‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 151 sur 181 · SCENE DES CARROSSES · texte numérisé non relu

SCENE DES CARROSSES

ARLEQUIN ET MEZZET IN en femmes, chacune dans une petite vinaigrette ; UN COMMISSAIRE qui survient.

PREMIER HOMME qui traîne une vinaigrette.

Reculez, vivant.

DEUXIÈME HOMME qui traîne une vinaigrette.

Recule, toi-même, hé!

premier homme.

Holà! lami, hors du passage.

deuxième homme.

Hors du passage, toi-même.

MEZZETIN, à l'homme qui le traîne.

Qu'est-ce donc, cocher? Est-ce que vos chevaux sont fourbus ?

arlequin, à l'homme qui le traîne.

Fouettez donc, maraud, fouettez donc. Avez-vous oublié mes allures?

premier homme.

Madame , il y a un carrosse qui empêche de passer.

arlequin.

Un carrosse? Eh! marchez-lui sur le ventre, mon ami.

MEZZETIN, la tête à la portière.

Quelle est donc l'impertinente qui arrête mon équipage dans sa course?

ARLEQUIN, la tête hors de la portière.

C'est moi, madame : je vous trouve bien ridicule de borner avec votre fiacre les rues où je dois passer !

MEZZETIN

Fiacre vous-même ! Notre famille n'a jamais été sans carrosse ni sans chevaux.

ARLEQUIN

Ni sans bourriques, madame.

MEZZETIN

Savez-vous bien qui je suis, ma petite mie?

ARLEQUIN

Me connoissez-vous bien, ma petite mignonne?

MEZZETIN

Apprenez, si vous ne le savez, que je suis la première cousine du premier clerc du premier huissier à verge au Châtelet de Paris.

ARLEQUIN

Et moi, je suis la femme du premier marguillier du premier œuvre de la Yillette.

MEZZETIN

Quand vous seriez le diable , vous reculerez.

ARLEQUIN

Que je recule? Reculez vous-même; on n'a jamais, reculé dans ma famille.

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