‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 41 sur 189 · ACTE IV, SCÈNE II. 6t · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. 6t

tre des passions; c^est le balancier qui fait mouvoir tous les ressorts de Famé; c'est un vieux fiacre routine, qui tient à la main les rênes des passions : tantôt, faisant claquer son fouet, il excite le trouble «t la terreur :

Paroisscz, Navarrois, Maures, et Castillans, Et tout ce que FEspagnc a nourri de vaillants.

Veut-il iospirer la pitié ; il arrête sur le cul ses rosses fatiguées :

rï'allons pas plus avant ; demeurons , chère CEnone ; Je ne me soutiens plus, ma force m'abandonne : Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi ; Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi.

Voilà ce qui s'appelle retourner un cœur comme une omelette; et pour faire naître tant de différents' mouvements dans Famé des auditeurs, il faut qu^un comédien françois soit unProtée, qui change de face à tout moment, et qu'il ait Fart de peindre toutes les passions sur son visage.

GOLOMfilNE.

Je ne sais quelle couleur les passions prenneut sur le visage de vos comédiens^; mais sur celui de vos comédiennes , elles âont toutes peintes en rouge.

LE COMÉDIEN FRANÇOIS

Quœ chm ita sinty je conclus que Roquillard est un sot, sUl ne marie sa fille à la Discorde. En la donnant à un comédien italien , il lui donne tout au plus un homme. Arlequin est toujours Arlequin ; le Doc-

teur toujours le Docteur : au lieu q[u*un comédien françois est un mari en plusieurs hommes; tantôt homme de robe et tantôt homme de guerre, aujourd'hui César et demain Mascarille. Ah ! que c'est un grand plaisir pour une femme de tâter un peu de tout, et de pouvoir mettre un mari à toutes sauces ! Finis coronat opus.

LE PARTERRE, prononçant ton jugement.

Pour reconnottre en quelque façon le désintéressement de la troupe italienne, qui ne m'a jamais fait payer que quinze sous, et qui m'a donné la comédie gratis à la prise de Namur, j'ordonne qu'Octave épousera Isabelle.

LE COMÉDIEN FRANÇOIS, arrachant ses plumes.

O temporal o mores l J'appelle 4^ ce jugement-là aux loges.

LE PARTERRE

Mes jugements sont sans appeL

FIN DES CHINOI».

LA BAGUETTE

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