‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 99 sur 181 · LA COQUETTE, LE MARCHAND · texte numérisé non relu

LA COQUETTE, LE MARCHAND

LA COQUETTE, faisant une {grande révérence. Monsieur, je suis votre très humble servante; je vous donne le bonjour.

(Elle veut s'en aller.)

LE MARCHAND, la retenant.

Doucement, s'il vous plaît, madame; vous avez mon étoffe, et vous ne sortirez pas que vous ne m avez payé.

LA COQUETTE

Quel incivil ! mais je crois que ce brutal-là veut me faire violence.

LE MARCHA>D

Non , madame; mais je veux que vous me donniez de l'argent.

tnS LA FOIRE SAINT-GERMAIN.

LA COQUETTE

De 1 argent? Quelle grossièreté! Demander de l'argent à une femme de qualité! Fi ! je n'ai pas un sou, ou la peste m'étouffe !

LE MARCHAND

Laissez-moi donc des gages.

LA COQUETTE

Des gages l des gages ! Une femme comme moi laisser des gages ! Tenez, mon ami, voilà mon collier.

( Elle lui donne son collier. ) LE MARCHAND.

Votre collier, madame? Je n'en veux point; il n'est que de verre.

LA COQUETTE

Iln'est que de verre! 11 est... il est comme les femmes de qualité les portent. Voyez un peu l'impertinent!

LE MARCHAND

Point tant de raisonnements , madame ; il faut me contenter.

( II prend îVcharpe , le manteau , la jupe et le manchon de la coquette , qui demeure en corset et en jupon de Marseille. )

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