‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 58 sur 189 · BÉLISE, ROGER, LE DRUIDE · texte numérisé non relu

BÉLISE, ROGER, LE DRUIDE

BÉLISE

HoLA ! ho, quelqu'un! portier, limonadier, ou* vreuses de loges! Depuis trois mois, on ne sauroit trouver à se placer dans cet hôtel de Bourgogne.

R O G E fi , au parterre.

Voilà une de ces bouteilles de vin que je vous ayois promises ; mais elle me paroit bien aigre.

BÉLISE

Bonjour, monsieur; jouez-TOus encore aujourd'hui votre Baguette de Vulcain?

ROGER

Si nous la jouons? Je le crois, ma foi; et il ne tiendra qu à cea messieurs (montrant le parterre) que nous ne la jouions encore trois mois. Apparemment, madame, que vous cherchez votre mari? Est-il dans le cas de la baguette?

ô4 L^AUGMEOTATION DE LA BAGUETTE.

BÉLISE

Moi, un mari? Moi, chercher un mari? Est-ce que j'ai Fair d'une femme à mari?

ROGEA

je TOUS demande pardon; je vois bien que vous n'êtes qu une femme à galant.

HÉLISE.

tJn bel-esprit comme moi, me soupçonner de dégénérer jusqu'aux êtres matériels ! Apprenez , mon ami, que j'ai épousé lantique, et que je n aurai jamais d'autres mari^ que Juvénal, Horace, Virgile, et surtout le bon-faommc Homère.

ROGER

Vous avez fait là de belleâ épousailles. Avec de pareils maris, vous aufiez bieti de la peiné à réparer les tèrts que la guerre tavtse au genre humain.

BÉLISE

Assez de filles se chargeront de ce soin-là; pour iHoi, jepasse mes jour^ avec les livres, et je ne m^endors point que je n'aie une douzaine d'auteurs anciens sous mon chevet.

ttOGÉR*

On ne dispute pas des goèts; mais je^ cioûnmS de^ femmes aussi spirituelles que vous, qui dorment plus volontiers arec des modernes.

BÉLISfE.

On dit que dans votre comédie vous feites une comparaison du vieux temps avec le nouveau. Cela n'au* roit-il pas quelque rapport avec le parallèle des an-

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