SCENE X. 2cjX
Dit la poiidro i\ (jiKMir les coquettes fieffées, On en veiidruit moins, pi ix pour |>rix, Pour les estomacs affoihlis, Que pour les vertus délabrées.
Pour sauver ma vertu , j'employai le poison
ARLEQUIN
Ouiche, tarare, ponpon!
COLOMBINE
Auguste est mon garant; je méprisai sa couche.
ARLEQUIN, d'un ton héioùjuc
Malheureuse! quel nom est sorti de ta bouche! A ce nom, de courroux je me sens embrasé, Et je suis à présent dé-Marc-Antonisé.
Tu veux m'en imposer par ton récit tragique.
COLOMBINE prend le ton badin.
Mon bichon, mon Antonichon, Je prendrai, si tu veux, le ton tragi-comique. Les femmes de certain renom Savent chanter sur chaque ton; Même sur celui de flon flon.
ARLEQUIN
Telle qu'une coquette, en superbe ordonnance. Vient étaler au cours le plus fin de son art,
Pour ranger sous son étendard
Quelque colonel de finance ; Telle , et plus belle encore , on vous vit dans un char. .^Mler pompeusement au-devant de César.
Là vous mîtes en batterie,
2g\ LA SUITE DE LA FOIRE.
Soupirs, roulement d'yeux, mines, minauderies,
Pour faire encore échec et mat
Les débris du triumvirat.
Mais, avec tout l'effort de votre artillerie. Croyant prendre un héros, vous ne prîtes qu'un rat. GÔLOMBINÊ.
Quand je voudrai mettre un amant en cage,
J'y réussirai , sur ma foi :
Princesse aussi riche que moi
Perd rarement son étalage.
Ingrat ! pour tés beaux yeux, j'ai, contre le Romain ,
Mis cent fois l'épée à la main.
ARLEQUIN
Fi ! vous n'êtes qu'une bretteuse.
GOLOMBINE.
Cœur de caillou, sang de macreuse!
Par une marotte amoureuse , Pour toi j'ai trotté sur les mers ; J'ai rôdé par tout l'univers ; J'ai galopé l'Europe, et l'Asie, et l'Afrique.
ARLEQUIN
On n'avoit point encor découvert l'Amérique. Ce fut pour toi le plus grand des bonheurs ; Car, ma foi, pour te rendre sage, On t'eût fait commander, dans ce chétif voyage. L'arrière-ban des Noseurs.
COLOMBINE
Venons au fait : veux-tu me reprendre pour femme?