SCÈNE VIII
ARLEQUIN, MEZZETIN, BROCANTIN, PIERROT, COLOMBINE, ISABELLE, M. BASSINET.
BROCANTIN.
Ile, ma foi, raison. Çà, monsiear... Mais voici monsieur Bassinet fort à propos.
M. BASSINET
Parbleu ! je suis ravi de trouver ici tout le monde en joie. Apparemment que vous disposez le bal pour notre mariage.
BROCANTIN.
Ob! monsieur Bassinet, vous venez le plus à propos du monde; nous ferons d'une pierre deux coups. Voilà ma fille Isabelle qui vous attend pour vous donner la main.
2g8 L'HOMME A BONNES FORTUNES.
ARLEQUIN
Est-ce que vous prétendez donner votre fille à ce scorpion ? Fi ! ne faites point cette affaire-là.
BROCANTIN.
Vous moquez-vous? c'est un médecin très riche.
ARLEQUIN
Un médecin? Je m'en doutois bien, car j*ai eu envie de faire une selle en le voyant. Mais cet hommelà ne vaut rien pour le mariage : tenez, vous voyez bien que sa barbe ne tient point ; ce sont deux moustaches postiches.
( II lui arrache les poils de la barbé. )
M. BASSINET
Que le diable vous emporte ! Quelle peste de cérémonie !
ARLEQUIN
Il y a encore pis que cela; cet homme sera pendu avant qu'il soit vingt -quatre heures. Voyez cette mine patibulaire.
BROCANTIN.
Pendu! et comment connoissez-vous cela?
ARLEQUIN
Par le moyen des astres, et par les régies de la mé^ toposcopie. Je n'y manque jamais , à une heure près; et , si vous voulez, je vous dirai quand vous lé serez.
Cela étant, je vais le congédier. M. Bassinet, vous ypyez bien ma fille : touchez là; vous nen croquerea