SUR
{Jette pièce , composée par Regnard en société avec Dufresny, a été représentée, pour la première fois, le 26 décembre i6()5.
Lorsque les auteurs Font donnée au tkéàtre italien, ils étoient déjà connus au théâtre francois, et Tavoîent enrichi de Tune des meilleures comédies qui aient paru depuis Molière, le Joueur.
L'intrigue de la Foire Saint-Germain est peu de chose ; son principal mérite consiste dans les scènes épisodiques.
Le Docteur, tuteur et amoureux d'Angélique, la garde soigneusement, dans la crainte qu'elle ne lui soit enlevée par Octave, son amant. La pupille trompe la vigilance de son tuteur, et elle profite de la circonstance de la foire Saint-Germain pour s'échapper de ses mains. GolomKne, intrigante, qui est dans les intéréu d'Octave, facilite son évasion; et, de concert avec Arlequin, autre intrigant, elle imagine plusieurs fourbe*ries qui tendent à dégoûter le Docteur de son mu-»
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riage, en lui rendant suspecte la vertu d'Angélique. Ils y réussissent ; m^is le Docteur ne se décide pas en faveur d'Octave; il craint que celui-* ci ne lui demande un compte trop exact des biens de sa pupille ; il fait venir de Pont-l'Évêque uu nigaud de provincial, dont il espère tirer un meilleur parti. Arlequin et d'autres fourbes de ses amis jouent tant de tours au provincial, qu'ils l'obligent de quitter Paris, sans avoir pris le temps de voir sa maîtresse , et parviennent enfin à forcer le Docteur de donner Angélique à Octave.
Indépendamment des scènes comiques auxquelles les fourberies d'Arlequin donnent lieu, il en est beaucoup qui ne^ tiennent en aucune façon à l'action de la pièce , et ne servent qu'à former des tableaux variés de toutes les aventures qui arrivent communément aux foires. Le dialor gue de ces scènes est d'un comique très agréable ^ quoiqu\in peu chargé; il en est peu qui ne soient assaisonnées de très bonnes plaisanteries.
Cette pièce en renferme deux autres : l'une est une parodie de l'opéra d'Acis et Galatée ; l'autre est une tragédie burlesque , intitulée Lucrèce. La parodie est très peu de chose : quant à la tragédie , c'est une des meilleures que nous ayons dans lé mauvais genre des tragédies burlesques ou am^^ phigouriques,
Le succès de la Foire Saint- Germain a été prodigieux, au point d'exciter la jalousie des comédiens François. Dancourt, pour le contre-balancer , donna à ce théâtre une coi^iédie sous le même titre; mais elle eut un sort bien différent : elle tomba, et les Italiens, pour se venger, ajoutèrent au:^ dernières représentations deux couplets , que Ton trouvera à la suite du Vaudeville qui termine la pièce.
^ On a aussi ajouté une scène intitulée la Scène des Carrosses; mais il est incertain qu'elle appartienne Si.nx auteurs de la comédie ; cette scène n'a dû sa naissance et son succès qu'aux circonstan-^ ces, et son principal mérite nous paroît ayoir été celui de Tà-propos.
Cette pièce a été reprise plusieurs fois, par la nouvelle troupe : la première fois, le 1 5 décembre 1 720 ; la seconde ^ le samedi 5 février 1 72g. Cette seconde reprise a été donnée à l'occasion des dé^ buts de Mezzetin, acteur de l'ancien théâtre; il y parut sous l'ancien habit qu'il àvoit adopté, et dans les rôles qu'il avoit joués dans la nouveauté de la pièce.
ACTEURS
ARLEQUIN , intrigant.
COLOMBmE, intrigatite.
LE DOCTEUR 9 tuteur et amoureux d'Augëlique.
ANGÉLIQUE
OCTAVE, amant d'Angélique.
PIERROT, valet du docteur.
NICAUDINËT, provincial amoureux d'Angélique. Mezzetin.
FANTASSIN , valet de Nigàudinet. Pierrot.
UN MARQUIS. Léandre.
UN CHEVALIER. Octave,
UNE COQUETTE. Arlequin,
GASCARET, laquais de la coquette.
UN MARCHAND D'ÉTOFFES. Scammouche.
UN GARÇON PATISSIER. Mezzetin,
UN ASTHMATIQUE. Sea^motéché.
LA FEMME DE L'ASTHMATIQUE. Angélique,
UN DORMEUR. Scaramouche,
LA TRICHARDIÈRE, filou. Scaramouche.
UN LIMONADIER, en Armënien. léandre,
UN OFFICIER SUISSE. Scaramouche,
UN PETIT-MAITRE. Mezzetin.
UN MUSIQEN ITALIEN. Mezzetin.
CARICACA, apothicaire. Mezzetin.