ACTE Iir, SCÈM: I. aoo
J'ai tort de Tavoir ('couté; mais que vcux-tii? Le desir de sortir de l'embarras où je suis m'a fait tomber dans Terreur. Je conviens que tu as plus d'esprit que lui, ot que tu es le seul qui peux me tirer de peine. Mon cher Arlequin, de grâce...
Si je parle, ce n'est point pour l'amour de vous, c'est pour confondre ce bélître-là, qui se croit un docteur, et veut parler argument. (àPienot.) Va-teu argumenter dans Técurie , mon ami, va. (à Octave.) Écoutez , monsieur , voici comme Ton argumente quand on veut prouver quelque chose.
OCTAVE
, Que tu me fais plaisir!
ARLEQUIN
Pour avoir Angélique, il faut que vous alliez vousmême la demander au docteur. D'abord, vous l'aborderez d'un air grave et soumis.
OCTAVE
D'un air grave et soumis?
ARLEQUIN
Oui, pour marquer, par la gravité, que vous êtes de qualité ; et par la soumission , que vous venez pour
le prier. (II fait un laaxi pour exprimer la gravité et la soumis^iou
en même temps ) Et puis, dans cette attitude, vous direz au docteur : je viens vous supplier de maccorder mademoiselle Angélique en mariage,
OCTAVE
Et lui, qui ne veut point consentir à cela, me répondra d'abord : Non, vous ne l'aurez pas.
Tant mieux : je serois bien fâché quil dît oui. Aussitôt vous répliquerez, sans changer de posture : Hé! de grâce, monsieur le docteur, accordez Angélique en mariage au pauvre Octave.
OCTAVE
Mais il dira encore : Non, je ne veux pas vous la donner.
ARLEQUIN
Voilà où je l'attends. Dès qu'il aura dit encore une fois non, vous le remercierez, et vous irez épouser Angélique.
OCTAVE
Tu te moques de moi. Quand le docteur auiTi dit deux fois non , je serai aussi avancé que je l'étois avant de lui parler.
ARLEQUIN
Que vous avez l'intelligence épaisse ! Ma foi, je ne m'étonne pas si vous aimez Pierrot. Est-ce que vous ne savez pas qu'en bonne école, deux négations valent une affirmation? Ergo^ quand le docteur aura dit deux fois non, cela voudra dire une fois oui; et par conséquent vous aurez son consentement.
OCTAVE
Ton argument est aussi impertinent que celui de Pierrot, et...
ACTK III, SCLNF I. iii
ARLEQUIN
Ne voyez-vous pas, monsieur, que ce que je von» en dis n'est que pour rire et pour contrecarrer Fierrot ? Mais le moyen d'avoir Je consentement du docteur est sûr. Allez vous préparer pour votre défjuisement en sauvage. Trouvez-vous au sérail de l'empereur da Cap-Vert; j'y serai ; le docteur y viendra, et nous le ferons donner dans le panneau. Mais, auparavant, allez-vous-en avec Angélique dans le caçlran du Zodiaque : Colombine m'a assuré que Je docteur doit y venii'.
PIERROT
C'est bien dit ; sans moi vous n'auriez jamais trouvé cela.