÈNE VIL 5i
Je m^en sers pour lire les mémoire^ de mes créanciers; et aussitôt lus, aussitôt payés.
ISABELLE
Vous étiez donc à Namur?
ARLEQUI».
Si j'y étois? Oui, par la sambleu ! j'y étois ; j*en suis encore tout crotté.
ISABELLE
Et en quelle qualité , monsieur, serviez-^vons dans l'armée?
ARLEQUIN
Moi, servir! Hé! pour qui me prenez- vous donc? Je commandois en chef le détachement des brouettes qui enlevoient les boues du camp.
ISABELLE
Vous aviez là, monsieur, un commandement digne de vos mérites.
ARLEQUIN
Trop heureux, mademoiselle, si, avec la brouette de mon amour , je pouvois enlever la crotte de votre indifférence, et vous épouser à la tête de ma compagnie !
ISABELLE
Franchement, monsieur le major y je voudrois bien épouser un homme tout entier.
ARLEQUIN
Que dites^vous, la majoresse de ma minorité?
Sa LES CHINOIS^
ROQ1TILI<ARO, lui frappant sur F^panlé.
Elle a raison ; il lui faut un homme tout entier : uif homme n'est déjà pas trop pour une femme, il n'en faut rien supprimer. ( à part. ) Je ne veux pas la lui don-
ner, moi.
ARLEQUIN, allant fièrement sur Roqoillard.
Parlez, parlez donc, barhe de chat; ayez-vous jamais été tué? Savez* TOUS- que quand un homme comme vous refuse sa fille à un homme comme moi, j'assiège la fille en forme comme une place de guerre? yous allez voir.
(Des soldats de la suite du major entourent Roquillard , en lui présentant de tous côtés la pointe de la hallebarde ; et pendant ce temps Arlequin emmène Isabelle. Les soldats et Aoquillard forment une danse, qui sert de dÎTertissemeut pour le tro<<' fième acte.)