OCTAVE, ARLEQUIN, PIERROT
ARLEQUIN, à Pierrot.
Otez-vous de là, vous dis-je, j'ai commencé Taffaire, et je prétends la finir.
Mais laisse-le parler. Voyons.
ARLEQUIN
Oh! je le veux bien; qu'il parle : je ne dis plus rien, moi. Unebéte parler! morbleu! cela me désole.
PIERROT
Oui, parler, parler, et mieux que toi.
OCTAVE, à Arlequin,
Que sait- on? écoutons-le. I/envie qu'il a de parler vient peut-être...
ARLEQUIN
Oh! l'envie qu'il a de parler ne me surprend pas; mais je suis surpris que vous vouliez l'écouter.
OCTAVE
Oh ça! mon pauvre Pierrot, parle donc, et laisse dire Arlequin. Comment ferons-nous pour avoir le consentement du docteur pour mon mariage avec Angéhque? Tu sais que nous en avons besoin.
2o8 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
PIERROT
Tenez, monsieur, je sais une manière sûre...
ARLEQUIN
Pour aller aux Petites-Maisons.
PIERROT
Une manière sûre pour avoir ce consentement-là. Tenez; mais c'est que cela part de là. (II se touche le front.) Il faut tâcher de rendre le docteur muet.
ARLEQUIN
Il vaudroit mieux te rendre muet toi-même, tu ne dirois pas tant de sottises.
OCTAVE
Patience, Arlequin; laisse-le parler, (à Pierrot ) Et pourquoi rendre le docteur muet? Je ne te comprends pas.
PIERROT
Pourquoi? Voici comment j'argumente : Qui est muet ne dit mot; qui ne dit mot, consent. Ergb, en rendant le decteur muet, nous aurons son consentement. Hem?
ARLEQUIN, riant.
Voilà un argument in haloj'do.
OCTAVE
Hé! va -t'en au diable, avec ton argument, (à Arlequin.) Mon pauvre Arlequin, je suis perdu sans toi.
ARLEQUIN
Moi, monsieur, je me donnerai bien de garde de vous rien dire. Pierrot a envie de parler : écoutez-le, que sait-on?.„