‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 53 sur 189 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ROGER, Î5ÉRBIN, GABRINE, LE DRUIlDÈ.

ROGERi

A (}ui donc, s'il vous platt^ En yeut ce grand benêt?

ZpRBIN.

Je venons... pour... tenez , j'enrage :

Enfin, je nous plaignons de n avoir point d'enfante* Je crois que je n ayons pas Tâge ; Et c'est la faute à nos parents , Qui nous ont mis trop tôt en mariage.

Quel âge avez- vous , bonnes gens?

Z£RBIN.

Je n ai guère que quarante and.

GABRINE.

J'aurai trente ans viennent les prennes^

ROGER

Les pauvres petits sont tout jeunes.

A trente ans porter fruit! Oh ! cela ne se peut.

Cependant, si voire ëpoux veut, Je pourrai vous donner une dispense d'âge.

Mais depuis quand , la belle, étes-vous en ménage?

GABRINE.

Je ne sais pas compter le temps par Falmanach; 6. a

Si LA BAGDÉttE DE VULCAIN.

Mais j^ai bien remarqué que» depuis ce temps-là , Ma vache a fkit deux viaux.

ROGER

Cest qu'elle étoit en âge.

Mais qui peut donc causer votre stérilité ?

N'avez- vous pas tous deux, depuis le mariage, Sous le même toit habité?

SERBf^.

Oh ! qu'oui ; car un jour Mathurlne Nous enfermit dans la cuisine; Et quand je fûmes là tous deux. Je demeurîmes si honteux...

ROGER

C'est la pudeur de l'extrême jeunesse.

GABRINE.

Moi, pour ne le point voir j'usis d'une finesse ; Je me f ermis les yeux aveeqae mes cinq doigts«

ZERBIIf.

Moi, je n'en fis pas à deux Ibis; Je grimpis tout au haut de notre cheminée.

Et j'y fus 8an& grouiller toute Paprès-dinée.

ROGER

Et depuis ce temps-là?

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