‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 51 sur 189 · UN DRUIDE · texte numérisé non relu

UN DRUIDE

(Le mari de Mélisse est inquiet du mouyement de la baguette, et en

demande la raison.)

MÉLISSE, à son mari.

Va, va, mon mari, ne te chagrine point : tu m'as plus d'obligation que tu ne penses; car sans moi tu n'aurois jamais été retrouvé.

ROGER

Cela est vrai ; sans la flèche rompue, vous étiez un homme perdu.

(Le mari de Mélisse insiste et se fâche, ) ROGER.

Puisque vous voulez être éclairci, voilà le druide, ijui est Foracle de ce pays-ci , qui va vous éclaircir.

LE DRUIDE chante.

Une femme est encor trop sage, Lorsqa'après avoir fait naufrage, £Ue veut bien cacher l'écueil à son époux :

Mais un mari, qui connolt son dommage^ Doit filer doux, De peur d'apprendre au voisinage Qu'il a raison d*étre jaloux.

ROGER chante sur Tair : Réveillez-vous, belle endormie. Ne crains pas que le voisin cause, Son mal est trop égal au tien :

Quand on le sait, c'est peu de chose; Quand on l'ignore, ce n est rien.

LA BAGUÏTtE UË VULGAIlt. ^9

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