SCENE I
(Le théâtre représente une grotte obscure, défendue par un géant couché à l'entrée de la grotte. )
(Une marche militaire, et un bruit de trompettes et de tambours, annoncent larrivée de Roger.)
BOGER, «euL
Enfin, Roger, voici le jour où tu dois donner des marques de ta valeur et délivrer Bradamante de ïpn^ chantement où elle est depuis deux cents ans.
O Amour ! petit dieu félon.
Toi qui fais flamber ton brandon
Dans le tréfond de ma poitrine,
Corrobore mon cœur craintif
Par un julep confortatif ;
Car Fhideux aspect de la mine
De ce géant rébarbatif
Fait jà sur moi , pauvre chétif ,
Les effets d'une médecinie.
.Toi, glouton, ribaut, Sarrasin, Qui, par ton dol et mal engin.
Retiens ma gente toujrterelle; Dis-moi si tes bras pourfuidants Ont bien pu garder si long-temps ^
L*hohneur de cette jouvencelle?
Hélas ! dans nos jours verglissants.
Pour conserver une pucelle Jusqua Tâge de quatorze ans.
Combien faudroit-il de géants 1
Mais il est temps de mettre fiii à Fœuvre encom« mencée. Combattons ce géan( penda.nt qu il est en^ dormi.
( Roçer combat le Géaot, le vainc; ensuite il touche la caverne de sa baguette, et elle se change en un jardin agréable, au nùlieu duquel est Bradamante, endormie sur un lit de fleura. )