UN DRUIDE
(Le mari de Mélisse est inquiet du mouyement de la baguette, et en
demande la raison.)
MÉLISSE, à son mari.
Va, va, mon mari, ne te chagrine point : tu m'as plus d'obligation que tu ne penses; car sans moi tu n'aurois jamais été retrouvé.
ROGER
Cela est vrai ; sans la flèche rompue, vous étiez un homme perdu.
(Le mari de Mélisse insiste et se fâche, ) ROGER.
Puisque vous voulez être éclairci, voilà le druide, ijui est Foracle de ce pays-ci , qui va vous éclaircir.
LE DRUIDE chante.
Une femme est encor trop sage, Lorsqa'après avoir fait naufrage, £Ue veut bien cacher l'écueil à son époux :
Mais un mari, qui connolt son dommage^ Doit filer doux, De peur d'apprendre au voisinage Qu'il a raison d*étre jaloux.
ROGER chante sur Tair : Réveillez-vous, belle endormie. Ne crains pas que le voisin cause, Son mal est trop égal au tien :
Quand on le sait, c'est peu de chose; Quand on l'ignore, ce n est rien.
LA BAGUÏTtE UË VULGAIlt. ^9