SCÈNE XV
ARLEQUIN, LESDEUX BOHÉMIENNES.
ARLEQUIN, se mettant au milieu d'elles.
Mesdames pour venir à la conclusion.
Vous saurez que je sens une convulsion. Un appétit, nommé vapeurs de mariage; Un là... quelque Arlequin qui demande passage. Me dois-je marier?
( La première Bohémienne gesticule et ne dit mot. ) Oh! vous avez raison.
Et vous, à votre avis, me marierai-je, ou non?
(La seconde Bohémienne gesticule et ne dit mot. ) C'est bien dit; à ces mots il n'est point de réplique. Dans leur langue, à mon tour, il faut que je m'explique. (II fait beaucoup de gestes sans rien dire, ensuite il continue. )
Vous m'entendez donc bien : enfin, sans tant parler, ( Car cela vous fait mal) devrois-je convoler? 5. 33
PREMIÈRE BOHÉMIENNE
Oui.
DEUXIÈME BOHÉMIENNE
Non.
ARLEQUIN
Comment?
PREMIÈRE BOHÉMIENNE
Oui.
DEUXIÈME BOHÉMIENNE
Non.
ARLEQUIN
Quelle peste de gamme !
PREMIÈRE BOHÉMIENNE
C'est manquer de bon sens que de vivre sans femme.
DEUXIÈME BOHÉMIENNE
Et pour se marier il faut être archi-fou^
ARLEQUIN
Celle-ci, par ma fol, lui rive bien son clou.
PREMIÈRE BOHÉMIENNE
Oui, l'hymen est des dieux le plus parfait ouvrage; C'est le port assuré dans le libertinage . Le nœud qui nous unit avec de doux accords , La porte des plaisirs qu'on goûte sans remords, Le bridon qui retient la jeunesse fougueuse, L'onguent qui guérit seul la brûlure amoureuse. Des blessures du cœur l'appareil souverain , Lt la forge en un mot de tout le genre humain.
ARLEQUIN
J'en connois bien pourtant de plus d'une fabrique,