SCÈNE II
ANGÉLIQtJE, COLOMBINE.
COÏ4iQW3H^ï;.
Eh! bonjour, madçmpiçelle;.quel I^q;i yent vous timéne à la Foire? et que jô suis. heureuse de vous rencontrer!
ANGÉLIQUE
Ah! Colombine, te voilà! que fais -tu dans ce pays-ci?
COLOMÇINE.
Ma foi, madame, il faut quune fille, pour vivre honuêtement, sache plus d'un métier. Je fjais prêter de Fardent à des enfant^ de famille qui n^en opt point; je le fais dépenser à ceux qifi en ont; je raccommode des ménages disloqués .; j'çn brouille d'autres , et quantité de petits négoces de cette nature-là. Et vous, mademoiselle, que faites-vous présentement?
Ali^GÉLIQUE.
Toujours la même chose , Colombine ; j'aime*
ÇOLQMÇINB.
Tant pis ! L'amour est un métier bie» iograt pour les honnêtes filles qui se font scrupule d'en tirer toute la quintessence.
i44 LA FOIRE SAINT^GERMAÏN,
ANGÉLIQUE
Th ToiSy Colombinë^ une fille bien embarrassée, et qui a déjà penôé se perdre à la Foire.
COLOMBtNE.
' Cela est fort honnête , de se perdre toute seule dans un lieu public.
\ ANGÉLIQUE
Une fille vertueuse se retrouve toujours.
GOLOMBINE.
La fille se retrbUve; tnaié quelquefois la vertu ne ce retrouve pliis avec elle^
ANGÉLIQUE
Tu connois ma sagesse, Colombine.
XÎOLOMBINE.
Je la connoissois autrefois; mais les choses changent, et on ne voit guère de cette marchandise-là à la Foire, quoiqu^on ne laissé pas (|ue d^ en vendre,
ANGÉLIQUE
Je cherche un asile contrelés mauvais traitements de mon tuteur. Tu cohtiois ôes caprices.
COLOMBINE
Nous avons assez demeuré ensemble oour nous cohnoître réciproquemeilt.
ANGÉLIQUE
Tu ne sais pas qu'il est devenu amoureux de moi?
C'est donc depuis que je n'y suis plus? Le petit inconstant !
ANGÉLIQUE
Il veut m'épouser*