‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 118 sur 181 · LÉCUYER · texte numérisé non relu

LÉCUYER

Princesse, pardonnez, si, d'un pas indiscret, .le m'offre devant vous crotté comme un barbet; Excusez, si forcé du zèle qui me presse... Madame, par hasard, seriez-vous point Lucrèce?

LUCRÈCE

Oui, seigneur, je la suis.

l'écuyer.

L'empereur des Romains Me dépêche vers vous , pour vous remettre es mains Des signes assurés de Tamour qui le perce; Un poulet des plus grands, escorté d'un sesterce. Un sesterce, en françois, fait mille écus et plus,

Ma princesse, il est bon de peser là-dessus,

( Il lui présente un grand papier. ) LUCRÈCE.

A moi, seigneur?

l'écuyer.

A vous.

LUCRÈCE

O dieux!

l'écuyer.

Savez-vous lire?

Lisez.

LUCRÈCE

D'étonnement je ne saurois rien dire.

l'écuyer.

Ne vous y trompez pas ; il est signé Tarquin^ Scellé de son grand sceau; et plus bas, Mezzetin.

LUCRÈCE lit.

Il n'est rien que l'amour ici ne vous soumette; Vous remuez les cœurs par des ressorts secrets. En argent bien comptant je conte la fleurette, Et je ne prends point garde aux frais ; Car mon cœur, navré de vos traits, A pris feu comme une allumette.

Le style en est pressant.

l'écuyer.

Et surtout laconique; Mais mieux que le papier cette bourse s'explique. ( Il lui présente une bourse , que Lucrèce prepd- J

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