‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 9 sur 181 · ACTE T, SCÈNE ï. ii · texte numérisé non relu

ACTE T, SCÈNE ï. ii

FIERROT.

Pensez, niousicur, que vous ne lui baillerez pas tous les quatre à-la-fois; c'est troj) pour uu eniaut.

ROQIJILLAIID.

Outre ce, Isabelle a quelque bon vouloir pour un quidam nomme Octave ^ comédien italien de sa vaca/ tion.

PIERllOT.

Fi! monsieur, ne donnez point votre fille à cette nation-là : avec eux les maria/jes ne tiennent point; on dit qu'ils en font de nouveau^ à ebaque comédie qu'ils jouent.

RbQU ILLARD.

Ce néanmoins, je me sens de la propension pour le jeune homme; et dès mon premier âge j'ai pourchassé l'accointance de messieurs du théâtre, pour ce qu'ils sont volontiers courtois et joviaux.

PIERROT

Si vous tn aviez averti seulement huit jours plus tôt que vous vouliez vous défaire d'Isabelle, je m'en serois accommodé avec vous; mais j'ai commencé une fille d^un autre côté.

ROQUILLARD.

Comment donc?

PIERROT

Oui, monsieur; c'est une fille qui a plus de vingt mille écus, et je suis déjà à moitié marié. ROQUILLARD,

Est'-il possible ?

Assurément. Tenez, monsieur, pour faire un mariage tout entier, il faut, en premier lieu, que le garçon le veuille; en second lieu, que la fille y consente : or, je suis le garçon , j'ai déjà baillé mon consentement; «insi, vous voyez que c'est un mariage à moitié fait.

ROQUILLARD.

Certes, voilà une affaire bien avancée! Mais vat'en dire à ma fille qu elle se prépare de son côté.

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