LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, UNE OMBRE
l'ombre chantr.
Ah ! que fais-tu là, téméraire?
Ah ! je défends qu'il soit rôti.
D'ÉIizène et de ce compère Il doit naître bientôt un fils Prématuré comme son père, Et qu'on doit nommer Ajnadis.
PÉRI ON
Comment! d'Elizène et de moi il doit naître un fils qu'on nommera Amadis, et vous voulez me faite brûler! Ah ! vieux penard, je veux te faire mettre à ma place. Allons, qu'on le saisisse.
LE ROI
Ah! seigneur, je vous demande pardon; et puisque vous m'avez sauvé la vie tantôt contre un lion, je consens que vous épousiez ma fille,
i3o LA NAISSANCE D'AMADIS.
PÉRION
Allons, je vous pardonne; et, puisque les destins l'ordonnent, j'épouse votre fille, (à Élizène. ) Écoutez, la belie', voilà un oracle qui me lanterne les oreilles : il dit que j'aurai bientôt un fils; je vous avertis que je n'aime pas les enfants précoces.
ÉLIZÈNE.
J'aimerois mieux être morte, que d'avoir failli et prévariqué.
DARIOLETTE.
Seigneur , il ne faut pas que l'oracle vous étonne ; les filles dans les Gaules sont fort expéditives,
PÉRION
C'est à peu près la même chose chez nous, et souvent les pères et mères sont plus tôt avertis de la multiplication de leur famille, que de la noce de leurs filles.
LE ROI
Allons; qu'en faveur de ce mariage, le triste appareil de funérailles se change en des marques de réjouissance.
(Le bûcher se change en une pyramide enflammée, et forme un feu de joie.)
GALAOR
Seigneur, puisque vous êtes en train de marier, voilà Dariolette : tandis que vous jouez gros jeu avec la princesse , ne pourrois-JQ pas carabiper avec la soubrette?