‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 46 sur 189 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

BRADAMANTE

Cétoient d'anciens et vénérables magistrats, qui passoieht la nuit à examiner les procès, et le jour à les juger.

ROGER

Oh! que ce n*est plus le temps! La. plus grande partie de nos juges passent présentement la nuit à courir le bal , et4e jour à dormir à Faudience.

BRADAMANTE

Comment peuvent-ils donc apprendre leur métier?

ROGER

Cela n'empêche pas quHls ne sachent la procédure comme des Césars, surtout en amour; et les arrêts quils rendent aimrèa des dames sont, Tété, par dé- £Eiut contre les officiers, et Fhiver, contradictoires avec les financiers. De votre temps , avoit-on des comédies?

BRADAMANTE

Les plus divertissantes du monde : elles étoient agréablement mêlées de danses et de symphonies.

ROGER

' Oh ! que ce n'est plus le temps ! Tout cela est retranché, et nos théâtres seroient terriblement lugubres, si messieurs du parterre ne prenoient soin quelquefois de les égayer avec leur symphonie.

BRADAMANTE

Mais, après avoir satisfait à toutes vos questions, ne puis-je savoir, brave champion ^ à qui je suis redevable de ma délivrance?

AOGEB.

A moi y qui suis la fleur de la.cheTaleriey le redresseur de^ tprts et le syndic de toute la magie. Je vais vous faire voir des effets de ma puissance. AUi uis' taroth^ Ahrojcadabra. Barbara celarent darii^ferio baraiipton.

(£d disant oe$ mot», il touche de sa baguette les figures enchantées de la suite de Bradamante, qui s'animent au son des violons. )

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