‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 57 sur 189 · CONTE · texte numérisé non relu

CONTE

Ces jours gras, un cabaretier,

Des plus fripons de son métier, »

A voit un muid , pour tout {Potage,

D'un bon vin vieux de TErmitage.

Un voisin curieux en voulut un flacon; Les voisins du voisin le trouvèrent si bon, Qu'ils en firent tirer mainte, et mainte bouteille. Mon scélérat , croyant faire merveille ,

Et perpétuer son tonneau ,

Le remplissoit de vm nouveau.

Lçs fins gourmets entroieut en danse,

L'argent venoit en abondance; Bref, là pièce eut taùiC de crédit , Qu il ne fut ni grand , ni petit y Qui n'en roulut bdita chemina.

Mon matois faisoit bonne mine; Plus le yia vieujt il dâbitoit, Et plus le yin nouveau marchoit,

£spéra»t par ce ^jtratagèflws^

S'engraisser pendant le carême :

Mais par malhenr lé bon yin yieux «^osa,

Et le nouveau du tonneau s'empara ;

'Tant qu à la fin, pour finir mon histoire.

Personne n'en roulut plus boire.

A l'application.

Nous sommes, ne vous en déplaise, Ce fripon de cabanetiery Qui, depuis trois mois, à notre aise Faisant valoir notre métier, Alongeons notre comédie, Et qui melons dans le tomieau Quelques pintes devin nouveau, -{Pour vous le faire enfin boire jttsqtf'à la lie.

Le parterre, qui seul régie notre destin, Est ce fin gourmet de voisin Qui nous attire Pabondance; Mais aussi, par reconnoissance.

Pour quinze sous nous lui donnons

Pareil vin qu'au théâtre un écu nous yendôns,

P*OLO«UE. 9t

Nous allons vous donner encor quelques bouteilles

De ce râpé par les oreilles : ;

Messieurs, nous serons trop lieur^yx Si le vin nouveau passe à la faveur, du vieu3^« .

FIN DU PBOLOQUE,

ACTEURS

ROGER. Arlequin.

BÉLISE. Colombine.

ANGÉLIQUE. Isabelle.

NIGAUDIN. Mezzetin.

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