‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 190 sur 200 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARLEQUIN, en marquis ridicule; COLOMBINE,

M'^e PINDARET.

ARLEQUIN entre en chantant et Jansant.

Eh bien, morbleu ! madame , les airs de cour nous gont-ils naturels? (Il fredonne.) La, lore, la. Vous allez voir comme je vous chamarre une danse sérieuse. Hé!

laquais! laquais! lâche-nous un coup de chanterelle.

(à Colombine.) Je veux tracer un menuet avec vous.

COLOMBINE

Je vous prie, monsieur, de m'en dispenser; je suis d'une fatigue outrée, et voilà huit nuits de suite que je cours le bal.

ARLEQUIN

Il faut donc que madame danse à votre place.

M™e PINDARET.

Moi, monsieur! Excusez-moi, s'il vous plaît; je ne danse point, je fais des vers.

ARLEQUIN

Parbleu! madame, vous danserez en vers, ou vous crèverez en prose.

COLOMBINE

Allons, courage, madame. Voulez-vous qu'on envoie quérir votre Juvénal?

(Arlequin danse avec madame Pindaret; madame Pindaret se laisse tomber. )

ARLEQUIN

Voilà un vers à qui il manque un pied.

Mme PINDARET.

Ah ! ah ! voilà un menuet qui m'a mise sur les dents. J'aimerois mieux faire vingt sonnets que de... Ah ! ah î souffrez, mademoiselle, que je vous quitte pour aller me mettre au lit,

ARLEQUIN

Adieu, madame ; allez vous faire tirer trois palettes d'épigrammes de la veine poétique.

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