SCÈNE XTI. i3f
DARIOI.KTTF.
Esi-C(î <|ue lu perds Tesprit? Crois-tu que je me soucie beaucoup d'un carabin comme toi?
GALAOR chanU'.
Ah! DaiiolfUe, Si blanclicttc, si «louillçttc, Je connois sur Tctiquette Que tu ne t'en feras prier; Car lorsque le chevalier De la dame a fait emplette, C'est la raison que la soubrette S'ébaudisse avec l'écuyer.
DIVERTISSEMENT
UN BERGER chante sur nn air de menuet. Dans le bel âge Où l'on s'engage, L'hymen est doux; Fille fringante, Que l'amour tente, Sans en rien dire demande un épous.
Mais quand un père
Trop lent diffère, L'amant sincère Doit cependant Prendre d'avance Quelque licence.
Sauf à déduire quand il sera temp^.
UN GAULOIS chante Au bon vieux temps , On s'aiœoit d'amour sincère ;
r3a LA NAISSANCE D'AMADIS.
Qui plus aimoit , savoit plaire :
Les amants étoient constants
Au bon vieux temps.
L'amour à présent dégénère ; Ce n'est que feinte et mystère :
Ne verrons-nous de nos ans S'aimer comme on souloit faire
Au bon vieux temps ?
(On joue une gavotte, et tout le monde danse. )
UN GAULOIS chante.
On ne peut bien garder les filles ; Elles s'échappent quelque jour :
Les limaçons de leurs coquilles Sortent bien pour faire l'amour.
Quand on est et jeune et gentille, Il est bien fâcheux de mourir; Mais de rester encore fille, C'étoit mon plus grand déplaisir.
P É R I O N , au parterre.
D'Amadis voilà la naissance, Assez suspecte , à mon avis ; Sans trop médire, il est en France Encore bien des Amadis.
FIN DE LA NAISSANCE d'aMADIS.