ACTE IV, SCÈNE II
On voit bien que yous yon$ reséentez toujours de la fierté romaine; vous aimez les titres; et, si Toa n'y tient la main, vous vous mettrez de pair avec les mouleurs de bois, et vous prendrez dans vos affiches la qualité de conseillers du roi.
UN PORTIER, à Hoquillard.
Monsieur, il y a là-bas un gros homme qui fait Iç diable à quatre pour entrer; il dit qu'il s appelle le Parterre.
LE COMEDIEN FRANÇOIS
Malepeste ! il faut lui ouvrir la porte à deux battants ; c est notre père nourricier. Qu'il entre , eu payant, s'entend.
LE PARTERRE, habillé de diverses façons , ayant plusieurs têtes,
uo grand sif£bt à son côté et d'autres à sa ceinture, prend Ro<juilr
lard par le bras et le jette par terre.
A bas ! coquin.
ROQUILLARD
Le Parterre a le ton impératif.
LE PARTERRE, à Roquillard.
Qui VOUS fait si téméraire, mon ami , d'usurper ma juridiction? Ne savez-vous pas que je suis seul juge ' naturel, et en dernier ressort, des comédiens et des comédies? Voilà avec quoi je prononce mes arrêts.
(Il donne un coup de sifflet, ) LE COMÉDIEN FRANÇOIS, déclamant
Prends un siège , Parterre , prends , et s\ir tout^ chose * (*) Ce vers a vaac syliabfc de trop.
56 LES CHINOIg.
N'écoute point la brigue en jugeant notre cause * Prête, sans nous troubler, Toreille à nos discours; D aucun coup de sifflet n^en interromps le cours.
(On apporte ud fauteuil au Parterre.) LE PARTERRE, repoussant le fauteuil.
Tu te moques, mon ami, le Parterre ne s^assied point. Je ne suis pas un juge à l'ordinaire; et de peur de m'endormir à Taudience, j'écoute debout.
GOLOMBINK.
Le style impérial, Fattitude romaine et le clinquant héroïque de ce déclamateur pourroient malarmer, si je parlois devant un juge moins éclairé que son excellence monseigneur le Parterre.
LE COMÉDIEN FRANÇOIS
Ah! ah! Son excellence! Monseigneur! Ah! voilà bien les Italiens , qui tâchent d'amadouer l'auditeur dans un prologue, et font amende honorable pour demander grâce au Parterre.
Lf: PARTERRE.
Ils ont beau faire, ils n'en sont pas quittes à meilleur marché que. les François : mes instruments à yent vont toujours leur train.
COLOMBINE
Non , ce n'est point la flatterie qui me dénoue la langue; je rends seulement les hommages dus à ce souverain plénipotentiaire : c'est l'éperon des auteurs, le frein des comédiens, le contrôleur des bancs du théâtre, Tinspecteur et le curieux examinateur des hautes et basses loges, et de tout ce qui se p9$SQ