SCÈNE IL V
ROGER
Je TOUS sais boD gré^ à Yotre âge, d'àiftier la ré' forme.
ANGÉLIQUE
Elle veat m'habiller à sa fantaisie. Le demiiet* corps qu elle m'a fait faire me va jusqu'au menton; et vous savez qu'une fille aimieroit autstnt n'avoir point de gorge que de ne la pas mont^eri
ROGER
C'est que les filles d'aujourd'hui aiment lé grand air.
ANGÉLIQUE
Elle me contrôle sur tout. Croyez^voiis qu'elle me défend de manger d'aucun r^agoût? .Elle dit qu'autre-^ fois les femmes ne viVoient que d^ fruiret de laitage.
ROGER
C'est à peu près la même chose à présent j excepté que le fruit que mangent lés dames est un peu plus épicé; et elles ont trouvé le moyen de se rafraîchir avec des jambons deMayenCe, des mortadelles, et des cervelas de la rue des Barrés. Pour le laitage, c'est ordinairement du vin de Champagne comme il sort du tonneau^
ANGÉLIQUE
Du vin de Champagne I Fi donc ! cela gâte le teint ; et je n'en bois plus, depuis que ma cousine m'a ap-» pris à boire du ratafia.
ROGER. : t ..,
Vous avez là une jolie cousine*
\où L'AUGMENTATION DE LA BAGUETTE.
ANGÉLIQUE
Vous ne voulez donc point endormir ma mère?
Non ; car dans la colère où je suis contre elle , si je Fendormois une fois, elle courrpit risque de ne s'éveiller de sa vie.
ANGÉLIQUE
Apprenez-moi donc ce qu'il faut flaire pour l'empêcher de gronder.
ROGER
Voilà le druide, qui est homme expert dans ces cas-là; il va vous satisfaire.
LE DRUIIXE chante.
Mère qui gronde, Qui tempête, et qui fronde.
Fait son emploi dans le monde.
Quand elle est sur son retour, Fille qui la laisse dire.
Et qui nen fait que rire.
Fait sa charge à son tour.
ROGER
Air : De lanturelu^
Quand mère sauvage Dit dans ses leçons Que fille à votre âgé Doit fuir les garçons, Vous devez répondre :
C'est ce que j'ai résolu ; Lanturelu, lanturelu, lanturelu.
L'AUGMENTATION DE LA BAGUETTE. lot