‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 52 sur 189 · ROGER, FLORIDAN, LE DRUIDE · texte numérisé non relu

ROGER, FLORIDAN, LE DRUIDE

UNE BERGÈRE, femme de Floridao.

FLORIDAN

En me rendant le jour , Rendez le calme à mon amour.

ROGEB.

^ En quatre mots, dites-moi TOtre affairé.

FLORIDAN

Ayant d'être enchanté, cette jeune bergère, Entre plusieurs amants, me choisit pour épout^

Ce nom, qui vous parott si doux,

Ne peut encor me satisfaire;

Et je sais que, pour l'ordinaire.

L'amant que Ton distingue avec de si beaux nœuds

K'est pas toujours le plus heureux.

Je vous entends, du moins je vous devine; Ou je me trompe, ou vous avez la mine D'être le fils d'un fermier bien rente, Dont le riche mérite a si fort éclaté

Aux yeux d'une avare maîtresse,

Qu'elle a refusé la tendresse . De vos rivaux.

FLORIDAN

Mon père étoit rentier; Mais je n'ai point traité l'amour en fioançiei*^

8o LA 6AGDETTE DE VULCAIN.

Et j'ai gagné son cœur à force de tendresse.

fiOGEH.

J'en doute fort; mais baste, on vous le laisse. Puisque par un contrat Vous Tairez acheté :

Il est à vous, j'entends pour la propriété ;

Car l'usufruit, c'est autre chose;

11 faut que la femme en dispose.

FLORIUAN.

Cet usufruit est encor de mon lot; -^ Pour le céder, il faudroit être un sot.

ROGER

Un sotj d'accord.

FLORiDANi

Oh ! point de raillerie :

Une femme n'est pas comme une métairie; J'en veux être le mattre, et non pas le fermier; Et par la sambleul le premier..* ^

ROGERi

Oh ! tout beau ; respect au druide :

ie ne fais qu'opiner, mais c'est lui qui décide*

LE DRUIDE chante.

Ne craignez rien, rhymefi est Votre asile; Le nom d*époux écarte les rivaux :

De votre Iris la garde est inutile; ^

Ne songez plus qu*à garder vos troupeaux^

È G E R chante sur Fair : O le bon vin ! tu ai endormi ma mère.

O le bon tenjps Où rhymen servoit d'asile t Mais pour à présent,

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